Atrocités de 2009 : Voici des témoignages de trois Généraux sur les consignes sécuritaires données par Dadis...

Guinée

CONAKRY-Pour blanchir son client Moussa Dadis Camara, accusé de complicité dans le massacre du 28 septembre 2009, maître Jean-Baptiste Jocamey Haba a sorti de nouveaux éléments.

Ce mercredi 18 janvier 2023, 38ème audience du procès en cours, le conseil de l’ancien président a lu des témoignages de trois généraux et d’un colonel de l’armée sur les consignes sécuritaires données par Dadis Camara à la veille de la manifestation.

Il s’agit des témoignages des Généraux Edouard Théa, Ansoumane Kaba, Ibrahima Baldé et du colonel Oumar Sanoh, entendus comme témoins. Les quatre concordent sur le fait que des consignes avaient été données pour consigner l’armée dans les casernes. Explications.

Général Ansoumane Kaba, chef d’Etat-major de l’armée de terre au moment des faits a expliqué dans sa déposition lue à la barre par l’avocat, qu’à la veille du 28 septembre, une réunion a été tenue au ministère de la défense. A cette occasion, il a été donné l’ordre de consigner tous les militaires dans les camps. « Aucun d’eux ne devraient sortir dans la journée du 28 septembre. Ladite réunion a été présidée par le Chef d’Etat major général des armées. A ma souvenance, nous n’avons parlé que du comportement des militaires ce jour, il n’y a pas eu d’autres consignes », relate l’avocat lisant le Procès-verbal d’audition de témoin de ce haut gradé.

Le Général de Brigade Edouard Théa, chef d’état-major adjoint de l’armée de terre a pour sa part indiqué que « le fait de consigner les militaires dans les camps a été une importante mesure de sécurité. Dans notre déontologie, il faut tout faire pour éviter le contact des militaires avec les populations. La sécurité en ville intéresse les forces de sécurité. Mais Je ne suis pas en mesure de vous (juges instructeurs) dire quels sont ceux qui étaient au stade ».

Le Général Baldé qui dirigeait à l’époque la gendarmerie a aussi mentionné qu’à la date du 27 septembre 2009, il a été convié à une réunion à l’état-major général des armées (camp Samory Touré, siège du ministère de la défense). Au cours de celle-ci, il a été question de prendre des instructions sur les dispositions concernant les informations qui étaient en notre possession et les dispositifs sécuritaires à mettre en place.

« Il a été retenu que s’il y avait marche, seule la Gendarmerie et la police nationale devraient assurer le maintien d’ordre, les autres corps devraient être casernés », a indiqué, selon des propos contenus dans son procès-verbal d’interrogatoire de témoins.

Le Chef d’État-major général des armées indique de son côté indique qu’à la veille de la manifestation, il avait reçu l’ordre de Dadis Camara de consigner tous les militaires dans les casernes à l’exception de la gendarmerie et de la police qui sont chargées du maintien d’ordre.

 

« En exécution de ces instructions, j’ai convoqué au camp Alpha Yaya Diallo, à la Présidence de la République, tous les chefs d’états-majors, le directeur national des services de police et son adjoint.

A cette occasion, j’ai répercuté la consigne qui m’a été donnée par le Chef de l’Etat. J’ai appelé chacun à prendre toutes ses responsabilités pour contrôler et faire respecter les instructions reçues », a expliqué le colonel Sano.

Créé le Mercredi 18 janvier 2023 à 15:34