Mamou : Des chimpanzés protégés sèment la « terreur » à Longory…

Moyenne Guinée

MAMOU-Des chimpanzés sèment la terreur à Longory, un secteur de la commune rurale de Soyah, située à 15 kilomètres de Mamou. Les agressions de ces primates contre les habitants du village virent quelquefois au drame. On dénombre plusieurs cas d’agressions dont une mortelle. Il s'agit une femme enceinte. Un bébé a récemment été grièvement blessé. Des tentatives d'enlèvements d'enfants sont aussi signalés par les populations. 

La cohabitation devient de plus en plus difficile entre ces singes et leurs « cousins » humains. Inquiets, les habitants sont sur le « qui-vive » ne pouvant pas tués les chimpanzés qui sont des espèces protégées. Les autorités locales de Longory ont alerté celles de Mamou, mais aucune solution n'a été trouvée, pour l’heure.

Interrogés par notre correspondant régional basé à Mamou, autorités et citoyens ont exprimé les mêmes inquiétudes.  Certains jeunes menacent de tuer les chimpanzés "agresseurs". Le chef du secteur Longory affirme que ces chimpanzés ont cohabité pacifiquement pendant des années avec les populations locales.

“ Il y avait des chimpanzés ici depuis longtemps. Mais, c'est maintenant qu'ils ont commencé à être agressifs. Il y a un vieux chimpanzé ici qui s'est attaqué à une fillette et l'a blessée. Ensuite, il a attaqué une femme enceinte qui n'avait pas survécu. Elle a succombé à ses blessures à l'hôpital régional de Mamou quelques jours après. Elle portait une grossesse de six mois environ.  Un autre bébé a été sauvé de justesse. Le chimpanzé était entré dans la maison. L’enfant était au salon et il l’a pris. N'eût été l’intervention des jeunes, il allait l’amener.

Avant hier, c'est un autre bébé qui a été sauvé à la source. Les femmes et les enfants sont les plus exposés. On a informé nos chefs, mais pour le moment, rien n’est fait. Nous vivons dans cette situation de terreur”, explique le chef secteur.

Au village, les femmes enferment leurs enfants dans les maisons avant d’aller chercher de l’eau au marigot. “Si on veut aller chercher de l'eau à la source, on enferme les enfants à la maison. Avant, les chimpanzés venaient à la source pour retirer les bébés de nos mains. Un bébé a été blessé comme ça ici. Maintenant, on ne prend plus de risque. On laisse les enfants à la maison. Mais même avec ça, on n’est pas en sécurité. Puisqu’un jour, un vieux chimpanzé est parti au village prendre des bébés. Une femme a été tuée ici par ce même chimpanzé, on a peur vraiment”, s’inquiète Fatoumata Sow.

Désemparé, Harouna Diallo, un autre citoyen de la localité lance un appel aux autorités de Mamou. “Ils doivent nous aider. Ils nous ont demandé de ne pas tuer ces espèces. On est d’accord. Mais, il faut qu'ils nous aident. Ils doivent forcément trouver la solution. Nos vies sont en danger”, a interpellé cet habitant de Longory.

Face au laxisme des autorités, la jeunesse n’exclut pas de briser la protection des chimpanzés. “Ces animaux étaient quelque part. Ce sont les autorités qui ont envoyé ces animaux dans cette forêt. Ils disent qu'ils sont protégés. Maintenant, aucune disposition n'est prise et les espèces ont commencé à nous tuer. On doit se défendre.  Donc, s'ils ne prennent pas leur disposition, nous allons tuer tous les animaux qui vont quitter la forêt pour nous attaquer. Nous, on n’ose plus aller dans la forêt à cause de ces animaux”, confie Saidou Barry.

Nous y reviendrons!

Habib Samake

Correspondant régional à Mamou

 

Créé le Mercredi 15 décembre 2021 à 11:04