Violences sur l’axe : "J'avais prévenu mais certains préfèrent brûler le pays…", déplore Bah Oury

Guinée
Bah Oury, leader de l'UDRG
Bah Oury, leader de l'UDRG

CONAKRY- L’autoroute le Prince est le théâtre de violents affrontements depuis ce jeudi 28 juillet 2022. Interrogé ce vendredi 29 juillet 2022, Bah Oury, président du parti -UDRG- a indiqué qu’il avait prévenu. Ce responsable politique appelle chaque acteur à prendre ses responsabilités et ne pas jouer avec l’avenir du pays. Dans cet entretien, il évoque aussi la brouille entre le Gouvernement guinéen et le Président en exercice de la Cedeao sur la durée de la Transition.

AFRICAGUINEE.COM : Comment réagissez-vous à cette confusion sur la durée de la transition entre le Président Embalo et la junte ?  

BAH OURY : Je pense que les autorités guinéennes ont pris conscience de la situation malencontreuse et difficile sur le plan diplomatique. Je crois qu'il y des correctifs qui ont été apportés pour atténuer cette sortie du ministre de l'administration du territoire et de la décentralisation. Au-delà de ça, personnellement je pense que la déclaration du Président Embalò, Président en exercice de la CEDEAO, est un élément positif par rapport à la situation guinéenne.  On devrait beaucoup plus s'en féliciter. Parce que dans le fond, la CEDEAO a exprimé un principe : la transition ne doit pas excéder 24 mois, ça c'est un fait. Donc, quoiqu'il en soit, tous les acteurs sont prévenus, c'était valable pour le Burkina, c'est valable pour le Mali et c'est valable également pour la Guinée.

Les autorités de la transition à travers le président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya ont indiqué qu'ils n'ont pas une fixation sur la durée, ce qui les importe c'est le contenu de la transition et du programme du chronogramme qu'il faudra décliner pour que le tâches que le CNRD entend mettre en œuvre puissent se faire. Donc, l'un dans l'autre, l'espace du dialogue est là et c'est dans une perspective positive. Le médiateur dans son communiqué est allé dans cette direction.  Je suis sûr que dans les coulisses diplomatiques, il y a des moyens de s'entendre pour qu'à la sortie, la Guinée ait un accord clair avec la CEDEAO.  Je pense que de part et d’autre, ce qui s'est fait c'est un incident de parcours qu'il ne faut pas dans une certaine mesure mettre en exergue. 

Selon vous qu'est-ce qui montre qu'il y a eu une prise de conscience de cet incident ? 

D'après mes informations, le ministre de l'administration du territoire a retiré son post sur sa page Facebook. Mais quoiqu'il en soit, il y aura des incidents de parcours en fonction des tempéraments et des caractères des uns et des autres mais il faut que le cap soit maintenu. Nous avons nécessairement besoin d'un accord avec la CEDEAO. Les éléments du chronogramme sont également nécessaires pour ne pas répéter les fautes du passé. Il faut trouver des voies et moyens pour concilier ces deux aspects dans le strict respect des intérêts aussi bien de l'organisation régionale que de la Guinée. Je pense que jusqu'à preuve du contraire, il est possible d'aller dans ce sens, de maintenir ce cap et de s'en tenir avec fermeté et détermination. 

Que pensez-vous des violences en cours sur l’autoroute le Prince en marge de la manifestation appelée par le FNDC ?

Je préfère ne pas faire de commentaires. Parce dans notre pays vous dites quelque chose, vous répétez, vous le réitérez. Hélas, à chaque fois c'est toujours la même situation. Il faut que nous fassions preuve de responsabilité de manière globale. On ne peut se permettre de jouer avec l'avenir de la Guinée. Je préfère m'arrêter là. Parce j'avais prévenu mais certains préfèrent brûler le pays. Et ça, c'est de leur responsabilité.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Vendredi 29 juillet 2022 à 20:23