Procès des manifestants : "Vous avez jeté des cailloux oui ou non ?", demande le Juge aux prévenus

Conakry
Des manifestants arrêtés et embarqués à bord d'un pickup de la police le 28 juillet à Conakry
Des manifestants arrêtés et embarqués à bord d'un pickup de la police le 28 juillet à Conakry

CONAKRY-Neuf manifestants arrêtés en marge de la manifestation interdite du FNDC ont comparu ce lundi, 1er août 2022 au Tribunal de Première Instance de Dixinn. Devant le juge audiencier Ousmane Simakan, les prévenus, accusés participation délictueuse à un attroupement, ont tous plaidé non coupables.

C'est à 16 heures et quelques minutes que s'est ouvert le procès de ces jeunes mis aux arrêts à différents endroits sur la route Le Prince, selon l’accusation. A la barre, tous les prévenus qui ont juré n'être au courant de la manifestation du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) du 28 juillet dernier, ont accusé les policiers de les avoir injustement interpellés. 

Par exemple, Sékouba Traoré a soutenu devant le juge qu'il a été arbitrairement arrêté devant la porte de leur concession à Sonfonia Africof. Un autre, avoue que son seul crime, a été d'avoir porté un t-shirt rouge, couleur du FNDC.

Dans la même lancée, Idrissa Diallo, chauffeur arrêté au niveau d'un arrêt de bus, affirme que le 28 juillet 2022, jour de la manifestation interdite, la circulation était fluide et les véhicules roulaient en toute sécurité. Et pour preuve juge-t-il, « Je faisais du taxi ce jour. Je suis sorti parce que ça circulait très bien. Et pour preuve, je suis venu jusqu'à Donka dans mon véhicule ». 

A la suite de ces déclarations surprenantes aux yeux du tribunal, le juge Ousmane Simakan leur a posé cette question : « Vous étiez sur une autre planète pour ignorer la manifestation du FNDC ?»

En réponse à cette interrogation, tous les prévenus ont maintenu leurs premières déclarations, celles de rejeter en bloc les faits à eux reprocher.  Au juge d'insister à nouveau, visiblement pas satisfait des réponses données par les prévenus qui, à ses yeux, se sont inscrits dans la dénégation totale.

« Vous avez un certificat d'honnêteté ? Regardez-moi bien dans les yeux, vous avez jeté les cailloux oui ou non ? »

A cette autre question, Boubacar Diallo dira : « C'est derrière le garage qu'on m'a arrêté. Je n'ai jamais participé à cette manifestation. Une fois interpellé, j'ai tendu ma main pour leur prouver qu'elle est propre », s'est-il défendu.

Au terme de la phase des questions-réponses, le ministère public représenté par Alpha Bacar Cissé a, au début de ses réquisitions affirmé que vu la gravité des infractions, aucun des prévenus ne pouvait plaider coupable. Ensuite, l'empereur des poursuites a rappelé que le Parquet Général avait interdit cette manifestation. Mais en dépit de cette décision largement diffusée selon lui dans les médias, les prévenus soutient-il, ont bel et bien manifesté sur la voie publique, empêchant ainsi d'autres citoyens à vaquer librement à leurs occupations.

C'est pourquoi, le procureur Alpha Bacar Cissé a demandé au tribunal de retenir les neufs prévenus dans les liens de la culpabilité pour délit constitué. Pour la dépression, il a requis la condamnation de chacun d'eux à 6 (six) mois d'emprisonnement assortis de sursis et au paiement d'une amende de 500 milles francs guinéens. 

Par contre, la défense constituée de maître Alseny Aissata Diallo, maître Abdoulaye Keita et maître Halimatou Camara a clamé l'innocence des neuf manifestants. Conformément aux dispositions de l'article 544 du Code de Procédure Pénale, la défense a plaidé pour la relaxe pure et simple de leurs clients pour délit non établi en acceptant de statuer sur siège. Finalement, le juge a renvoyé le dossier à demain mardi, 02 août 2022 pour décision être rendue.

A suivre...

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 623 06 56 23

Créé le Lundi 01 août 2022 à 21:21