Guinée : Des « manœuvres secrètes » pour un retour d’Alpha Condé aux affaires?

Guinée
Alpha Condé, président renversé le 05 septembre par un coup d'Etat militaire
Alpha Condé, président renversé le 05 septembre par un coup d'Etat militaire

CONAKRY-Alors que la page d’Alpha Condé a été tournée en Guinée, des manœuvres seraient en cours au sein de la CEDEAO pour un retour du président renversé. Trois options en cours d’étude devraient être soumises aux Nations-Unies dont l’appui (à travers le conseil de sécurité) serait sollicité, au moment opportun, pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, a appris Africaguinee.com.

Dans les trois options, Alpha Condé devra jouer un rôle de premier plan. La note concoctée recense trois approches pour une sortie de crise rapide en Guinée, a-t-on appris. Des lobbies forts et de dirigeants proches du président déchu seraient derrière ces manigances, qui risqueraient d’enfoncer davantage la Guinée, au lieu qu’elle ne soit tirée d’affaire.  

« La première option envisagée vise à permettre à Alpha Condé de retrouver son siège avec comme conditions que les Nations organisent de nouvelles élections dans les 6 mois. Cette approche va amener la junte à désister, tout en reconnaissant la nature contestée du 3e mandat. Cette option s’inspire des récents événements au Malawi et au Kenya où les tribunaux ont invalidé les résultats d’élections frauduleuses et ordonné la tenue d’un autre scrutin présidentiel.

Etant donné la politisation des tribunaux, aujourd’hui suspendus en Guinée, une telle décision devrait peut-être émaner de la Cour de justice de la Cedeao qui prendrait en compte les preuves du décompte parallèle des voix recueillies par l’opposition.

Deuxième option

La Cedeao invalide le référendum constitutionnel de 2020. Cette option annulerait la base sur laquelle Condé a brigué un 3e mandat et s’alignerait sur les engagements du protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance qui dit qu’un président n’a pas droit de changer la CONSTITUTION de son pays à six de la fin de son mandat. Certains dirigeants préconisent cette possibilité.

Troisième option

En 3ème option, l’on propose de rendre à Condé son fauteuil qui, au nom de la stabilité et de la paix, démissionnerait afin de sauver la face. En contrepartie de sa libération, il serait aussi protégé d’éventuelles poursuites judiciaires, lui garantir l’impunité”.

Cette alerte vient d’être lancée par Sadio Barry, leader du parti Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG), dans une interview qu’il a accordé à Africaguinee.com, à paraître très prochainement.

Les nouvelles autorités militaires ont déjà été très claires vis-à-vis de la CEDEAO et même de la communauté internationale, en indiquant qu’elles « ne céderont pas aux pressions extérieures » et que seul l’avis du peuple souverain de Guinée, compte à leurs yeux. Mercredi, à la tribune des Nations-Unies, Nana Akufo Addo, a une nouvelle fois, averti la junte, déclarant que la CEDEAO donne six mois à la Guinée pour l’organisation d’élections présidentielle et législatives.

Au point central qu’il a évoqué, c’est le sort d’Alpha Condé. Le président en exercice de la CEDEAO, a affirmé qu’il fonde espoir que les chefs militaires tiendront parole en ce qui concerne la « libération du président renversé ».

A suivre…

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Jeudi 23 septembre 2021 à 16:31