Comment "Air Guinée" a été vendu? Cellou Dalein Diallo fait de nouvelles révélations…

Guinée
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG
Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG

NEW-YORK- Le président de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) vient de faire de nouvelles révélations sur la vente d’Air Guinée, un dossier dans lequel, il a été convoqué par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).

Cellou Dalein Diallo qui séjourne aux États-Unis révèle que la première décision de la liquidation et de la vente de la flotte d’Air Guinée a été prise lorsqu'il était fonctionnaire à la Banque centrale de la République de Guinée.

En ce qui concerne le dernier avion qui est le Boeing 737, l’ancien premier ministre qui était ministre des Transports au moment des faits soutient que la décision de vente a été prise en conseil des ministres. Et ce jour se souvient-il, c'est le feu président Général Lansana Conté qui a proposé le nom de l'acheteur de son " avion de commandement".

« Contrairement à ce qui a été dit, sous la pression des institutions de Breton Wood, le Fonds Monétaire International ( FMI) et la Banque Mondiale, la privatisation ou la liquidation de Air Guinée a été décidée très tôt vers la fin des années 80. A l'époque, j'étais jeune directeur à la Banque Centrale de la République de Guinée.  La flotte de Air Guinée était composée de trois Boeings : Un 707, un 727 et un 737.

Sous la pression du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, on a vendu deux (02). Le 707 et le 727 qui ont été vendus par entente directe et achetés par des hommes d'affaires Nigérians. Les autorités d'alors ont dit non, il faut laisser un avion au président de la République pour ses voyages. Nous étions dans les années 88. Donc il est resté le Boeing 737. C'était à la fois l'avion présidentiel et l'équipe actuelle de la compagnie Air Guinée. Mais au moment où il y avait les trois Boeings, Air Guinée a ouvert des agences dans tous les pays ouest-africains pratiquement à Dakar, à Bissau, à Banjul, à Abidjan, à Accra, à Lomé, à Kinshasa, à Freetown, partout et c'est au centre-ville. Et, il y avait déjà près de 500 travailleurs.

L'entreprise ne pouvait pas être rentable parce que le président au début voyageait et pouvait faire dix jours, deux semaines avec l'avion et il n'y a pas de transport. Donc les déficits sont creusés. L'endettement de l'entreprise a atteint des niveaux élevés. Le Fonds Monétaire et la Banque mondiale ont dit il faut finir. Soit, vous privatisez ou soit vous liquidez. Vous ne pouvez pas garder une entreprise qui n'est pas rentable comme ça.

Finalement le dossier a été présenté en conseil des ministres. Contrairement à ce qui a été dit, on a accepté de privatiser. Le processus a été engagé, le président de la République a dit : Non, ce dernier avion-là qui était réservé à moi et qui était aussi mon avion de commandement, on ne le vend pas à une autre personne. Je veux qu'on le vende à mon frère Mamadou Sylla », a révélé Cellou Dalein Diallo.

Et d’enchaîner : « Il (Lansana Conté, ndlr) a pris un décret pour autoriser la liquidation de Air Guinée. Il a décidé que l’avion sera vendu à Elhadj Mamadou Sylla. A l’époque, Elhadj Mamadou Sylla et moi, on ne s’entendait pas du tout. Je m’étais opposé à l’opération. Le ministère des finances chargé de la privatisation a réalisé toutes les opérations sans aucune participation d’un cadre du ministère des transports. Ils ont liquidé l’entreprise, évalué les actifs, déterminé les prix, négocié avec Elhadj Mamadou Sylla sans qu’aucun cadre du ministère des transports ne soit présent. Ils se sont mis d’accord, ils ont établi une convention…

Alors, je ne suis responsable de rien. Mais à mon avis, ceux qui devaient le faire, l’ont fait dans les règles de l’art. Je n’ai participé ni à la négociation, ni à l’évaluation... », a-t-il expliqué.

A suivre…

Siba Engagé

Pour Africaguinee.com

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Créé le Jeudi 16 juin 2022 à 18:02