Guinée : M’mah Sylla a regagné sa dernière demeure, un autre combat commence…

Conakry

CONAKRY-Décédée samedi à Tunis après avoir subi une 7ème opération suite à une série de viols collectifs attribués à des médecins dans une clinique dans banlieue de Conakry, M’mah Sylla a regagné ce mercredi 24 novembre 2021 sa dernière demeure, dans l’après-midi.

Elle a été inhumée au Cimetière de Tombolia château, dans la commune de Matoto où elle reposera désormais pour l’éternité. Ses obsèques ont rassemblé des milliers de personnes.

Parents, proches, amis, anonymes et autorités ont accompagné la jeune dame à sa dernière demeure. Le décès de M’Mah Sylla a provoqué une onde choc en Guinée. L’horreur qu’elle a subie a frappé la conscience collective face à une triste réalité qui crève les yeux. Le « viol ».  En 2020, 374 cas ont été recensés dans tout le pays par l'office de protection du genre, de l'enfance et des moeurs (OPROGEM), soit en moyenne un cas par jour. 

Le Gouvernement a promis que justice sera faite et que toutes les dispositions sont prises pour sanctionner les auteurs des atrocités subies par la défunte. Deux individus ont été inculpés pour « viol, avortement, administration de substances nuisibles, risque causé à autrui et complicité ». Un troisième suspect en fuite est « activement recherché ».

Après l’enterrement de M’mah Sylla, le porte-parole de la famille éplorée a réaffirmé leur volonté de poursuivre le combat déjà engagé au niveau de la justice pour que les auteurs de ces actes soient punis. 

"Nous sommes réconfortés par la mobilisation des autorités, des défenseurs des droits de l'Homme, des défenseurs des droits de la femme.  Mais le combat commence aujourd'hui pour M'mah Sylla. Le combat commence pour qu'il n'y ait plus jamais ça", a déclaré Alpha Amadou Diallo, porte-parole de la famille et oncle paternel de M'mah Sylla. 

Présent à l’enterrement, le président de la fédération nationale des cliniques privées de Guinée a déclaré que ce cas va servir de leçon.

"Nous sommes constitués partie civile au côté de la famille biologique. On n’entrave pas la justice. Chacun est responsable de ses actes. Ils (médecins) ont fait un viol, ils ont avorté, ils ont perforé les intestins, ils ont gardé le malade jusqu'à ce que ça arrive un degré de pourriture avant de le recommander à l'hôpital Ignace Deen pour évacuation en Tunisie, c'est condamnable", a réagi Dr Golé Béavogui. 

M'ma Sylla a regagné sa dernière demeure aux environs de 15h, au cimetière de Tombolia dans le quartier qui l'a vu grandir.

 

Siddy Koundara Diallo 

Pour Africaguinee.com 

Tel : (00224) 655 311 114

Créé le Mercredi 24 novembre 2021 à 17:59