Fangada Kourouma : "Mon unique fils Abdoulaye a été tué par des militaires…"

Kouroussa
Fangada Kourouma, parent d'une victime des manifestations à Kouroussa
Fangada Kourouma, parent d'une victime des manifestations à Kouroussa

KOUROUSSA-Abdoulaye Kourouma, 24 ans et Moussa Keita, 20 ans, ont été tués samedi 17 Avril 2020, dans la commune urbaine de Kouroussa, en marge des heurts qui ont secoué cette ville aurifère. Leurs parents accusent des militaires venus de Kankan, d’avoir ouvert le feu sur leurs enfants. Ces meurtres laissent derrière des douleurs intenses. Rencontrés ce dimanche 18 avril, les proches des victimes étaient dans une profonde consternation. Ils expliquent les circonstances dans lesquelles ces deux (2) jeunes, à la fleur de l’âge ont été tués.

"J'ai reçu un appel des jeunes, m'informant que mon fils Abdoulaye a été tué par les militaires et que son corps se trouve sur le toit d'une maison. Arrivé, j'ai vu le sang de mon fils couler de partout. J’ai cherché à récupérer son corps, mais les militaires sont revenus nous chasser. J’ai couru pour rentrer dans une maison et me cacher. Quelques heures après, les jeunes ont pu récupérer le corps de mon enfant.

Je suis abattu, parce que mon fils a été tué par balle. Il a reçu une balle en pleine poitrine. Quand j'ai regardé son corps, j’étais meurtri de douleurs. C'est le seul fils que j'avais, mais les méchants lui ont ôté la vie", a expliqué Fangada Kourouma.

Les parents de ces deux jeunes tués demandent justice et que les auteurs de ces assassinats soient punis. " Nous demandons simplement à la justice de faire la lumière sur cette affaire de meurtre de nos enfants, qu’elle nous montrer les militaires qui ont tué nos fils. Sinon nous n’allons pas pardonner. Ce sont des actes très horribles qu’on ne devrait pas voir dans notre cité ", lance pour sa part M. Adama Keita. Les deux victimes ont été inhumées, ce dimanche 18 Avril 2021, dans la commune urbaine de Kouroussa.

Interrogé sur ces violences, le préfet de Kouroussa Souleymane Keita, a qualifié les jeunes orpailleurs qui manifestaient de bandits et de drogués. « Je qualifie ces jeunes orpailleurs de bandits et de drogués. Des personnes normales ne peuvent pas détruire de la sorte les biens de l'État. Les jeunes qui évoluent dans nos mines ici, sont pour la plupart des drogués. Mais c'est l'État qui est fort », a martelé le préfet qui avait pourtant fui sa maison.

De retour de Kouroussa, Facély Sanoh

Correspondant régional d’Africaguinee.com

Basé à Kankan

Créé le Lundi 19 avril 2021 à 18:53

TAGS