Fermeture des frontières: Lorenço va-t-il réussir à "rapprocher" Condé et Embalò ?

Guinée
Umaro Sissoco Embaló et Alpha Condé
Umaro Sissoco Embaló et Alpha Condé

CONAKRY- "Je ne signerai pas. Que ceux qui les (les frontières, ndlr) ont fermées les rouvrent”, tranche le président Bissau guinéen qui affiche toujours une fermeté à ne pas vouloir négocier avec Alpha Condé sur la fermeture des frontières. Depuis cette déclaration les missions de bons offices se sont multipliées, mais toutes se heurtent à l’intransigeance de Umaro Sissoko Embalo.

Après les présidents ghanéen, Nana Akufo Addo, congolais, Felix Tchisekedi, l'angolais Jao Lorenço tente le coup. Ce dernier avait reçu il y a quelques jours à Luanda son homologue Bissau-guinéen. Quelques jours après le départ de Sissoko Umbalo, le dirigeant angolais est attendu le 29 juillet à Conakry, officiellement pour une visite de travail. Mais officieusement, tout porte à croire que le "différend frontalier" entre Conakry et Bissau doit être au menu.

Ces derniers mois les efforts de médiation se multiplient  pour "réconcilier" les voisins. En moins de deux mois, trois Chef d'Etat africains ont foulé le sol guinéen. Deux d'entre eux, après leur départ de Conakry, ont atterri à Bissau.  

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Il y a près d’un an, le 27 septembre 2020, qu'Alpha Condé avait décidé unilatéralement de fermer les frontières avec 3 de ses six voisins en invoquant des manœuvres de déstabilisation contre la Guinée. Si avec la Sierra Leone, elles sont rouvertes depuis février dernier, les frontières restent toujours fermées avec le Sénégal et la Guinée Bissau.

Face à cette situation qui perdure, la Cedeao et l'Union africaine multiplie les missions de bons offices à Conakry où  l’on assiste un ballet des chefs d’État. Si avec le Sénégal, un accord a été trouvé, avec la Guinée Bissau, ce n'est toujours pas le cas. 

Le président en exercice de l'Union africaine a entamé le 15 juillet, un périple en Afrique de l'Ouest. Après le Ghana, le président de la RDC, Felix Tchisekedi a effectué, à partir du 17 juillet, une visite de 48 heures à Conakry avant de s’envoler pour la Guinée Bissau. Au menu de cette tournée, la crise malienne mais aussi des questions d'intérêts communs. A ce propos, la fermeture des frontières n'a pas été occultée.

 « Je ne savais pas qu'ils (Alpha Condé et Sissoko Embalo, ndlr) avaient un problème, a indiqué le président congolais. C'est une relation comme on peut en avoir entre un aîné et son jeune frère. La Guinée-Bissau et la Guinée Conakry sont deux pays frères, deux peuples frères et c'est,  pour moi, ça l'essentiel, le reste, ce sont des détails », a déclaré Thisekedi à Guinée Bissau.

A son arrivée à Conakry, le Congolais avait annoncé qu’il aura avec Alpha Condé “des discussions qui seront bénéfiques à toute la sous-région de la CEDEAO”, faisant allusion à la fermeture des frontières.

Bien avant lui, en juin dernier, le président en exercice de la Cedeao avait tenté une médiation entre Conakry et Bissau. Nana Akufo Addo s’était, lui aussi, heurté à l’intransigeance du président Embalo qui soutient que ce n’est pas son pays qui a fermé ses frontières.

« Je n’ai pas fermé les frontières, alors pourquoi devrais-je signer leur réouverture ? Que ceux qui les ont fermés les rouvrent», avait martelé le Bissau-guinéen.

C'est dans ce contexte que le ministre guinéen des Affaires étrangères a annoncé, mercredi 21 juillet, que le président angolais est attendu en Guinée à partir du jeudi 29 juillet.  João Lourenço effectuera un séjour de travail de 72 heures. Tout laisse croie que cette autre visite de ce chef d’État s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la médiation entre Condé et Embalo. Va-t-il réussir là où Akufo, Tchisekedi ont buté ? L'avenir nous le dira.

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Vendredi 23 juillet 2021 à 11:09