Conakry : Fatou Gneloy Diallo sous la menace d'un mandat d'arrêt...

Guinée
Fatou Gneloy Diallo
Fatou Gneloy Diallo

CONAKRY-Les choses risquent de se compliquer dans les prochains jours pour Fatou Gneloy, visée par une plainte pour « diffamation et injures ». Invisible au tribunal depuis l’ouverture du procès qui l’oppose à la famille de Cellou Dalein Diallo, cette militante du RPG arc-en-ciel, connue pour ses sorties controversées sur les réseaux sociaux pourrait être forcée à répondre devant la justice. Ce mercredi 19 janvier 2022, la possibilité de l’émission d’un mandat d’arrêt a été émise contre elle. Alors que certaines largues fourchues indiquent qu’elle aurait même pris la fuite, son avocat a assuré que le jour où la justice va assurer sa sécurité, elle viendra volontiers répondre.

Aujourd’hui, dès l’ouverture du procès Fatou Gneloy et son frère Ousmane, la défense a soulevé une kyrielle d’exceptions. Pour justifier la nullité de la procédure, la défense a invoqué le désistement de Cellou Dalein Diallo qui, selon elle, est la seule personne ayant subi des dommages des infractions reprochées aux frères Gneloy.

“On est d'abord au niveau de la recevabilité de l'exploit de citation. Vous avez vu, il y avait deux procédures. Ils ont désisté la première, dont Elhadj Mamadou Cellou Dalein était partie civile. Maintenant, la question, c'est celle de ses 5 frères qui se sont constitués. Est-ce qu'ils ont la qualité juridique de porter plainte ? C'était la question du débat et les autres vices de forme parce que Fatoumata n'a jamais reçu un exploit de citation. Et la loi dit, à défaut que ce ne soit signifié à la personne, il faut que ce soit signifié à domicile, à défaut à la mairie ou au procureur. Dans l'un ou dans l'autre, elle n'a jamais reçu. Et vous avez vu l'acharnement des autres de lancer un mandat (d’arrêt). On ne doit pas condamner les crocodiles avant d'arriver à la rivière. Nous prions Dieu que justice soit faite. Que tout le monde revienne à de meilleurs sentiments et que tout ce qu'il y a de sensationnel soit retiré”, a indiqué Me Sidiki Bereté, l’un des avocats de la défense.

Dans sa réplique, la partie civile a accusé la défense de divaguer. “La défense est en train de divaguer. Comme l’a dit le président de la transition, la justice doit rester la boussole pour tout le monde. Dès l’entame de la procédure, la défense a soulevé une kyrielle d’exceptions que nous avons balayer du revers de la main”, a déclaré Me Alseny Aissata Diallo qui explique que malgré le désistement de Cellou Dalein Diallo, les autres parties civiles ont décidé de continuer la procédure.

“Nous avons déposé la lettre de désistement de M. Cellou Dalein Diallo et on ne parlera plus de lui dans cette affaire. Désormais ce sont ses frères et sœurs qui sont parties civiles. En tant qu’homme politique, il peut désister à tout moment comme toute autre personne. Autant il peut désister, autant ses autres frères et sœurs peuvent aussi ne pas désister. Le moment venu, on va prouver que toutes ces personnes qui se sont constituées partie civile ont directement souffert du dommage résultant de l’infraction commise par les deux prévenus”, a précisé l’avocat.

Après les débats préliminaires, le juge Kabinet Kéita a renvoyé l’affaire au 2 février 2022 pour la comparution de Mme Fatou Gneloy, mais aussi à l’effet de statuer sur les exceptions soulevées par la défense.

“Si toutefois, Mme Fatou Gbeloy ne comparaît pas à la prochaine audience, nous avons demandé au tribunal de décerner un mandat d’arrêt contre elle”, a indiqué Me Alseny Aissata Diallo

La défense par la voix de Me Sidiki Berete a rassuré : “Elle est à un endroit sûr. Parce que si vous voulez voir Fatou Gnelloy à une citation directe, vous n'avez pas besoin de faire de mandat, venir casser chez elle. Il y a trop de bruits de bottes. Si le ministère public abandonne l'acharnement, elle va venir en tant citoyenne digne. Mais tant qu'on est en train de piétiner les droits de la défense, elle ne va pas prendre le risque de se faire broyer, d'être agressée, elle peut même être tuée. Les menaces sont réelles. On a toutes les preuves”, a soutenu Me Berete.

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mercredi 19 janvier 2022 à 14:14