Immigration clandestine: Mounir Diallo et ses amis périssent en méditerranée…

Libye
Mounir Diallo
Mounir Diallo

De nombreux jeunes guinéens, candidats à l'immigration clandestine vers l'Europe,  viennent de périr dans la méditerranée, route migratoire la plus meurtrière, selon l'ONU. La triste nouvelle est parvenue à leurs proches, restées en Guinée cette semaine.

L'embarcation de fortune a quitté la Libye la semaine dernière et a chaviré aux larges de la méditerranée faisant plusieurs morts. Parmi les victimes, il y avait au moins trois jeunes guinéens. C’est dans la consternation totale que Mamadou Diouldé Diallo, a appris le décès de son jeune frère Mounir Diallo, âgé d’une vingtaine d'années. Il témoigne :

« C’est lundi dernier aux environs de 23 heures que j’ai eu ses dernières nouvelles. Il ne m’avait pas dit qu’il allait s’embarquer. Le jour de son départ, c’est à mon jeune-frère qui se trouve à Dakar qu’il a laissé un message vocal pour lui dire qu’il allait prendre la mer aux environs de 3 heures du matin. Il a dit à ce dernier d’informer les membres de la famille. Il a laissé le numéro qu’il avait à un de ses amis se trouvant en Libye. Il a dit à ce dernier d’informer la famille quelques soit l'issue de son voyage. C’est cette personne qui m’a informé de son décès », relate  M. Diallo, sous le choc.

Mounir Diallo, jeune ferrailleur vivait depuis une année en Algérie où il se débrouillait dans le bâtiment. Mamadou Diouldé Diallo explique que son jeune frère s’est fait convaincre par un de ses amis de tenter la méditerranée pour rejoindre l'Europe.

« Il vivait en Algérie, il a rejoint la Libye récemment. C’est un de ses amis qui l’a poussé à partir là-bas en lui disant que le passage par la mer pour l’Europe est facile actuellement. Il a fait une année et travaillait dans les chantiers de construction comme ferrailleur. A la fin de chaque mois, il rapportait ses gains en Guinée en me disant qu’il n’y a pas de garantie là-bas. Avant d’aller en Libye, il ne nous a pas informé, c’est à son arrivé qu’il m’a appelé. Je lui ai demandé : et ton travail ? Il m’a dit qu’ils ont été chassés au chantier et qu’un de ses amis lui a dit d’aller en Libye comme le voyage clandestin marche dans ce pays. Chaque fois qu’il échangeait avec mon père, ce dernier lui disait de ne pas prendre la mer, il faisait des vidéos pour le sensibiliser », ajouté ce proche de Mounir.

 

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 16 juin 2021 à 21:52