Modèle de réussite: Diawo Baldé, de la vie estudiantine à celle d'entrepreneur

Dubreka
Diawo Baldé
Diawo Baldé

DUBREKA-Son parcours est un cas d'école ! Arrivé à Dubreka en 2005 dans le but de poursuivre ses études supérieures après l'obtention de son bac et le concours, au célèbre lycée Wouro de Labé, Diawo Baldé, qui brulait d’envie d’être journaliste depuis le collège, s'est vu peu à peu tirer vers un autre destin. Ce jeune natif de Labé, a une histoire atypique. Le hasard et peut-être même le destin a tiré cet amoureux du micro vers l’entreprenariat.

Au départ, c’était juste pour assurer la survie de l’étudiant qu’il était. Les nombreux échecs ont failli pourtant prendre le pas sur ses premières tentatives. Mais très vite, il réussit à capitaliser et transformer les difficultés en opportunité de succès. Patient et modeste qu'il est, l’étudiant qui a commencé son activité par une tonne de ciment et demie, a très vite élargi son champ d’activités. De la vente de matériaux de construction jusqu’aux scieries de bois, le jeune entrepreneur est devenu un modèle dans la cité Soumba Toumany. Son entreprise "Diawo et Frères construction" emploie des centaines de jeunes à Dubreka. Africaguinee.com l'a rencontré.  

« J’ai commencé dans l’entreprenariat avec 30 sacs de ciments alors que j’étais encore sur les bancs de l’ISAG ici à Durbreka. Le début a été un peu difficile pour moi. J’ai fait 2 mois sans pouvoir écouler les ciments. Heureusement que je ne me suis pas découragé. Je me disais que l’essentiel pour une entreprise c’est l’accueil. Je me suis engagé dans ce sens. Je me suis dit quiconque viendra dans mon entreprise ne sera pas vexé, il va rentrer satisfait afin qu’il me ramène d’autres clients le lendemain. C’est comme ça que tout est parti. Au fur et à mesure, j’ai commencé à vendre peu à peu et aller m’approvisionner de nouveau en fonction de mes moyens. Je le faisais cumulativement avec mes cours à la Fac. C’est pendant mes heures libres que je venais exercer la vente du ciment aux propriétaires des chantiers. Petit à petit j’ai élargi mes relations avec le bon accueil que je réservais à mes clients», explique Diawo Baldé.

La patience doublée d'abnégation a fini par payer. L'étudiant qui rêvait d'être journaliste a fini par devenir entrepreneur. Pourtant rien n'était gagné d'avance.  Quel est son secret ? "L'Honnêteté a fait sauter le verrou de toutes les difficultés", assure-t-il. Son fournisseur conquis par ses qualités, a fini par lui restituer la monnaie au moment où il s'attendait le moins. L’heure de l’ascension a sonné et la chaine de ses activités s’est très vite élargie. Ce n'est pas les opportunités qui manquent. Dubréka, une ville en chantier, était propice à son essor.

« Quand j’ai évolué un peu dans la vente du ciment, j’ai tenté de me lancer dans les fers à béton, mais en réalité je n’avais pas les moyens qu’il faut pour avoir une quantité importante de fer à béton. Néanmoins j’ai trouvé 1.500.000 Gnf pour faire une petite commande. Le fournisseur s’est trompé pour me déposer une quantité dont la valeur dépasse 15 millions GNF. Avec mon collaborateur, nous avons compté et recompter, je me suis rassuré que la quantité fournie dépassait largement la commande. J’ai appelé le fournisseur pour l’informer afin qu’il vienne reprendre le surplus. Parce que je n’avais les moyens de payer tout ça. Surpris de ce que je lui ai dit, il me dit : Diawo des personnes comme toi sont rares dans ce pays. Avoir peur de manger ce qui appartient à quelqu’un. Du coup, il me dit : je te laisse toute la quantité, tu me ramène mon argent. Ce qui fut fait, j’ai ramené le montant, j’ai pu éponger le tableau. J'ai commandé encore à la hauteur de mes moyens. Mon fournisseur m'a dit que ma commande est petite. Il m'obligea de prendre une importante quantité.  J’ai hésité au départ. Comprenez ma réticence étant pauvre, on a peur de toucher à de gros montants appartenant à quelqu’un. Mais le déclic est parti de là. Ça été l’ouverture pour moi. Il m’a envoyé 20 tonnes de fer à béton, c’est comme ça que c’est parti avec la volonté de Dieu » se souvient Diawo Baldé.

Bien qu'il ait eu une ascension fulgurante dans l'entreprenariat, le jeune Baldé ne s'est détourné de ses études. Il obtient avec brio, son Diplôme de fin d’étude en Administration des établissements culturels et production artistiques.

Bien accueillir la clientèle

Désormais libre de toute charge liée aux études, il s'est entièrement consacré au business. D’années en années, il a élargi son champ d’activité. Aujourd'hui, son entreprise emploie des centaines de jeunes.  Mackiou Sidibé est l’un des employés de Diawo et frères construction. Il témoigne :

« Dans l’entreprise ici, chaque employé connait son rôle quand il arrive le matin. Nous sommes nombreux, mais il n'y a aucun conflit de compétence. De la vente du ciment, au fer à béton en passant par la peinture, la scierie des madriers pour les toitures, les contreplaqués, les vernis… tout se passe dans les règles de l’art. Des vendeurs, des comptables, des contrôleurs même des transporteurs, des menuisiers qui scient les bois il y a tout ici. Chaque employé sait ce qu'il doit faire ça. Notre patron nous a demandé une seule chose à l’endroit des clients : c’est de bien les accueillir et faire le travail à leur satisfaction. Et se rassurer surtout qu’ils sont satisfaits avant de les laisser partir", témoigne cet employé de Diawo et frères construction.

Diao Baldé est devenu un modèle de réussite pour toutes les couches et son carré de fidèles s’agrandit dans la Commune urbaine de Dubreka où il est adulé dans la communauté pour son honnêteté et son souci obstiné de satisfaire sa clientèle. Rentrée d’Europe pour investir au pays, Hadiatou Baldé a eu le bonheur de croiser sur son chemin Diawo Baldé. Son témoignage est édifiant.

Brave et accueillant

 « Les premiers contacts avec Diawo, je me rappelle je venais d’arriver à Dubreka dans le cadre de mon projet d’hôtel. Il était l’un des premiers à s’installer ici comme vendeur de matériaux de construction.  À mes débuts de travaux ici pour mon Hotel restaurant HB, il a été mon tout premier fournisseur. Jusqu’à présent il reste le seul. C’est un jeune très brave et accueillant. Je l’ai vu évoluer depuis une quinzaine d’années. Il mérite les encouragements des uns et des autres pour parrainer d’autres jeunes dans l’entreprenariat. A travers son bon comportement, nous continuons à entretenir des bonnes relations », témoigne madame Baldé.

Mme Hawa Barry présidente du conseil de quartier de Negueya dans la commune urbaine de Dubreka, renchérit. Elle découvert ce jeune entrepreneur depuis qu'il était étudiant dans cette ville. «Diawo Baldé est devenu un fils de Dubreka à cause de son ouverture. Il aide tout le monde maintenant, sinon c’est un étudiant qui était venu à Dubreka. Il emploie beaucoup de jeunes dans son entreprise aujourd’hui qui arrivent à prendre des familles en charge. Il lutte à sa façon contre le chômage et la pauvreté. C’est un homme exemplaire, un modèle pour nous », dit-elle.

Citoyen d'honneur qui aide à avancer les choses à Dubreka…

Au-delà de simples citoyens, Diawo Baldé ne passe pas inaperçu dans le cercle administratif. Là également, il fait bonne presse. Il traite avec tout le monde avec respect et professionnalisme. Ce qui lui vaut une certaine notoriété dans la zone de Dubreka et environs. Honorable Docteur Cissé Fodé Abass, médecin-neurologue et député uninominal de Dubreka considère Diawo comme un citoyen d’honneur qui aide à faire avancer les choses dans sa circonscription.

« C’est quelqu’un qui est venu à Dubreka, qui a aimé la ville pour s’y installer. Il contribue à tout également. Il est parti de zéro après l’ISAG pour devenir ce qu’il est aujourd’hui dans un environnement où des jeunes de sa génération disent qu’il n’y a pas d’opportunité et donc il faut emprunter le chemin de l’Europe ou aller rester chez un oncle à Conakry. Il a réussi à imposer sa marque, il a réussi à mettre en place, dans un environnement plutôt hostile dans des conditions drastiques, une entreprise qui marche. C’est un modèle qu’il faut vendre aux jeunes de Dubreka et à tout le pays » indique le député uninominal de Dubreka.

Un combattant qui n'a pas attendu l'aide

Elhadj Alseny Bangoura, maire de Dubreka est aussi marqué par l’ascension positive de Diawo Baldé. « Le jeune est venu ici avec un objectif ferme de réussir. C’est un combattant qui n’a pas attendu l’aide de quelqu’un ou de ses parents même pour évoluer. Il a démarré sur des bases simples pour réussir ce qu’il est aujourd’hui. Je l’ai vu à l’œuvre. Ce garçon en train de se battre, aujourd’hui il est la fierté de notre commune", confie ce responsable communal local.

Originaire de Dubreka, le directeur général de l’ANAFIC, Alhassane Touré Aminata, a aussi vite remarqué Diawo dès leur premier contact. Une amitié solide s’est nouée entre eux depuis, à cause du sérieux du jeune Baldé, devenu un symbole à Dubreka : « il est très entreprenant ce jeune Baldé. Il n’a pas attendu la fonction publique. Nous l’avons tous vu progresser ici. Il a une grosse boite de commerce de nos jours où il a beaucoup d’employés. Ceux qui construisent à Dubreka presque tous s’approvisionnent chez lui ici. Il joue presque le rôle d’une banque, il accorde suffisamment de prêts à travers les matériaux de construction qu’il cède, il donne des échéances pour payer, voici un avantage », témoigne M. Touré.

Avocat à la cour, maitre Valentin Mansaré ne s’est pas privé de se rapprocher de Diawo Baldé après avoir entendu parler de lui dans Dubreka. Il magnifie les qualités du jeune entrepreneur. « J’ai connu Diawo Baldé il y a de cela 5ans. C’est un jeune courtois, généreux et serviable. Beaucoup ont construit à Dubreka ici c’est grâce à lui Diawo. Il permet aux gens de venir prendre du matériel jusqu’à 15 millions, vous remboursez selon vos moyens. C’est comme ça que j’ai particulièrement construit ici à Dubreka, grâce à Diawo. Voyez-vous combien de fois il est utile à notre société à Dubreka. Il a fait évoluer l’entreprenariat local, il se distingue carrément des autres jeunes. Il est évident que c'est un employeur des jeunes de Dubreka. Nous demandons à l’Etat de l’appuyer pour élargir son entreprise », formule cet avocat au barreau de Guinée.  

Courtois, généreux et serviable

Michel Kalivogui, chef de centre EDG Dubreka abonde dans le même sens.  « J’ai connu Diawo il y a près de 10 ans à travers un ami. J’ai compris que je peux être un bon client pour lui. Il m’orientait à des endroits proches de mon chantier pour m’éviter les frais de transport. Voyant le souci qu’il a pour moi, je lui ai dit que malgré la distance je viendrai chez lui. Je lui resterai fidèle même s’il faut louer des camions pour envoyer mes matériaux parce que la qualité du service qui est là me convient. Il a réussi à canaliser beaucoup de jeunes qui étaient inoccupés autour de lui en les employant, sinon ils seraient partis comme des migrants. Diawo c’est un modèle », résume ce fonctionnaire d'EDG à Dubréka.

Aujourd’hui avec le désenclavement numérique et les nouvelles technologies, l’entrepreneur s’offre des moyens pour être en contact permanent avec ses travailleurs et contrôler au mieux son entreprise. Devenu un citoyen d’honneur de la cité de Soumba Toumany, Baldé n’oublie pas pour autant son Madina natal, un quartier de la commune urbaine de Labé où les traces de ses largesses sont visibles. Il déborde d’énergie et les projets se bousculent dans sa tête. Il compte se lancer très prochainement dans l’industrie, l’agriculture et l’élevage.

Alpha Ousmane Bah(AOB)

De retour de Dubreka

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45

Créé le Vendredi 26 mars 2021 à 2:18