Conakry : Des jeunes arrêtés pour avoir... "photographié" la CMIS d'Enco5

Société
CMIS Numéro 3 d'Enco5
CMIS Numéro 3 d'Enco5

CONAKRY- C'est une histoire à dormir debout, mais qui est surtout révélatrice de l'ampleur des abus dont sont victimes des citoyens à Conakry, actuellement ! Accusés d'avoir photographié la CMIS (compagnie mobile d'intervention et de sécurité) d'Enco5 depuis un balcon, de nombreux jeunes débrouillards ont été arrêtés puis conduits à la DPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire).

Que s'est-il passé ?

La CMIS d'Enco5 fait face à un bâtiment à étage où de nombreux citoyens exercent diverses activités.  C'est seulement l'autoroute qui les sépare. En étant au balcon du deuxième étage de l'immeuble qui est occupé principalement par des cybers, des échoppes de transferts d'argent, on aperçoit ce qui se passe à l'intérieur de la CMIS située en face. Les faits se déroulent au lendemain de l'assassinat du jeune brigadier à Wanindara.

Ce jour-là, des policiers ont procédé à des arrestations. Mais dès leurs arrivés dans l'enceinte de la compagnie, les exactions auraient commencé. Les agents se seraient mis à bastonner les gens qu’ils ont arrêtés, en représailles de la mort du policier. Etonnés de voir ce comportement des policiers, un client qui était au balcon du bâtiment et qui suivait la scène, a pris des images qu'il a publiées sur les réseaux sociaux. Tout est parti de là.

Le demain, des agents ont investi les lieux pour procéder à des arrestations. Selon un témoin interrogé par Africaguinee.com, quatre personnes sont interpellées par la CMIS d’Enco5 qui les a envoyé en détention à la DPJ.

« Nous sommes là tous les jours. Avec l’annonce des orientations dans les universités, beaucoup d’étudiants venaient dans les cybers ici. Il y aussi d’autres personnes qui viennent pour le transfert d’argent. Parfois, nous sommes obligés de dire aux gens de rester au balcon pendant les moments d'affluence. Maintenant, le jour de l’assassinat du policier à Wanindara, il y avait quelqu’un parmi ces gens qui étaient là qui avait filmé ce qui se passait dans l’enceinte du commissariat. Il a publié ces images sur les réseaux sociaux. Ce jour-là, j’étais assis à l’intérieur de ma place avec mon ami et on a vu la publication.

C’est vrai que lorsque tu t’arrêtes au balcon, tu vois tout ce qui se passe dans l'enceinte de la CMIS. Nous sommes habitués, souvent les policiers nous disent de quitter. Mais, ceux qui étaient là ce jour ne savent pas qu’il était interdit de filmer ce qui se passe dans l'enceinte de la cours.

Après la publication des images sur les réseaux sociaux, le lendemain, un groupe de policiers est venu arrêter certains amis au nombre de quatre. Jusqu’à présent, les 4 personnes ne sont pas libérées, ils sont à la DPJ. Depuis qu’ils ont été arrêtés, je n’ai pas pu communiquer avec eux, leurs numéros ne passent pas. On nous avait dit qu’on allait les libérer samedi passé. Nous espérons qu’ils seront libérés dans ces jours-ci », a expliqué ce citoyen qui a requis l'anonymat.

Interrogé par Africaguinee.com, un responsable de la CMIS d'Enco5 a déclaré qu'il n'est pas au courant de cette affaire.  

 

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 666 134 023

Créé le Mardi 08 décembre 2020 à 12:09