Sanctions de la Cedeao : "Elles feront mal à la Guinée…", avertissent des acteurs politiques

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et son Premier ministre, Dr Bernard Goumou
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et son Premier ministre, Dr Bernard Goumou

CONAKRY-Les sanctions infligées à la Guinée par la Cedeao continuent de susciter des réactions. Les avis sont presque les mêmes au sein de la classe politique : Elles feront très mal au pays, si toutefois des solutions ne sont pas rapidement trouvées, estime-t-on.

"Les sanctions feront mal à la Guinée surtout au Peuple si un point d'inflexion n'est pas rapidement trouvé et de bonne foi. Je ne sais pas quel est le volume des Investissements de la BIDC mais au-delà, les FINEX (financements extérieurs) pourraient être affectés ainsi que les diverses contributions des ambassades et des missions d'appui", a indiqué Mohamed Cissé, Porte-parole du PEDN, parti dirigé par Lansana Kouyaté.

Même son de cloche au RPG arc-en-ciel où l’on estime que les sanctions sont mauvaises pour la Guinée. "Les sanctions sont mauvaises pour notre pays, notre économie. Les conséquences se feront sentir sur la vie des pauvres citoyens. Donc, nous devons tout faire pour mettre nos différends de côté et conjuguons nos efforts pour une transition apaisée", suggère Sékou Magassouba du RPG arc-en-ciel.

Lire aussi-Guinée : Pourquoi la Cedeao a sanctionné "si lourdement" la Junte?

Réunis jeudi en sommet extraordinaire à New-York, les dirigeants de la Cedeao ont décidé d'imposer à Conakry des sanctions diplomatique, économique et financière. Au niveau diplomatique, l’organisation a décidé de rappeler pour consultations par les Etats membres de la CEDEAO de leurs ambassadeurs accrédités auprès de la Guinée.

Au plan économique, la Cedeao suspend toute assistance et transaction financière en faveur de la Guinée par les institutions financières de la CEDEAO, notamment la BIDC.

Des sanctions ciblées ont aussi été prises à l’encontre des membres du Gouvernement, de 21 personnalités du CNRD et quelques dirigeants du CNT (conseil national de transition), organe législatif de la transition. Ces sanctions comprennent le gel des avoirs financiers et l’interdiction de voyager. Une punition très sévère qui aura sans nul doute un impact sur le pays et ses dirigeants.

"La junte guinéenne mérite les sanctions de la CEDEAO parce que depuis qu'elle est là, elle n'a rien présenté au peuple, comme un programme cohérent. C’est pour cette raison que la CEDEAO a décidé de la sanctionner. Il faut que ses dirigeants nous disent qu'est-ce qu'ils font pour favoriser un retour à l'ordre constitutionnel en Guinée", martèle Docteur Abdoulaye Diallo, membre de la CORED, coalition politique dirigée par Mamadou Sylla.

Mamadou Yaya Bah

Pour africaguinee.com

Créé le Vendredi 23 septembre 2022 à 19:33