Sanctions contre Bamako : Doumbouya fermera-t-il la frontière de la Guinée à Goita ?

Guinée
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition guinéenne

CONAKRY-Réunis dimanche pour un sommet extraordinaire, les chefs d’Etat de la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ont décidé de mettre le Mali sous « embargo » : gel des avoirs maliens au sein de la BCEAO, fermeture des frontières, suspension des transactions avec Bamako à l'exception des produits médicaux et de première nécessité, retrait à Bamako des ambassadeurs de tous les pays membres de la CEDEAO.

Voilà entre autres les lourdes sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali, qui, en application du principe de réciprocité, a décidé de fermer à son tour ses frontières avec les pays de la CEDEAO ayant entériné ces sanctions et de rappeler ses ambassadeurs accrédités.

Difficile d’imaginer jusqu’où ira ce bras de fer. Toutefois, il y a lieu de s’interroger sur le cas spécifique de la Guinée. Déjà exclu de toutes les instances de décision de la CEDEAO suite au coup d’Etat survenu le 05 septembre dernier, Conakry n’a pas entériné les décisions prises dimanche par les dirigeants de la CEDEAO. Dans ces conditions la Guinée qui n’a pas pris part à ce sommet va-t-elle appliquer les sanctions contre le Mali ? Pas sûr ! Explications.

« La Guinée et le Mali sont deux poumons dans un même corps », a-t-on coutume de dire. Cette belle et célèbre formule s’est traduite dans les faits à de nombreuses occasions ces dernières années entre Conakry et Bamako. L’esprit de « solidarité » et « d’amitié » a toujours prévalu entre les deux Etats, liés par l’histoire, la géographie et même l’économie.  

Même lorsque le président Ibrahim Boubacar Keita (ami d’Alpha Condé) a été renversé en août 2020, la Guinée s’était abstenue pour des raison humanitaires d’appliquer les sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali. Pourtant Alpha Condé qui était à l’époque chef d’Etat, avait pris part au sommet. Conakry n’avait pas fermé ses frontières terrestres à Bamako et n’avait pas non plus rappelé ses troupes déployées au nord Mali dans le cadre du maintien de la paix sous la bannière des Nations-Unies.

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Le 1er octobre dernier lors de l’investiture de Mamadi Doumbouya en tant que président de la transition, le Mali était le seul pays parmi les voisins de la Guinée, à avoir dépêché une délégation officielle à Conakry. Une marque de considération qui avait été saluée par la junte. Sans compter qu’entre Assimi Goita et Mamadi Doumbouya, leurs amitiés ne date pas d’aujourd’hui.

En plus d’être arrivés au pouvoir par des coups d’Etat, ils ont la particularité d’appartenir aux forces spéciales. En 2018, ils se sont croisés au Burkina Faso lors d’une formation organisée par l’armée américaine, et qui étaient réservée aux commandants des forces spéciales de la région. C’est à cette occasion que les deux colonels Doumbouya et Goïta ont tissé des relations d’amitié, rapporte-t-on.

Si pour le moment, le Gouvernement guinéen n’a pas communiqué sur l’attitude qu’il va prendre face à ces derniers développements, une source diplomatique a confié que Conakry prendra le temps « d’observer, d’analyser avant d’agir ». Une autre source proche du ministère des affaires étrangères a assuré à Africaguinee.com que l’ambassadeur malien en poste à Conakry est toujours sur place. Il n’a pas été renvoyé.

Comme pour dire que la probabilité de voir la Guinée fermer ses frontières au Mali est très mince voire même nulle. Toute chose qui éviterait au Mali de tomber dans l’asphyxie totale. Fermé à la mer, le Mali plongé dans une crise multiforme, s’approvisionne à partir du Port de Conakry.

A suivre…

Africaguinee.com

Créé le Lundi 10 janvier 2022 à 15:07