Mamadou Sylla : "A la place de Mohamed Béavogui, j’aurai jeté l’éponge…"

Guinée
Mamadou Sylla, président de l'UDG
Mamadou Sylla, président de l'UDG

CONAKRY-Le désaccord entre le Président de la Transition et son premier ministre au sujet de la rebaptisation de l’aéroport de Conakry du nom de « Ahmed Sékou Touré », continue de défrayer la chronique. La classe politique n’est pas en reste de ce débat. Elhadj Mamadou Sylla, leader du parti Union Démocratique de Guinée (UDG) comprend parfaitement la réaction désapprobatrice de Mhomed Béavogui vis-à-vis de la décision de Mamadi Doumbouya. Interrogé ce lundi 20 décembre, il a déclaré qu’il ne condamne pas le chef du Gouvernement.

« Je ne condamne pas le Premier ministre, parce qu’avant tout, chaque personne vient d’une famille. Bien qu’il soit homme public aujourd’hui, mais une partie de sa famille est resté dans les geôles du régime Sékou Touré. Sa réaction est tout à fait compréhensible, c’est humain. S’il ne réagissait pas de cette façon, on allait dire que c’est quelqu’un qui n’est pas sincère aux côtés du colonel Doumbouya. Le Premier ministre, administrativement, il est la deuxième personnalité de l’Etat. Si c’est en ce moment qu’on essaie de piétiner la mémoire de sa famille, c’est difficile d’accepter ça. C’est humain. Si j’étais à sa place, je réagirai de la même façon, pourquoi pas même prendre mon courage en main pour jeter l’éponge carrément », a réagi l’ancien chef de file de l’opposition.

La réhabilitation de Sékou Touré, père de l’indépendance de la Guinée, par Mamadi Doumbouya, a fait resurgir les clivages dans le pays. Depuis sa prise du pouvoir, jamais un acte du chef de la junte n’a suscité tant de réactions controversées. Mamadou Sylla pense que le Président de la Transition devait consulter le Premier ministre.   

« Même si le Président ne peut pas consulter l’ensemble du Gouvernement, lui, en tant que Premier ministre, devait être consulté. Parce que le président sait bien que le Premier est lié dans cette affaire. Surtout que rien n’était urgent dans cette affaire de rebaptisation.

Quand le président Conté a rebaptisé le palais Sékhoutoureyah, j’étais là quand le drapeau a été monté. J’avoue que lui avait le mandat du peuple, ayant été élu. Quand le Président Alpha Condé a donné le nom du stade de Nongo au Général Lansana Conté, lui aussi avait un mandat du peuple.

Pour moi, c’est mieux qu’un président civil prenne des décisions comme ça, surtout, comme je l’ai dit, il n’y avait aucune urgence. Et puis l’autre aspect qu’il fallait voir, c’est la cohésion et la réconciliation. Dans ce contexte, tout acte qu’on doit poser, il faut bien le murir, voir ce qui peut réunir majoritairement les guinéens avant d’agir », conseille M. Sylla.

A suivre…

 

Africaguinee.com

Créé le Lundi 20 décembre 2021 à 10:34