Conakry: "fin tragique" d'Abdoul Mariga rapatrié de force de la Suisse…

Guinée
Feu Abdoul Mariga
Feu Abdoul Mariga

CONAKRY- C’est une démarche pour le moins rarissime, mais le cas est tragique. Apres avoir passé 10 ans en Suisse, Abdoul Mariga de nationalité guinéenne a été renvoyé en novembre 2019 à Conakry. Il y est décédé à l’âge de 31 ans, le 17 octobre 2020, à Conakry “des suites d’une maladie qui n’a pas pu être soignée faute d’argent”, selon le média suisse Lematin.ch. L'indifférence des autorités suisses est aujourd'hui pointée du doigt par plusieurs ONG suisses. 

Suite au décès du guinéen qu’elles imputent, en partie, au renvoi de celui-ci en 2019, des ONG suisses dont le collectif Droit de Rester Vaud ainsi que plusieurs autres organisations similaires à Neuchâtel, Fribourg et Genève ont “envoyé un faire-part de décès à tous les parlementaires à la veille de la session de printemps des Chambres fédérales”. C’est une démarche pour le moins rarissime, mais le cas est tragique. Il pourrait être un cas d'école.

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En hommage au défunt, une intervention parlementaire pour modifier la pratique du Secrétariat d’État aux Migrations (SEM) en matière de régularisation est souhaitée. L’objet de cette action est d’interpeller le Conseil fédéral sur «les pratiques opaques», qui ont abouti à refuser au Guinéen son autorisation de séjour, contrairement au préavis favorable du canton. 

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«Là-bas, il n’avait plus de famille. Il s’est retrouvé seul à Conakry sans logement et rapidement désargenté. Il a survécu sur place grâce à son dernier salaire du CHUV, puis grâce à l’aide privée d’amis avec qui il était resté en contact. Ses conditions de vie étaient très difficiles et il n’a pas pu avoir accès aux soins médicaux. Il a été hospitalisé alors qu’il se trouvait au plus mal et est décédé quelques jours plus tard, seul, sans l’accompagnement d’aucun proche», selon le collectif Droit de rester Vaud.

Après 10 ans de séjour en Suisse, selon ceux qui l’ont connu, Mariga s’était intégré de façon «remarquable», «exemplaire» et «exceptionnelle».

 Agé de 18 ans lorsqu’il était arrivé en Suisse, le jeune Mariga “avait pris des cours de rattrapage, puis avait suivi une formation au sein du CHUV, où son travail et sa personnalité étaient "appréciés”.

Africaguinee.com

Créé le Mercredi 03 mars 2021 à 22:35