Direct-Ruée vers l'or de Gaoual: journée décisive, l'Etat déploie l'artillerie lourde…

Guinée
Une rue de la ville de Gaoual
Une rue de la ville de Gaoual

GAOUAL- C'est une journée décisive qui commence à Gaoual, le nouvel eldorado guinéen, envahi par des chasseurs d'or venus des quatre coins du pays ! Le Gouvernement guinéen va annoncer ce jeudi 10 juin 2021, si oui ou non, il va fermer les gisements aurifères découverts dans la préfecture de Gaoual, qui fait face à une déferlante humaine sans précédent.

Dans la journée du mercredi 09 juin, le Gouverneur de Boké le Général Siba Seevrin Lohalamou a contredit son homologue de Labé, Madifing Diané, déclarant qu'aucune décision liée à la fermeture des mines n'est prise. Il a annoncé que les instructions du Gouvernement seront annoncées aujourd'hui par lui en personne en  tant que chef de la Région.

Jusque tard, dans la nuit du mercredi à jeudi 10 juin 2021, plusieurs pickups et de camions de l'armée de la gendarmerie se déployaient vers Gaoual. Un journaliste d'Africaguinee.com a pu constater même des bérets rouges du BATA (bataillons autonome des troupes aéroportées). Un meeting est annoncé aujourd'hui à Gaoual dans la foulée de l'installation du nouveau préfet.

Sur le terrain, l'annonce de la fermeture de la mine fait déchanter certains citoyens qui avaient commencé à faire de belles affaires. Djene Keita, vendeuse de riz à Labé a suivi les orpailleurs à Kounsitel où elle a installé un restaurant provisoire. Elle était bien partie quand elle a été freinée net dans son élan.

"Ça fait des années que nous n'avons pas vu un monde comme ça dans notre région. Je pense que cela remonte au dernier passage du Rallye-Paris-Dakar à Labé. J'ai  suivi les orpailleurs pour vendre du riz, réellement j'ai vendu en 4 jours. J'ai commencé par 15kilos, ensuite j'ai préparé un sac entier tout était fini en moins de 2 heures. Je m'apprêtais à augmenter le volume mais hier mais la mauvaise nouvelle est tombée. Je cherche à rentrer à Labé parce que les lieux se vident", regrette cette jeune dame.

Des fourgonnettes chargées de marchandises ont fait plusieurs allers et retours depuis que la ruée a commencé. Toute la marchandise s'écoulait rapidement, mais ce mercredi certains ont commencé à détaler.

Aliou Diallo est désemparé : "Nous sommes vraiment désespérés après quelques jours d'émulations. Ce matin le coffre est plein comme au départ, les jus, les pains, les œufs. Les orpailleurs ne mangent pas aujourd'hui, ils ne sont pas contents parce que la mine a été fermée. Nous aussi on n'est pas contents, parce que nos affaires ne marchent pas".

Aissatou Sidibé vend du riz et du haricot au centre-ville de Gaoual. Elle est entourée par un nombre important d'orpailleurs qui comptent quitter la ville après avoir fini de manger. Elle exprime  son regret. "On souhaitait que le monde venu chez nous reste pour toujours ici. Nous déplorons leur départ contre leur gré eux-mêmes. On commençait à devenir une famille. Ils payent beaucoup chez nous. Ils viennent tout faire ici, ils viennent de nous dire au-revoir. Avec eux  pas d'invendu. On regrette leur départ", déplore-t-elle.

A suivre…

 

Depuis Gaoual, Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

 

Créé le Jeudi 10 juin 2021 à 12:26