Transition : les prescriptions de Abdoul Gadiri Diallo pour une meilleure gestion économique

Libre opinion

Depuis la prise du pouvoir par la junte militaire, nombreux sont les citoyens qui essaient d'apporter leur expertise au développement du pays. C'est le cas d'Abdoul Gadiri Diallo, responsable du service innovation au sein de la BICIGUI. Amoureux de l'économie notamment du secteur bancaire, il croit fermement que le développement tant souhaité par le CNRD passera par l'économie via un toilettage du système.

Ayant étudié le domaine bancaire, Abdoul Gadiri Diallo déplore le manque de professionnalisme dans le secteur en Guinée. Entre l'augmentation rapide du nombre de banques commerciales en Guinée 16 alors que le taux de bancarisation est nettement inférieur à 15% et le retard sur la digitalisation des différents services dans le secteur, il y'a beaucoup à faire selon lui. « Dans le secteur bancaire actuel le service à la clientèle laisse à désirer, trois banques se partagent plus de la moitié de l’ensemble des clients. Il y'a une absence d’une banque de l’habitat pour accompagner les clients (particulier, professionnel, entreprise). Les conditions contraignantes pour accéder aux financements notamment avec des taux d’intérêt très élevés (supérieur à 10%), les délais de remboursement très court en général et non adaptés pour les financements immobiliers où la période est inférieure à 15 ans », a-t-il fait remarquer.

Désavouant la stratégie clientèle des banques en Guinée, il assure que miser sur la formation de l’ensemble des collaborateurs au sein du business, le bon accueil et l'écoute attentive pour chaque client permettrait l'envol du secteur. « Il faut proposer des produits et services répondant aux besoins des clients, conseiller chaque client dans son projet, avoir un service après-vente et réclamation réactif et professionnel, effectuer des sondages mais surtout, considérer le client comme roi », a-t-il ajouté.

Comme de nombreux guinéens, Abdoul Gadiri Diallo voit dans le CNRD un nouvel espoir pour le peuple de Guinée. Confiant, il souhaite que les nouvelles autorités veillent à la sécurité du pays, des personnes et leurs biens tout en assurant une justice équitable et la mise en place d’institutions fortes avec un processus de rajeunissement de l’administration publique par l’appel des jeunes cadres guinéens d’ici et d’ailleurs. « Sur le plan économique, qu'une mission d’audit de la gestion antérieure soit lancée et qu'un organe opérationnel de lutte contre la corruption et de contrôle de l’octroi des marchés publics soit mis en place. En collaboration avec la banque centrale, qu'un mécanisme d’octroi de crédit plus souple au niveau des banques commerciales pour l’ensemble des clients (Particuliers, Professionnels, Entreprises) soit mis en place et que le taux d’intérêt d’octroi de credit soit revu à la baisse », a-t-il recommandé.

Pour réussir cette transition du point de vue économique, Abdoul Gadiri Diallo insiste sur le temps. Selon lui, il faut éviter de faire une transition bâclée donc, prendre le temps nécessaire et raisonnable pour mener à bien cette transition.

« Prioriser les critères techniques dans le choix des hommes d'administration et la mise en place des institutions,mettre en œuvre des réformes structurelles pour favoriser les opportunités d’investissement, réaliser des réformes des institutions permettant d’établir des conditions d’une croissance soutenue, libéraliser les prix et services, éliminer les subventions et supprimer certaines exonérations, encourager la réduction des déficits budgétaires de l’Etat par la diminution des dépenses publiques, veiller à l’application de la libéralisation des prix avant la mise en œuvre des programmes de privatisation faute de quoi, peu d’investisseurs seraient intéressés par un business dont les marges et les résultats sont définis par l’Etat, favoriser la libéralisation du commerce extérieur par la réduction des droits de douane et l’assoupplissement des conditions d’obtention des licences d’importation, ce qui peut introduire sur le marché national une plus grande concurrence et la réduction des monopoles, veiller à ce que la politique monétaire soit restrictive par la limitation de la masse monétaire dans l’économie ainsi que la pratique des taux d’intérêts élevés souvent utilisés pour contrôler l’inflation, et faire la promotion des exportations dans le but d’obtenir des devises pour maintenir la balance de paiement à un niveau appreciable », c'est ce que propose ce spécialiste du domaine bancaire au Colonel Mamady Doumbouya et ses hommes.

Il faut rappeler que Abdoul Gadiri Diallo a fait des études en Banque Finance et Assurance à l’université de Villetaneuse (Paris13) après le Bac, avec plusieurs expériences professionnelles en France et au Canada il est aujourd'hui responsable du service innovation. Il avait déjà occupé le poste de responsable du marché de l’Immobilier au sein de la BICIGUI en 2012.

Créé le Vendredi 08 octobre 2021 à 13:08