Des agents armés sèment la "terreur" chez le colonel Amara : témoignage choc de son épouse…

Conakry
Diariou Barry épouse du colonel Amara Camara
Diariou Barry épouse du colonel Amara Camara

CONAKRY-La famille du colonel Amara Camara, commandant de la CMIS (compagnie mobile d’intervention et de sécurité) numéro 21 de Cosa a été mal réveillée ce dimanche 10 octobre 2021. Des éléments encagoulés de l’armée ont effectué une descente musclée aux environs de 4H 10 minutes, dans la famille de l’officier de police, au quartier Yimbaya Tannerie. Les deux épouses du Colonel ainsi que sa maman accusent les hommes en uniforme de les avoir séquestrées avant d’emporter de l’argent et des bijoux.

A Yimbaya où cette descente musclée non justifiée s’est déroulée, c’est les voisins en premier qui témoignent la terreur qu’ils ont subie avec cette visite opinée des éléments qui appartiendraient au groupement des forces spéciales.

Assises au salon de leur maison, la mère du commandant Amara, ses deux épouses Diariou Barry et Yélika Touré sont encore sous le choc des évènements qu’elles ont traversés à l’aube de ce dimanche 10 octobre. Surprise et choquée de cette descente musclée à leur domicile, sans convocation, ni avertissement, dame Diariou Barry témoigne.

« Ils sont venus aux environs de 4H 10 alors que j’étais au lit. Ils ont tapé à la porte, j’ai demandé c’est qui ? Ils m’ont dit qu’ils étaient là pour une commission de la part de mon époux. J’ai répondu que mon mari ne peut pas les envoyer à une telle heure. Je leur ai dit que je n’ouvrirais pas et que s’ils veulent voir mon époux, qu’ils partent à son lieu de travail. Ils m’ont dit qu’ils y ont été mais il n’y était pas, qu’on leur a dit qu’il est à la maison. Comme ils ont insisté sans succès, ils sont allés chez ma coépouse, ils l’ont fait sortir par la force, et l’ont envoyé à la porte pour me demander d’ouvrir. Ils sont venus avec elle, ils m’ont intimé d’ouvrir j’ai opposé un refus catégorique.

Ils ont demandé où est ma belle-mère. Je leur ai dit qu’elle était à la mosquée. Ils ont pris une petite fille avec qui ils ont allés à la mosquée pour chercher ma belle-mère. Celle-ci est venue, j’ai ouvert la porte. Ils sont rentrés fouiller toute la maison, mettant tout sens dessus-dessous. L’argent de ma belle-mère, une somme de cinquante millions (50 millions GNF), ils ont pris avec des bijoux en argent qui lui appartenaient également.

Quand ils ont fini de tout fouiller, ils m’ont demandé où est le fils aîné de notre mari, je leur ai dit qu’il est en France. Il y avait un petit à côté, ils ont demandé qui sont ses parents, j’ai précisé que c’est le fils à ma sœur. Les tablettes de mon enfant, ils ont tout cassé lorsqu’ils fouillaient. Ils sont venus sans aucun mandat, aucune convocation, aucun papier, pour disent-ils chercher mon mari », témoigne la deuxième épouse du colonel Amara sous le choc.

Elle demande aux nouvelles autorités de revoir leur façon de gouverner le pays.  « Il y a certains d’entre eux qui ne sont pas venus pour aider les populations, ils sont en train de salir l’image du Président, Colonel Mamadi Doumbouya. Que le Président comprenne cela », alerte madame Camara Diarrou Barry.

La maman du colonel Amara Camara, qui a atteint le troisième âge soutient que c’est sa première fois de vivre une telle situation de peur.

« Ce que je veux dire au Président Colonel Doumbouya, le chef de l’Etat, ce que j’ai vécu ce matin, c’est ma première fois de vivre ça depuis que je suis ici il y a de cela des années maintenant. Ce que j’ai vécu ici, même au temps de Sékou Touré je n’en avais pas connu pareil. Ils sont allés me faire sortir de la mosquée alors que je priais. Ils ont d’abord quadrillé toute la zone.

Certains étaient encagoulés, d’autres à visage découvert. Ils sont allés me chercher pour me demander de faire sortir mon fils, je leur ai fait savoir que s’il était à la maison, je n’allais pas le cacher étant donné que c’est un corps habillé. Quand ils sont entrés à la maison, ils ont fait réveiller tous les enfants, ils sont rentrés dans ma chambre. J’ai quitté en les laissant seuls. Quand je suis rentrée voir, j’ai trouvé que mon argent, une somme de 50 millions francs guinéens que mon fils qui se trouve en occident m’a envoyée, avait disparu. Cet argent, il l’avait envoyé à son grand frère pour nous aider.

C’est hier que je suis allée chercher la somme. Mes bijoux en argent, ils ont tout emporté. Ils ont renversé le matelas, ouvert toutes les armoires pour disent-ils, retrouver mon fils Amara. Mais lui travaille au CMIS 21 de Cosa », a expliqué à son tour Hadja Aicha Dramé, cheffe de quartier de Yimbaya Tannerie.

La première épouse du colonel Amara Camara dit être terrifiée. Elle témoigne que les hommes en uniforme ont pointé leurs armes sur elle en l’intimant d’ouvrir la porte de la maison. Elle explique avoir été réveillée alors qu’elle était presque nue

« Ils sont venus m’intimer d’ouvrir la porte. Après moult tractations, je me suis rendue à l’évidence. Quand j’ai ouvert la porte, ils m’ont tiré de force pour me faire sortir. Je ne portais qu’une petite culotte. Ils m’ont conduit au salon. Pendant tout le temps qu’ils sont restés, ils (au nombre de six agents) avaient leurs armes braquées sur moi. Ils m’ont intimé d’ouvrir toutes les armoires, j’ai essayé de leur faire comprendre qu’étant femme, je n’avais pas cette force.

Après avoir tout fouillé sans retrouver mon mari, ils m’ont intimé de les conduire à la mosquée où mon époux effectue régulièrement ses prières. Lorsque nous sommes sortis, j’ai constaté que tout le quartier était quadrillé par des pickups d’agents en uniforme. Il y avait une Toyota gris, conduit par un civil qui était parmi eux », raconte Yélika Touré qui n’a pas manqué d’interpeller le Président de la transition face à des tels agissements.

« Ce que je voudrais dire au Président du CNRD, Colonel Mamadi Doumbouya, qu’ils maitrise bien ses éléments parce qu’il a promis d’aider la population. Mais ce qu’ils ont commencé là, s’ils continuent comme ça, ce serait une très mauvaise chose. La maison n’est pas le lieu de travail de mon mari. L’Etat lui a donné un lieu où on peut le trouver, qui est son lieu de travail. Mais venir nous intimider dans notre maison ce n’est pas ce qu’on s’attendait du Colonel. Qu’il essaye de contrôler certains de ses éléments », lance la première épouse du commandant la CMIS Numéro de Cosa.

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Dimanche 10 octobre 2021 à 22:28