Affaire 46 soldats ivoiriens : Passes d’armes entre Abidjan et Bamako... la Cedeao interpelée

Mali-Côte d'Ivoire
Alassane Dramane Ouattara président de Côte d'Ivoire et Assimi Goita, président de la transition au Mali
Alassane Dramane Ouattara président de Côte d'Ivoire et Assimi Goita, président de la transition au Mali

BAMAKO-Le ton monte chaque jour crescendo entre Abidjan et Bamako au sujet des soldats ivoiriens détenus au Mali depuis deux mois.

Ces dernières 48 heures, la rhétorique musclée a franchi un nouveau pas entre les deux Etats voisins, liés par l'histoire, la culture, l'économie et même la géographie. L’on assiste à des passes d’armes tous azimuts entre les deux Gouvernements qui ne se font plus de cadeaux.

Mercredi 14 septembre, le Conseil national de sécurité ivoirien, présidé par Alassane Ouattara, a qualifié de « chantage inacceptable », le fait pour le colonel Assimi Goita de demander une contrepartie à la libération des soldats ivoiriens.

« Cette demande confirme une fois de plus le fait que nos soldats ne sont en aucun cas des mercenaires mais plutôt des otages", selon Abidjan.

Évoquant une crise qui risque de porter atteinte à la paix et la sécurité dans la sous-région, les autorités ivoiriennes ont sollicité une réunion extraordinaire des dirigeants de la Cedeao pour statuer sur la question.

Du berger à la bergère, la réplique de Bamako ne s’est pas fait attendre. Dans une communication faite dans la soirée du jeudi 15 septembre 2022, le porte-parole du Gouvernement malien n’est pas passé par le dos de la cuillère dans sa réplique, rejetant toute intervention de la Cedeao dans cette affaire.

Le Colonel Abdoulaye Maiga a mis en garde contre toute instrumentalisation de la CEDEAO par Abidjan pour se soustraire de sa responsabilité, vis-à-vis du Mali. Bamako prévient qu’il ne cédera à aucun chantage.

« A la décision du Gouvernement ivoirien d'avoir transformé un dossier judiciaire en une crise diplomatique et par conséquent de saisir la CEDEAO, le Gouvernement de la Transition souligne qu'il n'est nullement concerné par cette procédure devant l'instance communautaire », a martelé le porte-parole du Gouvernement malien.

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Alors qu’Abidjan parle de prise d’otages de ses soldats, Bamako affirme que ce sont des mercenaires qui ont été inculpés de "tentative d'atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat".

« L'affaire des 49 mercenaires ivoiriens est purement judiciaire et bilatérale », a indiqué le colonel Maiga, mettant en garde contre toute instrumentalisation de la CEDEAO par les autorités ivoiriennes pour se soustraire de leur responsabilité, vis-à-vis du Mali.

Bamako avertit que pour le respect de sa souveraineté, sa sécurité nationale et aux intérêts vitaux de son peuple, il ne cédera à aucun chantage ou intimidation.

A suivre…

Africaguinee.com

Créé le Vendredi 16 septembre 2022 à 5:48