Gaoual/Grogne des femmes: "Que le Gouvernement nous laisse profiter de notre or…"

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Gaoual
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GAOUAL- Très tôt ce mardi 22 juin 2021, des femmes de la commune urbaine de Gaoual sont massivement sorties, de manière soudaine, manifester leur colère contre une décision des autorités. Appuyées par des jeunes, les manifestantes exigent la réouverture de la mine d’or afin de permettre aux habitants de profiter de la richesse découverte récemment dans leurs zones.

Si les unes demandent à ce que leurs proches aient le droit d’exploitation, les autres dénoncent la chasse aux orpailleurs qu’elles considèrent comme des clients potentiels. Les manifestantes ont été dispersées à coup de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre. Par contre, les autorités préfectorales accusent des orpailleurs d’avoir distribué de l’argent aux femmes afin qu’elles manifestent pour l’ouverture de la          mine.

« Le Gouvernement veut nous tuer maintenant. Ils veulent que nos familles meurent de faim sinon, nous avons accepté la pauvreté, la souffrance, le chômage de nos maris et nos enfants. Aujourd’hui, l’or est là, mais les autorités décident de fermer la mine alors qu'on espérait du travail pour nos familles. Les autorités font du deux poids deux mesures. Ils permettent à certains d’exploiter dans la discrétion contre de l’argent. Nous, nous n’avons rien à proposer pour acheter des permis d’exploitation à plus forte raison acheter des machines ou payer des agents. Que les mines soient ouvertes pour tout le monde à défaut de les fermer de façon formelle pour tout le monde. C’est inadmissible que les uns venant d’ailleurs profitent et que les autochtones n'en trouvent rien. Dites à Alpha Condé, ce n’est pas vrai, les mines ne sont pas fermées. Ce sont les agents de sécurité et les autorités locales qui profitent. Le président ne doit pas attendre qu’il y ait des morts pour intervenir. Les agents nous ont violentés pour rien », témoigne F. Koumbassa qui accusé les forces de l’ordre d'avoir jeté des gaz lacrymogènes dans sa concession.

Cette autre femme qui gère un restaurant dans la commune urbaine, fustige la chasse aux orpailleurs. Avec la déferlante de mineurs dans Gaoual, son affaire avait commencé à prospérer. Hélas pour elle, l'embellie a été de très courte durée.

« Le marché avait presque fermé ici à Gaoual à cause de la crise et de l’exode rural, l’espoir est revenu avec la découverte de l’or. Les orpailleurs sont venus de partout louer même les cases, les chambres et même des vérandas. Les restaurants sont pleins chaque jour. Mais, les agents de sécurité sont venus les chasser, on nous interdit de les loger alors que ce n’est pas eux qui donnent la dépense à nos familles. Qu’on nous laisse profiter aussi. Nous ne demandons rien à personne, mais s’ils chassent ceux qui sont devenus des clients potentiels, on ne va pas accepter», persiste cette vendeuse de riz.

Interrogé par Africaguinee.com, un cadre de la préfecture accuse, à son tour, les orpailleurs d’avoir manipulé les manifestantes en leur distribuant de l’argent.

 « Les femmes n’agissent pas seules. Nous soupçonnons des orpailleurs de leur avoir donné de l’argent pour qu’elles organisent des manifestations en faveur de l’ouverture des mines. Jusqu’hier, les femmes ne disaient rien, c’est pourquoi nous sommes surpris par leur sortie », explique ce responsable administratif sous anonymat.

Joint au téléphone, un officier de gendarmerie qui était sur le terrain du maintien d'ordre, a précisé que la situation est sous contrôle. Il rejette les accusations selon lesquelles les agents ont jeté de gaz dans les concessions. 

Aux dernières nouvelles, la situation est sous contrôle dans la commune urbaine de Gaoual. Toutefois, des tirs sporadiques sont entendus alors que les citoyens sont terrés chez eux.

Alpha Ousmane Bah(AOB)

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le Mardi 22 juin 2021 à 17:54