Nouvelle condamnation de l'Algérie par le HCDH sur les violations des droits de l’homme

Afrique

L’Algérie vient de recevoir une communication urgente de la part du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) sur les allégations des exécutions extrajudiciaires de deux réfugiés sahraouis par les forces de sécurité algériennes dans un site minier au sud de la ville algérienne d’Auinet Balakraa.

Cette affaire remonte au 19 octobre 2020 lorsque deux jeunes réfugiés sahraouis ont été surpris par une patrouille de l’armée algérienne en train de chercher de l’Or dans un site minier, situé à proximité du camp de Dakhla, au sud de la ville algérienne d’Auinet Balakraa. Des sources avaient indiqué que la patrouille algérienne avait fait recours à des armes à feu pour arrêter les deux jeunes orpailleurs sahraouis, ces derniers se seraient précipités dans une tranchée de six mètres de profondeur, craignant d’être tués.

Cependant, la patrouille militaire algérienne aurait mis le feu dans la fosse minière à l’aide de couvertures imbibées d’essence et aurait quitté le lieu sans se soucier du sort des deux réfugiés. Ces derniers ont malheureusement perdu la vie des suites de brûlures graves.  

Cet incident barbare, avait déclenché une série de manifestations dans le camp de Tindouf où les réfugiés ont demandé justice pour les deux jeunes sahraouis brûlés vifs, d’autant plus qu’aucune enquête n’aurait été ouverte sur les circonstances de ce drame par les autorités algériennes.

C’est dans ce contexte, que trois rapporteurs spéciaux du HCDH ont récemment saisi, par une lettre, le régime algérien non seulement sur cette affaire, mais également sur des violations qui semblent s’inscrire dans une tendance plus générale de violations systématiques qui auraient été commises par les forces de sécurité algériennes à l’encontre des réfugiés sahraouis et des mineurs migrants.  

Les familles des réfugiés sahraouis craignent d’ailleurs des représailles en raison de l’usage excessif de la force par les forces de sécurité algériennes à l’encontre des réfugiés sahraouis et des mineurs migrants, et ce, dans un contexte de vie quotidienne marqué par la précarité, la malnutrition et l’absence d’opportunités économiques pouvant améliorer les conditions de vie des réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf, au sud de l’Algérie.

Les trois rapporteurs du HCDH ont ainsi exprimé dans la communication envoyée aux autorités algériennes, leurs vives préoccupations quant aux exécutions extrajudiciaires de deux jeunes sahraouis, l’usage excessif de la force contre des mineurs migrants, l’absence d’enquêtes et de poursuites judiciaires. Ils ont, à cet effet, incité l’Algérie à mener des enquêtes sur tous les abus et les violations des droits de l’homme dans les camps de Tindouf, ainsi que sur l’incident cruel, ayant entraîné la mort des deux jeunes réfugiés sahraouis.

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De manière qu’il demeure de la responsabilité des trois rapporteurs spéciaux du HCDH, conformément aux mandats qui leurs sont confiés par le Conseil des droits de l’homme, les intéressés ont sollicité dans leur lettre la coopération du gouvernement algérien pour tirer au clair les cas qui ont été portés à leur attention.  C’est pourquoi, les trois rapporteurs ont exigé au pouvoir algérien de leur fournir, dans un délai ne dépassant pas les 60 jours : des informations complémentaires en relation avec les allégations susmentionnées ; les enquêtes ouvertes ou qui vont éventuellement être diligentées sur cette affaire ; les mesures adoptées pour assurer le plein respect des droits des familles (indemnisation et des garanties de non-répétition) ; les mécanismes de plainte indépendants qui sont à la disposition des réfugiés autres personnes résidant dans les camps de Tindouf ; les mesures prises par le gouvernement algérien pour prévenir et enquêter sur l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre ; et les mesures spécifiques prises par les autorités algériennes pour atténuer les effets disproportionnés qui peuvent avoir les mesures d’urgence face à la Covid-19 sur les groupes vulnérables, en particulier les migrants et les réfugiés.

De toute évidence, le courrier envoyé au pouvoir algérien par les trois rapporteurs du HCDH, vient pointer encore une fois la responsabilité du gouvernement algérien sur les multiples violations des droits de l’homme commises à l’encontre des réfugiés sahraouis et aux mineurs migrants à Tindouf, au sud de l’Algérie.

Créé le Jeudi 08 avril 2021 à 16:30

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