Violences électorales de mars 2020 : Cécé Loua, Fassou Goumou et cie "condamnés"…

Nzérékoré
Des militants du FNDC condamnés à Nzérékoré
Des militants du FNDC condamnés à Nzérékoré

NZEREKORE-Le verdict du procès des présumés auteurs des violences électorales des 22 et 23 mars 2020 à Nzérékoré a été rendu ce vendredi 9 avril 2021 au tribunal de première instance de Nzérékoré. Plusieurs membres du FNDC (front national pour la défense de la constitution) ont été condamnés, mais libres.

Au total, ils sont 43 accusés poursuivis entre autres pour :  complicité de meurtre, incendie volontaire, enlèvement de personnes, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires, destruction de biens publics et privés, des lieux de culte et d’habitation, détention, port et utilisation illicite d’armes légère et de leurs munitions.

Après plusieurs jours de procès, certains parmi les accusés ont été renvoyés des fins des poursuites faute de preuve. Cependant, plusieurs membres du FNDC, notamment Cécé Loua, ancien maire de Nzérékoré, fédéral de l'UFR à Nzérékoré, Job Lucas Kpoghomou, coordinateur du FNDC à Nzérékoré, Cécé Théa, vice coordinateur du FNDC, Fassou Goumou, dissident du RPG et leurs camarades de lutte ont été déclarés coupables des faits d’incitation, de complicité, de participation délictueuse à un attroupement. Ils ont été condamnés à un an de prison assortis de sursis et au payement d’une amande d’un million de francs guinéens chacun. Ce qui veut dire qu'ils sortent libres. Interrogé, Cécé Gbocé Loua a témoigné.

 « Cet après-midi, je suis très heureux que nos droits soient dits. Même si c’est dit de manière bancale en nous condamnant à un an de sursis. C’est-à-dire au temps mis en détention, depuis avril 2020. Je suis très heureux cet après-midi d’être blanchi par la justice. C’est le lieu de remercier le Tribunal qui a commencé à dire la loi. On avait peur quand on venait mais heureusement, ils ont eu le courage dire la vérité. Aucune preuve n’a été retenue contre nous. Vous avez suivi le procureur hier à la barre. Lui-même a dit :  je ne trouve pas de preuve contre Cécé Loua et ses amis. Donc, c’est déjà une honnêteté morale.

L’année de sursis qu’on nous a collé là, nous on ne fait pas appel. Politiquement, ça va nous interdire de parler durant un an, mais ce n’est pas grave. Nous remercions le parquet, le tribunal, pour cette franchise et cette vérité qu’ils ont dit à notre égard. On nous avait traités de mercenaires, on nous avait traités de rebelles venus du Libéria, de criminels. Est-ce-que moi Cécé Loua et ces amis nous sommes des criminels ? Je dis non. C’est ce que la loi vient de dire», a confié Cécé Gbocé Loua ajoutant qu’il a perdu 418.000.000 Gnf pendant qu’il était en prison.

« Moi j’ai perdu jusqu’à 418.000.000 Gnf quand j’étais en prison. Mon gérant s’est enfui avec cet argent. Nous nous remettons à la sagesse de Dieu, et nous le prions pour que cela ne se répète plus dans ce pays-là. Qu’on accuse des personnes innocentes, laissé des coupables dans des bureaux ».

Pour sa part, Maitre Félix Mathos, l’un des avocats de la défense s’est également indigné du verdict. Selon lui, ses clients devaient être simplement libérés.

« Ce sont des décisions surprenantes parce que le sursis, c’est une condamnation. Ça salit le casier judiciaire. Les faits qu’on a imputé à mes clients, ne sont pas des faits constitués. C’est pourquoi à la barre, le procureur était obligé de requalifier les faits. Dans ses réquisitions, il a dit que ce ne sont pas des faits criminels, mais correctionnels », a dit maitre Mathos.

Une dizaine de personnes a été condamnée à 5 ans de prisons par défaut. A rappeler que les violences du double scrutin législatif et référendaire, ont causé la mort d'une trentaine de personnes selon un bilan officiel. Plusieurs dégâts avaient été enregistrés dont l’incendie de plusieurs lieux de culte. Après ces évènements, plusieurs personnes ont été arrêtées puis déférés à Kankan. C’est après l’implication des sages de la préfecture que 35 des 43 détenus avaient été libérés puis mis sous contrôle judiciaire.

SAKOUVOGUI Paul Foromo

Correspondant régional d’Africaguinee.com

A Nzérékoré.

Tél:  (00224) 628 80 17 43

Créé le Vendredi 09 avril 2021 à 23:07