Agression portugaise : "Les assaillants ont été entrainés au Sénégal et en Guinée Bissau…"

Guinée

CONAKRY-Il y a 51 ans jour pour jour, la Guinée était victime d'une agression armée menée depuis l'extérieur. L’agression portugaise du 22 novembre 1970 baptisé sous le nom de code Mar Verde impliquant des puissances occidentales, notamment la France, le Portugal dans des opérations de déstabilisation de la Guinée.

A l’époque, l’ancien gouverneur de Labé, Madifing Diané, était directeur des renseignements généraux sous la révolution. Il a expliqué à Africaguinee.com que l’agression portugaise était dans le même sillage que le renversement de Modibo Kéita, deux ans avant, le 19 novembre 1968.

Le but de cette opération de déstabilisation ? Freiner toute velléité d’émancipation du peuple africain que la Guinée prônait sur l’ensemble du territoire national et aux Nations-Unies. Les assaillants avaient été entrainés au Sénégal et en Guinée Bissau, avant d’être débarqués à Conakry, confiait l’ancien ministre de la Sécurité.

“L’objectif c’était de mettre fin à toute velléité d’émancipation du peuple africain que la Guinée prônait sur l’ensemble du territoire national et aux Nations-unies. C’est une conjonction des faits orchestrés par l’occident à la tête le Portugal avec une complicité intérieure et extérieure des fils de ce pays et de certains étrangers qui vivaient en Guinée. Notamment des français, allemands ainsi que d’autres nationalités qui étaient en service. De façon globale on les a appelé la 5e colonne.

Ça pouvait être des nationaux résidents ou non-résidents tout comme ça pouvait être des étrangers vivant en Guinée. Ils ont été entrainés au Sénégal, en Guinée Bissau avant d’être débarqués à Conakry. Nulle ne peut nier l’agression, comment elle a été organisée ou ignorer ceux qui l’ont organisé. Les gens qui ont participé à l’agression étaient rémunérés par les puissances colonisatrices”, révèle cet ancien baron du régime Sékou Touré.

Les assaillants ont débarqué dans la nuit du samedi 22 novembre 1970 à 2 heures par le Port de Conakry et au niveau des débarcadères, notamment à Landréah à Dixinn. Un groupe est allé détruire les cases de Bellevue avec la certitude que le président Sekou Touré y dormait. Tandis que, simultanément, un autre a attaqué le Camp Boiro et exfiltré des prisonniers portugais.

“L’intérêt du Portugal était de mettre fin à la vie du PAIGC dans le pays dont la base était située à La Minière, la Société nationale d’électricité faisaient partie des cibles ainsi que les camps militaires. L’aéroport aussi devait être attaqué notamment par un avion militaire”, se rappelle l’ancien ministre de la Sécurité.

Le monument

En mémoire du « vaillant peuple de Guinée » qui s’est soulevé pour défendre sa souveraineté contre l’agression portugaise, un monument éponyme a été érigé dans l’enceinte du Palais du Peuple. Il est bâti sur une superficie de 1.380 mètres carrés et mesure 30 mètres, même hauteur que le bâtiment du Palais du peuple et le mat du drapeau sur l’esplanade. La pose de la première pierre de ce patrimoine historique offert par la Chine à la Guinée, a été faite à l’occasion du premier anniversaire de l’agression portugaise. Il avait été inauguré le 22 novembre 1972 en présence du président Idi Amin Dada de l’Ouganda et de Kamanda Wakamanda, secrétaire général adjoint de l’Oua à l’époque.

 Quatre slogans sont graves au tour du monument. « A la violence impérialiste, le peuple a vigoureusement opposé la violence révolutionnaire par une fermeté intransigeante et un courage résolu »; « La défense nationale et le progrès continu de la révolution concernent tout le peuple et impliquent que les masses disposent de tout le pouvoir ». “Dans le verdict populaire, la raison historique a prévalu sur la raison sociale à laquelle reste subordonnée la raison individuelle »; « La révolution est exigeante ! L’impérialisme trouvera son tombeau en Guinée ».

Si cette attaque contre le régime de Sékou Touré avait échoué, il faut reconnaitre qu’elle avait servi les années qui avaient servie de prétexte pour déclencher l’une des répressions les plus sanglantes que le pays n’ait jamais connu.

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Lundi 22 novembre 2021 à 13:32