Nasroulaye « Cosa » : Des "policiers aidés par des contre manifestants" accusés de graves exactions

Conakry
Des policiers déployés pour le maintien d'ordre sur l'autoroute le Prince
Des policiers déployés pour le maintien d'ordre sur l'autoroute le Prince

CONAKRY-Elhadj Abdoul Rahim Diallo, professeur d'école normale à la retraite, habite au quartier Noussourlaye « Cosa », dans la commune de Ratoma. Ce doyen fait partie des victimes des violences qui ont secoué l’axe le Prince le 28 et 29 juillet 2022, en marge d’une manifestation interdite appelée par le FNDC à Conakry. Interrogé par Africaguinee.com, il raconte comment son domicile a été attaqué, selon lui par des policiers appuyés, dit-il, par des contremanifestants.

"Le jeudi 28 juillet, ils sont venus défoncer les kiosques qu'on avait aux alentours de la maison dont un kiosque d'alimentation générale, un autre de vente de matériels électriques et un salon de coiffure. Ils ont emporté tous ce qu'il y avait là-dans. Ils sont venus au moment de la prière de crépuscule, on priait. On avait d'ailleurs interrompu la prière pour aider les jeunes du quartier à les pourchasser. C'était des loubards venus de la commune de Matoto appuyés par des policiers qui nous attaqué. Mais avec la patrouille militaire, nous avons eu l'accalmie toute la nuit jusqu'à la prière de vendredi 29 juillet. 

Pendant qu'on était à la prière, des jeunes sont venus ériger des barricades pour barrer la route aux policiers qui les pourchassaient. Malheureusement, ces barricades sont érigées en face de mon domicile. Les policiers étaient à l'affût.  Ils ont tiré une pluie de gaz lacrymogène, chassé les enfants. Ensuite, ils sont venus nous tomber dessus. Ils ont tiré les portails, cassé des vitres, jeté des pierres sur la concession. Mais ils n'ont pas pu pénétrer dans la concession. 

Il y avait deux femmes qui étaient aux abords du portail qui étaient sorties protester contre l'attitude des policiers. Ils les ont sérieusement bastonnées, il y a des contusions sur leurs corps. C’est dans ce brouhaha qu’ils ont mis le feu dans le kiosque d'alimentation générale qu'ils avaient vandalisé la veille. Ce feu a pris une telle intensité que toute la maison était en fumée. Nous avons pensé qu'il y avait du feu sur le toit. Mais heureusement le feu s’est limité dans le kiosque. Nous avons réussi à maîtriser les flammes.

J’ai plus de 20 personnes dans ma maison dont des petits enfants. On a été vraiment traumatisé. Mais grâce au voisinage, on a réussi à maîtriser le feu. Malgré tout ils (les policiers, ndlr) ont continué à jeter du gaz lacrymogène. Des badauds qui étaient avec eux sont venus s'attaquer à une autre concession voisine à la mienne. Ils ont prisé des vitres des maisons avoisinantes. Les policiers tiraient à balles réelles. C'est avec l'arrivée des militaires que le clame est revenu vers 19h 30", a expliqué Elhadj Abdoul Rahim. 

Cet enseignant à la retraite n'exclut pas de porter plainte contre les auteurs de ces actes de violence. 

"Ce n'est pas exclu que nous portions plainte parce que les policiers qui devaient nous défendre, ce sont eux qui ont payé des loubars pour venir nous agresser. C'est des gens que nous connaissons ici. C'est la CMIS de Cosa et des agents du commissariat central de Nongo. Nous sommes en train de réunir les documents.

Si ça continue comme ça, je ne sais pas comment nous allons faire, où est-ce qu'on va vivre ? On n’a pas où aller. Nous ne faisons rien, ce sont des jeunes qui viennent d’ailleurs qui envahissent la route. La police qui devait nous protéger arme des loubars pour venir nous agresser et piller nos biens" déplore l'enseignant qu'il appelle le Gouvernement à ouvrir le dialogue.

"Nous souhaitons qu'il y ait entente, dialogue entre les parties et qu'on arrête ces mouvements parce qu'à chaque fois qu'il y a manifestation, nous sommes victimes. Nous ne pouvons pas dormir et nous ne pouvons absolument rien faire. Donc, nous souhaitons que les autorités trouvent une solution heureuse à cette situation malheureuse", a lancé Elhadj Abdoul Rahim Diallo.

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00223) 664 72 76 28

Créé le Dimanche 31 juillet 2022 à 17:01