Passe d'armes entre la junte et Embalo : Réactions mitigées au sein de la classe politique…

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et son Premier ministre, Dr Bernard Goumou
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne et son Premier ministre, Dr Bernard Goumou

CONAKRY-Les « passes d'armes » en cours entre la junte au pouvoir en Guinée et le président en exercice de la CEDEAO, Umaru Embalo Sissoko sont suivies de près par la classe politique guinéenne.

Après la sortie au vitriol dans la matinée de ce jeudi, 22 septembre 2022 du Colonel Amara Camara, ministre secrétaire général à la présidence et porte-parole de la même institution, suivie de celle du Premier ministre, Dr Bernard Goumou, le Porte-parole du Gouvernement, a rajouté une couche dans la soirée sur france24.  Ousmane Gaoual Diallo a martelé que le discours du Président de Guinée Bissau est inacceptable dans le ton, inapproprié dans les relations qui ont prévalu jusque maintenant entre la Guinée et la Cedeao.  

Cette escalade interpelle certains acteurs politiques. C’est le cas Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral (BL), qui indique que les deux parties ne devraient se livrer à un tel spectacle qui sera vu d'un mauvais œil par la communauté internationale.

« Les deux parties ont mis complètement de côté le langage diplomatique pour adopter le langage militaire. Nous avons écouté sur RFI d'abord Embalo qui parle de la Guinée comme une sous-préfecture de la Guinée Bissau comme si, il oubliait qu'il s'agit d'un pays souverain qui a contribué à libérer le pays qu'il dirige aujourd'hui en payant de la vie et du sang de ses enfants. Donc à ce niveau-là, il faut déplorer le manque de diplomatie au plus haut niveau de nos chefs d'Etat de la sous-région.

C'est la même chose qu'on a vécue avec les autorités guinéennes qui, elles aussi ne se sont pas encombrées de langage diplomatique. Je crois que ça n'arrange pas. Il faut qu'on demande aux uns et aux autres à revenir sur terre et à tenir compte du fait que le monde entier nous regarde.

Je crois qu'on ne devrait pas s'adresser les uns aux autres comme on est en train de le vivre au plus haut niveau du côté guinéen et au plus haut niveau du côté de la CEDEAO. Je déplore des deux côtés le langage, le style, les mots choisis pour s'exprimer », a déclaré le président du BL qui ne craint pas des sanctions contre la junte au pouvoir en Guinée à cause de sa sortie caustique contre Emballo.

« Il est clair qu'au moment où un sommet extraordinaire était prévu dont il est le président, il devrait attendre que les chefs d'Etat se réunissent pour que quelque chose sorte de là. Mais c'est comme si, il voulait envoyer d'un côté, un message aux autres leaders de la CEDEAO comme pour les contraindre à prendre une ligne dure vis-à-vis de la Guinée. C'est aussi la CEDEAO qui a été faible face aux coups d'Etat constitutionnels qui ont été perpétrés en Guinée et en Côte d'Ivoire. Cette sortie-là n'avait pas lieu d'être en fait », a-t-il dit.

De son côté, Dr Diao Baldé, président de l'Union pour la Guinée Nouvelle (UGN) et membre de l'ANAD a condamné la réplique faite par le CNRD qui, à son avis n'a pas le mandat de parler au nom du peuple de Guinée. Toutefois, notre interlocuteur n'a pas apprécié la forme utilisée par le président Embalo pour parler de la Guinée.

« C'est vrai que du point de vue diplomatique la formule ne sied pas. Mais on n'a pas besoin de répondre pour autant comme ça. On n'a pas besoin de montrer ses muscles d'autant plus qu'on n'a aucune légitimité par rapport au peuple. Ce n'est pas le peuple qui leur a donné mandat. Quand on tape la poitrine c'est très beau mais ils n'ont pas le mandat du peuple pour parler en son nom. Le point de vue du président Embalo est partagé par beaucoup de personnes.

Je pense qu'on a besoin de l'institution sous-régionale. On est membre fondateur et il faut qu'on se donne un peu de crédibilité. Ce qu'on souhaite aujourd'hui c'est que le CNRD et le gouvernement montrent les meilleures pratiques de gouvernance. Si on veut dire que la jeunesse africaine a pris conscience, ce n'est pas en prenant les armes pour s'accaparer du pouvoir et en confisquant les libertés », a flétri Dr Diao Baldé président de l'UGN. 

Bah Oury, le président de l’UDRG estime que les autorités de la transition n’ont pas besoin d’aller dans une logique conflictuelle susceptible de desservir les intérêts du peuple de Guinée. « La Guinée a besoin d'avoir une attitude beaucoup plus compréhensible, calme et essayer d'élargir le champ de ses relations, de ses amitiés et ne pas rentrer dans une logique conflictuelle qui ne pourraient que desservir les intérêts du peuple tout entier et les intérêts de la transition guinéenne ». 

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 23 septembre 2022 à 3:31