Immigration irrégulière : Des opportunités pour les jeunes de réussir en Guinée

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Image d'illustration, crédit photo OIM
Image d'illustration, crédit photo OIM

CONKARY- Le phénomène de l’immigration irrégulière est un épineux problème pour les pays de l'Afrique subsaharienne ! La Guinée n'est pas en reste. Rien que dans les 3 premiers mois de 2017, l’OIM (organisation internationale pour les migrations), a enregistré 2 092 migrants guinéens arrivés en Italie. Ce qui place la Guinée en tête de liste des pays ayant le plus fort taux de départ de migrants en Afrique sub-saharienne. Entre 2015 et 2016, l’Agence onusienne pour les migrations a recensé plus de 8 600 décès.

Considérée comme un scandale géologique à cause des énormes richesses de son sous-sol, la Guinée, figure parmi les principaux pays à fort taux de départ de migrants irréguliers. Les jeunes qui constituent plus de 50% de la population guinéenne, sont les principaux candidats à cette migration irrégulière.

Face à l'ampleur du phénomène migratoire qui prive le pays de son capital humain actif, le Gouvernement Guinéen et ses partenaires ont initié des projets de réinsertion pour ces jeunes et offrant des opportunités d’emplois aux candidats.

’Nous nous battons pour aider les jeunes guinéens à une réinsertion dans ces projets, l’OIM a compris qu’il faut réintégrer ces jeunes pour ne pas qu’ils partent (…), il faut leur donner l’opportunité d’apprendre un métier. L’OIM a fait confiance à ce qu’on fait et a donné la chance à ces jeunes de suivre une formation dans un art comme celui du Graffiti’’, explique M’baye Aissatou Fall, qui dirige une ONG qui lutte l'immigration irrégulière.  

Son objectif est de contribuer à l’éducation et permettre aux talents cachés de faire valoir leur potentiel. De nombreux candidats malheureux de l'immigration irrégulière ont été initiés dans l’art de dessiner et le style d’écriture.

’ J’ai compris et j’aime ce métier. Je crois maintenant à la magie du graffiti et je sais que je vais m’en sortir à travers cet art. J’ai souffert pendant plusieurs mois et cela suffit vraiment’’, soupire Diallo Ibrahim, migrant retourné et membre de l’organisation guinéenne pour la lutte contre la migration irrégulière.

Récit d'un séjour compliqué au bord de la méditerranée…

La plupart des candidats à l'immigration irrégulière fuit la misère de leurs pays à la quête d’une vie meilleure. Mais le rêve de certains d’entre eux de voir ‘’l’eldorado’’ se brise aux larges des côtes de la méditerranée. C'est le cas de Ibrahim qui regrette d'avoir tenté cette aventure.

"Je suis parti jusqu’en Lybie pour essayer de rejoindre l’Europe. Nous avons traversé un véritable calvaire avec la souffrance due aux exactions et en plus la famine. C’est la vraie galère là-bas (…), j’ai perdu une année toute entière dans ce territoire hostile. Je regrette d’ailleurs d’avoir tenté cette aventure.

Espoir de réussite…

Lorsque je suis revenu, j’ai été admis grâce à l’OIM en procédure de réintégration. Cette organisation m’a offert un ordinateur et a payé mes frais de scolarité pour faire l’Anglais et l’informatique. Maintenant j’évolue dans l’ONG, organisation guinéenne pour la lutte contre la migration irrégulière. Nous avons bien entendu bénéficié de plusieurs choses.

Entreprendre en Guinée…

Mon plus grand souhait, c’est d'entreprendre et réussir en Guinée parce qu’il y a beaucoup d’opportunités qu’on ne savait pas avant de tenter cette aventure vers l’inconnue. L’organisation Internationale pour les Migrations se bat pour faire ressortir ces opportunités pour nous.

Bien entendu on n’interdit pas la migration mais le mieux c’est de partir par la voie légale. C’est vraiment triste quand on voit ce qui se passe lors des traversées clandestines qui sont toujours dangereuses et risquées. On a compris ce métier, je ne suis plus prêt à prendre le chemin pour aller en occident. Je crois maintenant à la magie du graffiti et je pense pouvoir m’en sortir à travers cet art", espère-t-il.

Selon une étude menée en 2018, la Guinée occupe la deuxième place en termes de demandeurs d’asile chez les mineurs en France, avec 8 433 demandes de protection. Pourtant désormais, des programmes initiés ces dernières par les autorités guinéennes en collaboration ses partenaires offrent des opportunités aux jeunes de réussir en Guinée.

C'est le cas par exemple du Programme d’appui à l’intégration socio-économique des jeunes (INTEGRA), lancé en 2018. Il est financé par l'Union européenne à hauteur de 670 milliards de francs guinéens (65 millions d'euros) en dons à travers son Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique.

Ce programme qui est dans sa phase d'exécution contribuera au développement économique de la Guinée pour favoriser l'insertion socio-professionnelle des jeunes guinéens. 15 000 jeunes seront directement accompagnés pour pouvoir travailler, entreprendre et réussir en Guinée.

BAH Boubacar LOUDAH

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 655 31 11 13

Créé le Mercredi 30 décembre 2020 à 10:29