Tibou Kamara : « Il n’y a jamais eu une procédure contre la Ministre Zénab Dramé… »

Guinée
Tibou Kamara, Ministre d'État, Ministre de l'Industrie et des PME
Tibou Kamara, Ministre d'État, Ministre de l'Industrie et des PME

CONAKRY- Il avait presque gardé le silence jusque-là ! Tibou Kamara vient de faire quelques révélations sur un dossier qui a fait grand bruit à Conakry.

Le Ministre d’État chargé de l’industrie et des PME a levé un coin du voile sur l’affaire du prétendu détournement de 200 milliards de francs guinéens dont sa collègue Zénab Nabaya Dramé a été accusé.

Je ne suis pas d’accord avec Damaro…

Répondant aux questions de nos confrères de « Djoma Média », le Ministre d’État conseiller personnel du Président de la République, a tout d’abord regretté la sortie du Président de l’Assemblée Nationale sur cette affaire.

« Si à chaque fois qu’un Ministre est accusé à tort ou soupçonné à tort il faudrait le renvoyer, il n’y aura plus de Ministres et il n’y aura plus personne pour les remplacer. Parce que nous sommes dans un pays où chacun de nous vit dans la suspicion permanente. Il ne peut pas y avoir de vérité à partir de l’opinion exprimée par certains ou du veux d’autres personnes », a lancé Tibou Kamara avant de répondre au Président de l’Assemblée Nationale qui avait fustigé la prise du communiqué par le Gouvernement guinéen.

« Je ne suis pas d’accord que le Président de l’Assemblée ne soit pas d’accord avec le communiqué issu d’un conseil des Ministres. C’est sa liberté, mais ce n’est pas son droit parce que sa liberté lui donne la possibilité de s’exprimer sur n’importe quel sujet d’actualité et de donner son opinion. Mais je viens de dire que le Président de la République sait que nous devons exprimer nos points de vue parce qu’en notre sein, chacun est absolument libre notamment pendant les conseils de Ministres. Sur n’importe quel sujet, chacun peut donner son point de vue, le débat est ouvert, il est libre, que ce soit avec le Premier Ministre ou le Président de la République. Les décisions issues du conseil des Ministres c’est toujours après un débat ouvert et libre. Si nous constatons qu’il y a un consensus tout le monde est solidaire à la décision. Lorsque c’est la majorité, là aussi tout le monde est solidaire à la décision. Dans ce cas précis, le débat a été ouvert en conseil des Ministres, le sujet a été évoqué par le Président de la République parce que tout le monde a dit que c’est par le Président de la République que le scandale est arrivé. Il a voulu donc rétablir la vérité des faits en expliquant qu’il est surpris qu’à partir du travail au sein du Gouvernement qu’il y ait un travail de suivi et de contrôle parce qu’en notre sein beaucoup de choses se passent mais ça ne veut pas dire nécessairement que c’est ce que vous dites qui se passent en notre sein. Donc le Président de la République a été indigné par les soi-disant scandales », a précisé le Ministre d’État Tibou Kamara.

Il n’y a jamais eu de procédure contre la Ministre Zénab Nabaya Dramé…

Contrairement aux rumeurs qui ont circulé à Conakry, aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre la Ministre de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi. La précision a été donnée par Tibou Kamara qui a par la même occasion démenti une autre allégation.

« Je démens formellement l’information selon laquelle la décision de prendre le communiqué au nom du Gouvernement n’a pas été prise au conseil des Ministres. Je suis même surpris parce qu’indépendamment du communiqué qui a été fait par le Premier Ministre à la demande du Président de la République, et avec le consentement de l’ensemble des ministres qui ont eu l’occasion de s’exprimer sur le sujet parce que le débat a été ouvert et il était public en notre sein, le conseil des Ministres de ce jour a été sanctionné par un communiqué. Dans ce communiqué, il a été fait mention du commentaire du conseil des Ministres sur cette question qui a été évoquée dans les débats ensuite le communiqué le Gouvernement a pris acte de la version que le Président de la République a donné des faits et ensemble il a été décidé deux choses : Que le Premier Ministre au nom du Président de la République et de l’ensemble du Gouvernement fasse un communiqué pour exprimer la position commune du conseil des Ministres, et que le Ministre de la justice saisisse le Procureur de la République pour qu’il ouvre une enquête sur la véracité de ce qui a été affirmé par la presse dont nous nous avions des doutes, et à défaut d’engager des poursuites contre les journalistes. C’est l’occasion de dire qu’il n’y a jamais eu de procédure qui a été initiée contre la Ministre de l’enseignement technique. La seule et unique procédure qui a été demandée par le Gouvernement c’est d’ouvrir des poursuites contre les journalistes pour établir la véracité de l’information qui a été donnée. Le mandat que le procureur a reçu c’est de poursuivre les journalistes », a indiqué Tibou Kamara, le Conseiller personnel du Président de la République.

« Finalement on s’est retrouvé dans la situation où l’accusé est devenu témoin, la plaignante est devenue accusée et il y a eu un mélange du genre extraordinaire qui a contribué à entretenir le flou sur la question et à créer le doute dans l’opinion à propos et de la moralité de la Ministre et de la crédibilité du Gouvernement. (…) », a conclu Tibou Kamara.

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 24 Février 2021 à 13:29