Heurts, incendies, pillages, coups de feu : Gaoual asphyxiée par son or… "maudit"

Gaoual
Violences à Gaoual
Violences à Gaoual

GAOUAL-La préfecture de Gaoual doit-elle regretter son or ? Les manifestations qui ont éclaté ce mardi 22 juin 2021, au centre urbain de Gaoual, ont conduit à de graves violences, des dégâts matériels et des blessés, a appris Africaguinee.com. 

Un bébé d’un mois et deux semaines a été asphyxié par du gaz lacrymogène dans le quartier Woumbaya. Si la vie de la victime n’est pas en danger, la situation reste tendue sur place. Selon Amadou Fofana, le papa du bébé, c’est des policiers qui ont largué du gaz lacrymogène dans son domicile situé au quartier Woumbaya, dans la commune urbaine de Gaoual.

 « C’est mon petit garçon d’un mois et deux semaines qui a été asphyxié. Il était couché dans la chambre, je faisais ma toilette. C’est ainsi qu’ils ont lancé le gaz qui est tombé à côté de moi. Le bébé était dans la chambre avec madame, quand la fumée s’est dégagée, je n’ai pas pu entrer dans la chambre. Madame aussi avait eu peur, elle a fermé la chambre. J’ai essayé de forcer pour ouvrir la porte mais je n’ai pas pu. Finalement, l’enfant a perdu conscience. Quand madame a ouvert la porte, j’ai entendu les gens crier que c’est le ‘’bébé de Fofana’’. Je suis allé récupérer le bébé et l’amener à l’hôpital. Dieu merci, il a repris conscience et sa vie n’est plus en danger », explique Amadou Fofana.

Selon ce citoyen, les manifestations de ce mardi sont provoquées par la grosse magouille qui entoure l’exploitation de l’or dans les mines de Gaoual. Des femmes soupçonnent les agents des services de sécurité déployés pour la fermeture des sites, de faire de la corruption au détriment des fils de la préfecture.

« Depuis quelques jours, des rumeurs annonçaient une manifestation des femmes qui voulaient exprimer leur mécontentement contre ce qu’elles qualifient du deux poids deux mesures. Le problème est que les fils de Gaoual n’arrivent pas à être sur le terrain d’exploitation d’or pour travailler. Les étrangers qui sont venus, ont des machines. Ils ont négocié avec les services de sécurité pour pouvoir travailler. Ceux qui ont des machines, on leur réclame 500 mille francs guinéens ou un 1 million pour pouvoir aller sur les sites et travailler.

Nous les fils de Gaoual, on n’a pas de machines et on n’a pas les moyens de ça. C’est pour toutes ces raisons que les femmes se sont révoltées pour demander aux autorités de libérer les sites pour que tout le monde puisse travailler. C’est suite à cela que les femmes sont descendues dans la rue pour manifester et des jeunes se sont mêlés dans la danse en jetant des pierres. La police est intervenue en jetant du gaz lacrymogène » a-t-il expliqué.

La situation reste toujours tendue à Woumbaya. Au bout du fil, des coups de feu retentissaient dans nos oreilles. « Là où je parle, plus de cinq cases ont incendiées suite aux gaz lacrymogènes qu’ils ont en train de lancer. C’est des policiers qui sont sur le terrain et ce sont eux qui agissent de la sorte », soutient Amadou Fofana.

Nous y reviendrons !

 

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mardi 22 juin 2021 à 15:01