Violences basées sur le genre : Validation à Conakry d'un plaidoyer pour une prise en charge efficace...

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CONAKRY-Plusieurs organisations de la société civile et acteurs institutionnels intervenant dans la lutte contre les violences basées sur le genre en Guinée, ont validé ce vendredi 7 janvier 2022 la note de plaidoyer élaborée lors d'un atelier tenu les 15 et 16 décembre dernier à Kindia. 

Organisé par « le Club des Amis du Monde (CAM), l'ONG protégeons les droits humains, l'association des victimes, parents et amis du 28 septembre (AVIPA) et la Fédération Mounafanyi de Kindia (FMK) », cet atelier a réuni aujourd’hui dans un réceptif hôtelier de la place, des représentants de certains ministères et des acteurs intervenant dans la lutte contre les VBG.

L'élaboration de ce document de plaidoyer a été faite dans le cadre de la mise en œuvre du projet "Réponse communautaire pour réduire les violences basées sur le genre à Conakry et à Kindia". L’objectif de ce projet est de renforcer le mécanisme d'alerte, le référencement et la prise en charge des cas de violences basées sur le genre en Guinée.

"Nous avons remarqué qu'en Guinée, le mécanisme de la prise en charge des VBG ne fonctionne pas. C'est pour cette raison que nous avons formulé des recommandations envers les autorités qui sont dans cette note de plaidoyer, afin que nous puissions apporter une prise en charge holistique aux victimes des VBG. Nous avons constaté que plusieurs cas de violences basées sur le genre ont été référés aux structures de prise en charge mais malheureusement ces victimes ne bénéficient pas d'une prise en charge holistique pour leur permettre d'être réinsérées dans la société au même titre que les autres personnes avec lesquelles elles vivent au sein de la société", a expliqué Charles Sandy l'un des organisateurs de cet atelier.

Cette note de plaidoyer va non seulement permettre de connaître les insuffisances de ce mécanisme mais aussi de savoir les voies et moyens que les acteurs, les partenaires techniques et financiers pourront adopter pour atteindre l’objectif visé, qui est celui d'apporter une prise en charge holistique aux cas des VBG en Guinée.

Plusieurs départements ministériels ont été associés lors de l'élaboration de cette note de plaidoyer. Il s’agit notamment des Ministères de la Justice et des Droits de l’Homme, de la Promotion Féminine de l’Enfance et des Personnes Vulnérables, de la Santé et de l'Hygiène Publique.

Présente à cette rencontre, la représentante du Ministère de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables, a annoncé que son département est en train de travailler sur plusieurs recommandations qui ont été formulées dans ce document de plaidoyer.  

"Nous sommes en train travailler sur la mise en place d'une base de données sur les violences basées sur le genre avec notre partenaire UNICEF. Mon département est en train de travailler également avec la Banque Mondiale sur la formation des élus locaux sur la prévention et la prise en charge des VBG qu’elle soit médicale, juridique ou psychologique. Je vous rassure que mon département tiendra compte de toutes vos recommandations et agira avec vous", a annoncé Madame Cissé Moussey Bangoura.

En Guinée, malgré les efforts consentis par le Gouvernement, les filles et femmes de 0 à 15 ans et de 16 à 64 ans ont subi un acte de violence. Soit un taux de 80,7%. Un signe d’alerte pour la représentante du Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique. Elle a indiqué que les violences basées sur le genre constituent une menace pour la paix et la dignité humaine.

"La lutte contre les VBG à l'égard des femmes demande une réponse holistique indivisible et multisectorielle. A chaque niveau, les mesures prises doivent viser à rendre les femmes plus autonomes et sensibiliser les hommes sur le phénomène, à durcir les sanctions contre les auteurs des VBG et à répondre aux besoins des survivantes. En Guinée, malgré les efforts consentis par le gouvernement, les filles et femmes de 0 à 15 ans et de 16 à 64 ans ont subi un acte de violence soit un taux de 80,7%. Nous devons donc agir ensemble pour relever ce défi", dira Madame Manty Bamba.

Faut-il rappeler que cette journée de plaidoyer des acteurs de la lutte contre les violences basées sur le genre pour le renforcement du mécanisme d'alerte, de référencement et de gestion des cas des VBG a été organisé par quatre organisations de la société civile guinéenne qui sont : Club des Amis du Monde (CAM), l'ONG protégeons les droits humains, l'association des victimes, parents et amis du 28 septembre (AVIPA) et la Fédération Mounafanyi de Kindia (FMK). Ce projet est financé par l'ambassade de France en Guinée et en Sierra Léone à travers le fonds PISCCA (projets innovants des sociétés civiles et coalitions d’acteurs).

Oumar Bady Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel : (00224) 666 134 023 

Créé le Vendredi 07 janvier 2022 à 20:33