Disparition du saxophoniste maitre Barry : Les confidences du ministre Alpha Soumah ‘’Bill De SAM’’…

Culture
Alpha Soumah, Bill de Sam ministre de la Culture, du Tourisme et de l'artisanat
Alpha Soumah, Bill de Sam ministre de la Culture, du Tourisme et de l'artisanat

CONAKRY-La Guinée vient de perdre un autre monument de la culture. Mamadou Aliou Barry dit maître Barry, célèbre saxophoniste a tiré sa révérence ce mardi 26 juillet 2022, à Paris, France, à l’âge de 79 ans. L'actuel ministre de la Culture Alpha Soumah "Bill de SAM" l’a connu et côtoyé un peu. Il se souvient d'un talent hors pair. Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, le ministre la Culture parle de l’homme qu’il qualifie d’intègre et patriote. La mort de cet autre doyen de la culture afflige Bill De Sam, qui annonce qu’un symposium sera organisé en sa mémoire si sa famille donne son accord.

AFRICAGUINEE.COM : Comment avez-vous appris la nouvelle de la disparition de maitre Barry ?

ALPHA SOUMAH « BILL DE SAM » : Pour commencer, je présente d’abord mes condoléances ainsi que celles du Président, le colonel Mamadi Doumbouya, du Gouvernement à la famille éplorée. J'ai été informé de cette triste nouvelle par mon conseiller chargé des questions culturelles qui m'a annoncé le décès de maître Barry ce matin. Il n'y a pas longtemps, j'ai vu une de ses photos où il était en famille avec en légende un commentaire dans lequel il se disait être heureux avec ses petits-enfants. Et quand on nous appelle pour annoncer son décès, sachant ce qu'il représente pour le pays, c'est un coup dur pour la culture guinéenne en particulier et la culture africaine en générale.

Quel souvenir gardez-vous de lui ?

Maitre Barry, je l'ai connu lorsqu'il était chef d'orchestre de Kaloum star. Je devais avoir entre 18 ou 19 ans. A l’époque, Kaloum star répétait au buffet de la gare, on était très jeunes. On y venait jeter coup d'œil. Il a toujours été là avec brio et faisait des démonstrations avec son saxo pour égayer le public. C’était impressionnant.

Je garde de lui l'image de quelqu'un de très bien. Malgré tout ce qu'il représentait pour la culture guinéenne, il était très disponible. Récemment quand je suis allé à l'institut des arts Mory Kanté de Dubréka, il était encore là avec les jeunes artistes, sur scène et jouait. Il m'a dit ce jour qu’il fallait qu'on parle. Il m'a expliqué certains problèmes auxquels ils étaient confrontés. C’est là que j'ai même appris qu'il y donnait des cours. 

C'est quelqu'un d'intègre qui a toujours pensé à transmettre son savoir-faire, toujours disponible. Je l'ai rencontré aussi à la paillote, il jouait avec des orchestres. C'était un monsieur très connu et respecté dans le milieu. 

Qu’est-ce qui est envisagé pour ses obsèques ?

On attend encore les dernières informations de la famille concernant la suite. Mon conseiller à la culture est en contact avec elle. J'attends qu'il me donne les dernières informations. D'ores et déjà, nous travaillons depuis ce matin en vue de faire un communiqué. 

Est-ce que des cérémonies d'hommage sont éventuellement prévues ?

Notre volonté est qu'il y ait des cérémonies d'hommage, un symposium, que tous ceux qui l'ont connu viennent témoigner. Comme vous le savez, à chaque fois qu'un artiste émérite ou connu est décédé chez nous, on a toujours souhaité qu'il y ait une cérémonie d'hommage. Mais après, ça dépend aussi des parents. Nous restons derrière la volonté des parents. 

Le saxophone est un instrument musical moins connu des mélomanes. Qu'est-ce qui est prévu pour perpétuer héritage ?

Au niveau de l'ISAG, j'ai vu des jeunes saxophonistes auxquels Maître Barry a transmis son savoir, son art. Malheureusement, il n'a pas eu tout le temps. Dans certains orchestres qu'on a ici, on voit des saxophonistes commencer des exécutions. Maintenant, atteindre le niveau de maître Barry, c'est autre chose.  Maître Barry c'est la trempe de Momo Wandel, il n'est pas seulement guinéen, c'était un africain sur le plan culturel. Il avait beaucoup d'influence.

Je pense que les jeunes qui font le saxophone auront le temps de parfaire cela, de s'imprégner de la culture africaine, de toucher à toutes les mélodies pour atteindre le niveau que Maître a atteint. Nous le souhaitons ardemment.  Au niveau de la culture, je pense que nous n'hésiterons pas à apporter notre aide dans ce sens et comme dans la plupart des autres disciplines culturelles. 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel: (00224) 664 72 76 28

Créé le Mardi 26 juillet 2022 à 20:44