Déguerpissements à Conakry :"Nous n’avons pas de cible spécifique…", précise le DG du patrimoine bâti

Guinée
Mohamed Doussou Traoré, DG du Patrimoine Bâti
Mohamed Doussou Traoré, DG du Patrimoine Bâti

CONAKRY-Le Directeur Général du Patrimoine Bâti public a justifié ce mercredi 18 janvier 2023 le bien-fondé des actions de déguerpissement engagées par les nouvelles autorités. Mohamed Doussou Traoré qui était face à la presse, a affirmé que les déguerpissements ont été faits pour des raisons d’utilité publique.

Parlant des opérations en cours, il a précisé que les autorités n’ont pas de cible spécifique. « Nous n’avons pas de cible spécifique, nous avons un programme bien établi. Nous voulons construire un Etat moderne qui a des visions. Pour ça, il faut prendre des dispositions. Pour la cité Camayenne et Cameroun, si on parle de logements, elles sont mieux placées que la Sig Madina. S’il s’agit d’un programme commercial, on peut penser au cas de la Sig Madina. L’essentiel c’est de doter notre capitale Conakry d’immeubles décents, de bâtiments dignes de nom qui va donner une image attrayante à la capitale », a indiqué M. Traoré.

Engagées en 2022, les opérations de récupération des domaines de l’Etat avaient été stoppées en raison de la saison des pluies. Le processus a repris le 1er janvier 2023. La cité Camayenne et Cameroun a été la première cible. Lors de ce déguerpissement, deux cas ont suscité une floppée de réactions. Il s’agit des cas de la Paillote et de l’artiste Sékou Bembeya. Mohamed Doussou Traoré a apporté des clarifications sur ces deux cas.

Cas de la Paillote

« C’est une cité qu’on appelait ‘’cité des artistes’’ qui date de la première république. Il y avait la paillote et les artistes qui logeaient à côté. Mais à l’époque, le président Ahmed Sékou Touré avait donné à tous les artistes qui y habitaient des titres fonciers pour aller construire ailleurs parce qu’il savait que c’est un endroit qui appartient à l’Etat. Mais c’est seulement quelques artistes qui ont accepté de quitter, d’autres sont restés. Mais il faut le dire, la Paillote était un cabaret, les gens avaient mis des buvettes partout. Quand on est venu faire l’état des lieux, c’est moi-même qui avais donné l’autorisation de casser la Paillote sans me rendre compte que cet endroit avait un côté historique.

Après j’ai été appelé par le Ministre Alpha Soumah qui m’a expliqué que c’était des bâtiments historiques. Il m’a fait savoir que c’est là-bas où le Président Ahmed Sékou Touré venait passer ses soirées avec ses invités. C’est suite à ça qu’on s’était convenu de nettoyer les alentours de la Paillote et de laisser le bâtiment en tant que tel (…) le bâtiment n’a pas été touché. Ce sont les buvettes qui ont été enlevées.

Il savoir qu’une partie de la Paillote a été gérée par une dame qui avait un immeuble. Si vous vous rendez sur les lieux, vous verrez un étage qui masque même la Paillote. J’ai déjà appelé la propriétaire pour lui expliquer que le bâtiment en question ne sera pas cassé mais, son bail sera annulé. Ensuite, on va affecter le bâtiment au Ministère de la Culture pour en faire une école de musique. Actuellement, je suis en train de préparer les documents pour annuler le bail.  

Cas Sékou Bembeya

Sékou Bembeyah a été indemnisé deux fois. D’abord par Sékou Touré qui lui avait donné les moyens d’aller construire ailleurs, ensuite Lansana Conté a fait la même chose. Maintenant, celui qui sort devant les gens pour dire qu’il n’a pas où aller. Non, il a eu les moyens pour aller construire ailleurs mais il voulait rester là-bas seulement pour spolier le domaine de l’Etat ».

A suivre…

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 18 janvier 2023 à 18:25