Festival des arts du Badiar : Djibril Wagué dit tout…

Interview
Djibril Wagué
Djibril Wagué

CONAKRY-Du 18 au 25 décembre, Koundara va vibrer au rythme de la première édition du Festival des Arts du Badiar. Cette initiative est portée par des jeunes ressortissants de la préfecture de Koundara appuyée par les autorités locales. A Conakry où l’idée de ce festival a germé, les jeunes initiateurs se sont constitués en Commissariat Général en prélude à l’organisation de ce festival. Dans cet entretien, monsieur Djibril Wagué, Commissaire Général du Festival des Art du Badiar nous dit tout.

AFRICAGUINEE.COM : Parlez-nous du Festival des Arts du Badiar…

DJIBRIL WAGUE : Le Festival des Arts du Badiar est un évènement qui se tiendra du 18 au 25 décembre 2022, à Koundara. C’est un Festival qui a pour vocation de promouvoir les cultures du Badiar. Koundara est l’une des villes la plus cosmopolite de la Guinée, mais c’est une ville sous-évaluée, sous valorisée à la base. Nous, en tant que fils de Koundara, nous avons jugé nécessaire de s’y mettre pour mettre les projecteurs sur notre préfecture pour mieux viabiliser sa culture.

D’où est partie l’idée d’organiser ce Festival ?

Alors, je tiens à rappeler que cette première édition a pour thème, ‘’Notre Diversité force de notre Union’’. Nous allons le mettre en valeur, promouvoir le vivre-ensemble, la cohésion sociale entre les habitants de Koundara. Nous allons montrer au monde entier les potentialités de notre préfecture, ses difficultés.

Il faut préciser dans notre préfecture, certaines ethnies ont encore des difficultés d’accéder à des documents officiels de la République de Guinée. C’est le cas notamment des cartes d’identités, des passeports. Ce festival est une opportunité qu’il faudrait saisir pour montrer que cette diversité ethnique est une valeur sûre de la préfecture de Koundara. Il faut mettre les projecteurs derrière, pour que les fils et filles ressortissants de Koundara, les autorités administratives à tous les niveaux prennent en compte le développement de cette localité à bras le corps. Nous sommes dans une zone transfrontalière très utile à la Guinée. 

Le Festival des Arts du Badiar c’est du 18 au 25 décembre, à Koundara. Qu’est-ce qui est prévu ?

Nous avons un agenda très riche. Nous avons de la valeur ajoutée par rapport aux autres festivals qui se tiennent dans d’autres villes. Nous avons des axes prioritaires qui se caractérisent par la formation. Sur le contenu de la formation, nous avons tenu compte d’un volet plus intéressant qu’est le réchauffement climatique. Des jeunes leaders seront identifiés et pendant cinq (5) jours ils seront formés.

A Koundara, nous avons des sites touristiques mais que les gens méconnaissent, je veux parler du site des abeilles guerrières qui se trouvent à Itchou dans Youkounkoun, du Mont Badiar, du Parc Niokolo. Bref, nous en avons assez. Tous ces sites seront visités. Des guides touristiques seront là pour expliquer, édifier la nouvelle génération pour montrer ce que nous avons de particulier. A part ça, les ethnies qui sont à Koundara vont faire une prestation folklorique qui vont permettre d’édifier les gens sur la culture, élément par élément, pour mettre en valeur nos potentialités culturelles.

Nous avons prévu des expositions également. Aussi, nous allons profiter pour mettre en valeur le textile guinéen que nous allons porter lors du carnaval géant qui sera organisé. Nous avons aussi, évidement prévu du spectacle. Des artistes vont quitter Conakry pour venir prester et l’autre point c’est la présence des autorités de nos pays voisins. Le maire de Linkerin du Sénégal a confirmé sa présence au Festival. Des artistes musiciens sénégalais vont quitter Kédougou pour venir faire le spectacle lors du festival. D’autres expositions sont également prévues.

Nous avons aussi la lutte traditionnelle qui est cette fois-ci catégorisée en trois volets : le poids léger ; Poids moyen et le Poids Lourd. Nous avons également un tournoi de football pour rendre la fête plus belle et effective durant ces huit (8) jours.

Koundara est une ville transfrontalière, il y a même des artistes ivoiriens qui ont promis de venir. Nous allons ouvrir la préfecture pour dire Oui, voilà la liaison de l’Afrique de l’Ouest côté guinéen c’est Koundara. Parce qu’à travers Koundara vous avez accès au Sénégal, à la Guinée Bissau, plus loin, même la Gambie et le Mali.

A un mois et quelques jours de l’ouverture de ce festival, quel est le niveau des préparatifs ?

Les préparatifs, ça avance bien. Que ce soit l’équipe de Conakry ou celle de Koundara, les préparatifs avancent bien, la motivation y est à tous les niveaux. Les autorités locales, le maire de la commune urbaine de Koundara, ceux des communes rurales, le préfet et l’administration préfectorale sont hyper engagés et déterminés. A Conakry, il faut dire qu’il y a de la motivation au niveau de la jeunesse qui représente ici le commissariat général de ce festival qui est co-organisé avec la mairie.

Donc, toutes les parties prenantes sont engagées pour la réussite de ce festival. Je peux vous dire, à date, nous sommes dans le temps par rapport à la date prévue. Nous invitons tout le monde à venir découvrir cette culture particulière de Koundara, une culture très riche, qui représente le cordon ombilical avec les autres pays de l’Afrique et les autres valeurs africaines. Cela est extrêmement important.

Est-ce que vous avez à date des partenaires qui vous accompagnent dans l’organisation de cette 1ère édition ?

On a fait des rencontres avec des partenaires qui sont engagés dans la promotion de la culture, de la paix et qui croient sincèrement que la diversité ethnique qui se trouve là est une opportunité pour Koundara. Donc nous avons fait un maximum d’échanges, nous espérons qu’ils vont entendre avec une oreille attentive et qu’ils vont accompagner le festival.

Mais ce qu’il faut noter, c’est la motivation de l’ensemble des jeunes, parce que nous tenons à la réussite de ce festival. Nous sommes déterminés à aller à Koundara, inviter les gens, les accueillir à bras ouvert, leur faire découvrir la culture badiaroise, inviter les autorités, les partenaires qui estiment que la culture peut être un moteur de développement pour ce pays.

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit de toutes celles et ceux qui croient en cette initiative qui vont certainement vous lire à travers cette interview ?

Le message particulier que je veux lancer c’est à toutes les filles et fils de Koundara, également à tous les niveaux, le gouvernement, les partenaires au niveau sous-régional, les partenaires au développement, tous les amis et fils de Koundara, c’est de se donner la main pour la réussite de cette édition qui sera le top départ de la cohésion sociale, de l’union, de la valorisation de nos cultures et mœurs. Ce sont des éléments essentiels pour le développement de la ville, des précurseurs pour le développement de notre nation. Nous avons une force, c’est cette diversité culturelle que nous négligeons, c’est cette diversité ethnique et linguistique. A travers ce festival nous sommes en train de donner le coup d’envoi pour que les autres préfectures puissent s’en inspirer.

Donc, nous invitons l’ensemble des partenaires, surtout les médias qui sont nos partenaires clés, qui représentent une valeur sûre dans la viabilisation de ce festival. C’est pourquoi nous les invitons à se joindre à nous afin de mieux mutualiser les efforts et donner plus d’éclats à ce festival.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 664 72 76 28

Créé le Lundi 14 novembre 2022 à 15:21