Doumbouya met la pression sur WCS et Rio Tinto : "Je vous donne 14 jours pour la création de la co-entreprise…"

Simandou
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne

CONAKRY-Le président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya accentue la pression sur les deux géants miniers -Winning Consortium Simandou et Rio Tinto Simfer-, respectivement concessionnaires des Blocs 1et 2, 3 et 4 des gisements de fer Simandou. Lors d’une rencontre tenue hier vendredi, 17 juin 2022 au palais Mohamed V, le dirigeant guinéen a « imposé » un délai de 14 jours pour la création de la co-entreprise chargée de l'exploitation de Simandou, dont les réserves en fer sont estimées à plus de 4 milliards de tonnes. 

Le chef de la junte a déploré le non-respect des engagements qui ont été pris lors de la signature de l’accord cadre tripartie il y a environ trois mois. Sans porter de gants, le chef de l'Etat a condamné cette situation qu’il a jugée regrettable et inacceptable. Pour éviter désormais un quelconque manquement, le Colonel Mamadi Doumbouya a annoncé à ses hôtes, la création d'un comité stratégique placé sous sa tutelle.

« Nous avions convenu d'un certain nombre d'engagements en signant l'accord cadre pour le co-développement du projet Simandou. Après trois mois, il est nécessaire que nous évaluions les chemins parcourus pour qu'ensemble en tant que partenaires, nous puissions mettre en œuvre dans toute sa plénitude notre accord cadre. Depuis, nous constatons un décalage entre votre vision de la mise en œuvre des termes de l'accord cadre et nos attentes. Cette situation est non seulement regrettable mais aussi inacceptable pour l'Etat guinéen. J'ai créé un comité stratégique placé sous mon autorité qui est chargé de la mise en œuvre de l'accord cadre. Ce comité est votre interlocuteur dans le suivi du projet Simandou», a-t-il martelé devant des dirigeants des deux géants miniers Winning Consortium Simandou et Rio Tinto Simfer.

L’échéance de 2024 n’est pas loin

Le locataire du palais Mohamed V a insisté sur la participation de toutes les parties dans l'intérêt de l'accord cadre tout en rappelant que l'Etat doit être associé à toute prise de décision de gouvernance de la co-entreprise.

« Nous avons également recruté un cabinet d'avocats pour nous assister dans le conseil institutionnel et juridique pour matérialiser notre accord cadre dans les meilleurs délais. Le processus de recrutement de l'ingénieur conseil est en cours et nous avons compté sur toutes les mesures de facilitation que vous mettrez en œuvre pour permettre des conditions optimales de notre accompagnement dans ces projets. Tout ceci pour assurer que vous ayez une contrepartie de haut niveau pour que les discussions et les négociations technique, juridique, commerciale et financière avancent rapidement afin d'asseoir les bases solides du projet car l'échéance de fin 2024 n'est pas loin. J'insiste sur la nécessité de se mobiliser dans l'esprit de l'accord cadre. Le projet doit être mené par une co-entreprise qui doit être une société de substance dès le départ c'est-à-dire dès la phase de construction. Les trois partenaires que nous sommes doivent être présents dans toute entité et tout comité stratégique d'exécution, de suivi ou de résolution de tout problème lié au projet en rapport avec le co-développement et l'utilisation des infrastructures. L'Etat doit être associé à toute décision de gouvernance de la co-entreprise », a précisé le tombeur d’Alpha Condé.

Mamadi Doumbouya ne badine pas avec les retombées économiques attendues du projet Simandou, le plus grand gisement de fer au monde. Dans un ton ferme, il affirme qu'il restera intraitable sur le respect du contenu local. 

« La Guinée nourrit de grandes attentes en terme de retombées économiques de ces projets. La question du respect du contenu local est ainsi pour moi primordiale et non négociable. Aussi les principes d'une utilisation multi-usages et multi-services des infrastructures restent d'une grande importance et doivent réellement se matérialiser. Je reste personnellement très engagé pour que le projet Simandou aboutisse. Et c'est pourquoi je resterai toujours à votre écoute. La mission du comité stratégique c'est de vous accompagner, de vous apporter tout l'appui nécessaire pour continuer les travaux sur le terrain suivant les standards. Je réalise aussi qu'il est important et urgent que les financements soient effectifs. Nous devrons y attacher une attention particulière », a-t-il lancé.

Un ultimatum de 14 jours

Visiblement soucieux du démarrage effectif des travaux, le président du CNRD a imposé aux deux géants miniers, la création de la co-entreprise dans un délai de 14 jours. Ce, conformément au statut qui leur a été transmis. 

« Pour avancer efficacement j'attends la création de la co-entreprise dans un délai de quatorze ( 14) jours conformément au statut de la co-entreprise qui vous été transmis et qui est en ligne avec ma vision de l'accord cadre (…).Simandou est un gros projet et il faut vraiment une coopération, une collaboration et il faut se comprendre et apporter des solutions pour que ça puisse avoir un impact sur la vie de nos concitoyens et que ça puisse améliorer la vie des Guinéens», a confié le président de la transition guinéenne. 

Dossier à suivre…

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 18 juin 2022 à 16:27

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