Fermeture "annoncée" de cimetières : Que va faire la mairie de Ratoma ?

Conakry
Issa Soumah, maire de Ratoma
Issa Soumah, maire de Ratoma

CONAKRY-La fermeture annoncée des cimetières de Bambéto et Kaporo-Rails continue d'inquiéter les habitants des zones concernées.  Au-delà du tapage médiatique et de l'indignation que cette annonce a suscitée, ils se demandent où vont-ils enterrer leurs morts pendant la période de fermeture, estimée à deux semaines, si l'on en croit au ministre de la Ville.

La question est d'autant préoccupante que même la mairie de Ratoma dit n'avoir pas été saisie par les autorités sur cette décision, alors que la fermeture est fixée le 10 mai 2021. Si cette mesure de fermeture arrivait à être mise à exécution, c’est en tout 5 à 6 quartiers de Ratoma, qui n’auront pas où enterrer leurs morts. A moins qu'ils n'aillent ailleurs. Ce sont :  Koloma 1 et 2, une partie de Dar es Salam, Hamdallaye mosquée, une partie de Kaporo et Koloma Soloprimo.

Face à cette situation, Africaguinee a interpellé la mairie de Ratoma pour savoir si des dispositions éventuelles sont envisagées. Mais d’après un conseiller communal, interrogé ce mardi, la marie n’a pour le moment pas pris des initiatives allant dans ce sens car la mairie n’a pas été officiellement saisie.

 « Il est difficile pour la mairie de prendre des initiatives du moment où elle n’a pas été officiellement saisie par le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire qui a annoncé la fermeture des cimetières, ce serait donc difficile pour la mairie de s’en mêler » a déclaré M. Cellou, conseiller communal.

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Néanmoins, les citoyens des quartiers concernés, les imams ont rencontré le maire et même aujourd’hui une rencontre est prévue a-t-il enchainé. « Mais, le maire ne peut que dire aux imams de rencontrer la ligue islamique communale puisque c’est elle qui a transmis le courrier du ministère. Lorsque la mairie sera saisie officiellement, peut-être que la question pourrait être débattue en session du conseil communal. Mais en attendant, c’est extrêmement difficile pour la mairie de prendre une quelconque initiative. Parce que, même s’il y a eu des courriers que nous avons vus mais qui n’ont pas été adressés à la mairie, on prend ça dans le cadre des rumeurs » souligne Cellou Diallo.

Pour lui, la démarche du ministre Dr Ibrahima Kourouma, en tant que telle, viole le code des collectivités locales, articles (34 et 35). La logique voudrait donc qu’il s’adresse à la mairie d’abord pour tout acte qu’il compte réaliser sur un domaine se trouvant dans la commune.

« Si le ministère a besoin de faire des actes sur un espace se trouvant dans la commune de Ratoma, le minimum à faire c’est d’adresser un courrier officiel à la mairie encore que la loi sur les collectivités Locales dit que c’est les mairies qui ont la charge de gérer les cimetières » rappelle souligne le conseiller.

Plus loin, nous avons tenté de savoir auprès du secrétariat général aux affaires religieuses sur ce qui est envisagé au cas où la décision du ministre de la ville rentrait en vigueur, pour toute réponse, Elhadj Aly Jamal, a laissé entendre que des démarches sont en cours. « Nous sommes en train de mener des démarches là-dessus, je ne peux pas vous dire plus » a-t-il déclaré.

 

Siddy Koundara DIALLO

Pour Africaguinee.com

Tél. : (00224) 664-72-76-28

Créé le Mercredi 28 avril 2021 à 13:49