Grève dans le secteur des télécoms : "On risque de fermer les entreprises…"

Guinée
Abdoulaye Barry, Secrétaire général de la fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL)
Abdoulaye Barry, Secrétaire général de la fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL)

CONAKRY-Les responsables de la fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL) dénoncent une sur-taxation des opérateurs de téléphonie mobile, actuellement à hauteur de 64%.  Alors que leur grève déclenchée lundi est toujours en cours, ces syndicalistes fustigent aussi le dédoublement de la taxe sur la consommation téléphonique, passé de 1 à 2 francs la seconde. Ils avertissent que si cette pression fiscale continue, les entreprises téléphoniques risquent de mettre les clefs sous le paillasson.

« Aujourd’hui on note qu’en Guinée les opérateurs télécoms sont taxés à hauteur de 64% de leur chiffre d’affaire. Exemple : aujourd’hui quand un numéro MTN appelle un autre de MTN, la seconde est à 9 francs. 9 Gnf multipliés par 60 est égal à 540 Gnf. Sur ces 540 Gnf, l’opérateur n’a pas plus de 200 Gnf. Donc, on est hyper surtaxé. Si cela continue, on risque de fermer les entreprises. Si les entreprises sont fermées, ce sont les guinéens qui vont perdre leur emploi, ce sont les guinéens qui auront des problèmes de réseau. Orange Niger a fermé lorsque la pression fiscale était à 50% et nous en Guinée aujourd’hui nous sommes à 64%.

Il y a encore la TCT (Taxe sur la consommation téléphonique) qu’on vient de doubler, de 1 francs on est allé à 2 francs la seconde. Si avant les appels entre Orange étaient à 480 Gnf maintenant c’est 480 Gnf plus 60 francs, ce qui est égal à 540 Gnf. Si avant les appels entre MTN étaient à 540 francs, quand la loi sera promulguée, les tarifs vont monter à 600 francs. Dans tout ça, c’est les consommateurs qui vont supporter les frais », a expliqué ce syndicaliste avant de révéler que les opérateurs téléphoniques payent plus de 300 millions de dollars par an.

« Au niveau des opérateurs aussi on veut tirer 20 Gnf. Ce qui veut dire : 60 Gnf chez les consommateurs et 20 Gnf chez les opérateurs. Donc, dans chaque une minute, ils veulent prendre 80 Gnf. Il faut que la population arrive à comprendre que le combat de la FESATEL mène est fondé. La situation des télécommunications en Guinée n’est pas encore normalisée. Donc, au lieu de menacer il faut que, l’ARPT, le département de tutelle, que le ministre des postes et télécommunications essayent de normaliser le secteur des postes et télécommunications. C’est ce qu’on attend d’eux aujourd’hui. Notre secteur paye plus de 3 mille milliards soit plus de 300 millions de dollars par an. En 2020, on a payé plus de 3 mille milliards. Si c’est faux, ils n’ont qu’à prouver le contraire », a révélé Abdoulaye Barry tout ajoutant la grève continue jusqu’à nouvel ordre.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 13 juillet 2021 à 20:10