Guinée : nouvelle violation de la Constitution !

Guinée
Alpha Condé, président de la République de Guinée
Alpha Condé, président de la République de Guinée

CONAKRY- La Constitution vient d’être une nouvelle fois violée. Avec la parité comme objectif politique et social, l’ossature du nouveau Gouvernement est astreinte à la parité. Pour l’application de cette disposition constitutionnelle, il ne fallait pas compter sur le Président et son Premier ministre qui, à bien des égards, donnent l’impression que ‘‘les lois sont faites pour être violées’’. 

Avec 36 départements, la composition du nouveau Gouvernement devrait obéir à l’article 9 de la Constitution qui consacre « la parité homme/ femme, objectif politique et social ». Et dispose que « le Gouvernement et les assemblées des organes délibérants ne peuvent être composés d'un même genre à plus des deux tiers (2/3) de leurs membres ».

L’on se rend compte que le nouveau Gouvernement compte 27 hommes alors qu’il ne devrait y avoir que 24, au maximum. Au total, il n’y a que 9 femmes alors qu’il devrait y avoir 12, au minimum. Vice-versa. 

Sur le plan de la parité, la présidente de l’ONG « Pas Sans Elles » estime que le nouveau Gouvernement est anticonstitutionnel. 

« Malheureusement, la loi fondamentale du pays n’est pas respectée. Actuellement, le Gouvernement est anticonstitutionnel. En Guinée, on a toujours des textes de loi qui qui sont très bien. La nouvelle constitution fait une part belle aux femmes. Le Code civil aussi a amélioré les droits des femmes. Les reformes menées par notre pays dans le cadre de la parité homme/femme ont été saluées au niveau international, dernièrement dans un rapport de la Banque Mondiale. Les lois existent, mais ne sont pas appliquées. (…). A notre niveau, on se rend compte que la dénonciation c’est bien, mais l’impact est minime. Nous pensons qu’il faut mettre des instances qui prennent en compte toutes les parties prenantes qui vont à chaque fois rappeler au respect de la parité. Au-delà du rappel, pouvoir proposer des CV des femmes parce qu’on parle souvent de l’invisibilité des femmes alors qu’elles sont et ont fait leur preuve. Il faut qu’on puisse aussi avoir un mécanisme plus pérenne où on a une base de données des CV des femmes à tous les niveaux et qu’à ce moment, le gouvernement puisse voir celles qui sont capables de pourvoir aux postes », propose Mme Cissé Maïmouna Diakhaby. 

Ce n’est pas la seule disposition constitutionnelle qui a été violée. Conformément à l’article 49 qui stipule que 48 heures après son investiture, le Président de la République remet au Président de la Cour constitutionnelle la déclaration faite sur l’honneur de ses biens. Cela s’applique également au président de l’Assemblée nationale, aux premiers responsables des institutionnelles constitutionnelles, aux membres du gouvernement, au gouverneur de la banque centrale et aux responsables des régies financières de l’Etat. Pourtant, le 13 novembre 2020, Alpha Condé avait pris un décret précisant les personnes assujetties à la déclaration des biens.  L’ont-ils fait ? Rien n’est moins sûr ! 

 

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le Samedi 01 mai 2021 à 13:52