Le Collège Lansana Béavogui dans un fichu état: "Depuis deux ans nous n'avons pas de toilettes, pour nous mettre à l'aise…"

Reportage

CONAKRY-Nous sommes collège Lansana Béavogui (ancien Premier ministre sous Sékou Touré) situé dans la commune de Matoto, à Conakry. Cet établissement public secondaire se trouve dans un état qui est révoltant. C’est à peine si on peut croire que des cours sont dispensés à des apprenants dans cette infrastructure. A vue d’œil, elle est inapte pour dispenser un enseignement à des élèves. Et pourtant.

Dans ce collège, seulement trois salles de classes fonctionnent sur onze. Toiture trouée en passe de s’effondrer, peintures moisies, murs lézardés… le niveau de dégradation de cette école de la capitale est saisissant. Tout peut lâcher à tout moment.

Dans une des rares salles qui fonctionne quelques documents scolaires y sont entassés. La peur que tout s’effondre à tout moment hante le personnel d’encadrement. Par mesure de prudence, le chef d'établissement a installé son bureau sous un manguier dans la cour. C’est là où il procède le contrôle des documents pédagogiques des enseignants avant d'être en classe. L’autre salle de classe non opérationnelle depuis plusieurs années, sert désormais de dépotoir pour des tables bancs en mauvais état.

La situation dure depuis quatre ans, confie un encadreur. "Ça a d’abord commencé par les salles de classes, ensuite les charpentes ont commencé à s’effondrer. Alors, les responsables de la DCE (direction communale de l’Éducation) de Matoto sont venus constater les faits. Après, ils nous ont demandé de fermer les quelques salles qui sont dégradées pour ne pas que le toit tombe sur les élèves. L'année qui a suivi d'autres salles ont commencé à se dégrader… au fur et à mesure. Finalement, le bâtiment a été abandonné. Ça fait deux ans, nous n'avons pas de toilettes.  Et pour nous mettre à l'aise, il faut aller chez les voisins dans le quartier", confie un professeur du collège.

Il poursuit : "Vu l'état actuel de ces bâtiments, ils ont décidé de nous prêter quelques salles de classes au primaire qui est à côté. Alors, c’est ce que nous utilisons pour le moment, mais c'est très compliqué. Même pendant l'année scolaire, nous accélérons la fermeture des classes. Parce que quand la pluie tombe, on n'est peut pas enseigner. Ça suinte partout des gouttes, les élèves ne peuvent pas écrire dans leurs cahiers."

Peur que le toit ne s’effondre sur nous en classe

A.C explique les difficultés qu'il rencontre dans cet établissement. "Nous enseignons ici avec toutes les difficultés. Nous avons même peur que les murs et les toits tombent sur nous. Il faut aussi dire que cette école à une position géographique très importante. Les élèves quittent dans beaucoup de quartiers pour venir étudier ici."

Les élèves aussi ont la même peine dans cet établissement public en toute saison. "Nous étudions ici, dans une situation très pitoyable. Surtout quand la pluie tombe, on est obligé de rentrer même si le cours n’est pas fini. Et, si c'est la saison sèche il y a beaucoup de soleil encore. Pourtant cette école est un symbole. Je vous apprends que même ma mère avait étudié dans cet établissement", confie ce jeune collégien.

NS, une autre élève de cet établissement public lance un appel aux autorités et surtout au président de la transition, le colonel Mamady Doumbouya. « Je lance un appel aux nouvelles autorités du pays surtout au président de la transition de venir nous aider à rénover notre école. Sinon nous risquerons de perdre tout cette année encore », a-t-elle plaidé.

Le collège Lansana Béavogui est l'unique école publique de cette zone. Dans leur projet de rénovation et de construction des nouvelles infrastructures scolaires, les autorités éducatives auraient placé cette école parmi leurs priorités. Sur place, les encadreuses sont peu bavards sur le sujet.

Reportage réalisé par Mamadou Yaya Bah&

Sayon Camara pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 02 novembre 2022 à 9:48

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