Guinée: "Depuis mars, le Parlement n'est représentatif de rien", dixit un sénateur français

Opposants écroués
Jean-Yves Leconte, sénateur français
Jean-Yves Leconte, sénateur français

PARIS-Le Sénateur Français Jean-Yves Leconte observe de près la situation politique de la Guinée. Cet élu de la chambre haute du Parlement français promet de s'impliquer notamment pour la libération des opposants qui sont incarcérés à la maison centrale de Conakry.

Jean-Yves Leconte a reçu notamment l'épouse d'Ousmane Gaoual Diallo, son fils, et le fils de Chérif Bah, en compagnie du porte-parole du collectif pour la transition en Guinée (CTG), Sorel Keita. Lors de cette visite, l'élu français a échangé quelques mots avec Cellou Dalein Diallo, qui a sollicité davantage d'implication de la France pour résoudre la crise en Guinée. M. Leconte n'a pas mâché ses mots, allant même jusqu'à  assimiler l'actuelle Assemblée Nationale guinéenne de "coquille vide", sur laquelle il ne faut compter. 

"Je suis la situation, j'ai eu des échanges avec notre ambassadeur sur place pour qu'il me dise ce qu'il pensait de l'évolution de la situation depuis le 18 octobre et en particulier depuis le 10 novembre. Je pense qu'il qu'on arrive à mobiliser d'abord au sein du parti socialiste, traditionnellement lié au RPG afin qu'il prenne une position par rapport à l'évolution de la situation en Guinée. Je vais m'y attacher et suivre les choses pour que d'une part, il y ait la libération des personnes injustement emprisonnées pour l'instant, et aussi œuvrer pour que les conditions de détention soient dignes", indique le Secrétaire de la commission des affaires européennes du Sénat français.

La Guinée est engluée dans une crise politique depuis un an, née de la volonté de l'actuel président de modifier la constitution qui lui a permis de briguer un troisième mandat en octobre dernier. Les violences se sont exacerbées au lendemain du scrutin du 18 octobre, faisant près de 50 morts selon l'opposition. Vendredi dernier, dans une interview qu'il a accordée à Jeune Afrique, Emmanuel Macron, a qualifié la situation guinéenne d'extrêmement grave, accusant son homologue guinéen d'avoir organisé un référendum pour garder le pouvoir.

Requinquée par cette sortie du dirigeant français, l'opposition continue de faire du lobbying auprès de la communauté internationale afin qu'elle mette la pression sur Alpha Condé, déclaré vainqueur du scrutin d'octobre dernier, pour libérer notamment les opposants politiques. Selon nos informations, Sékouba Konaté l'ancien président de la transition de transition guinéenne, est passé au Sénat il y a trois semaines.

"Il l'a dit qu'il faut mettre en place des outils de dialogue pour qu'il y ait une réelle transition politique même si difficilement aujourd'hui on s'appuyer sur les institutions guinéennes dans la mesure où depuis le mois de mars dernier, l'Assemblée Nationale (guinéenne) n'est représentative de rien. (…) Au Sénat je suis quelqu'un qui suit particulièrement les questions d'asile et d'immigration.

La situation de la Guinée depuis quelques années vis-à-vis de la France est aussi problématique. L'évolution politique dans le sens qu'on perçoit depuis un an maintenant est de nature à nous inquiéter encore plus, sur l'évolution du nombre de guinéens qui viendraient en France pour des raisons politiques. Donc, il faut absolument qu'on se saisisse du sujet (…) On va essayer de pousser au maximum", a promis Jean-Yves Leconte lors d'un échange avec Cellou Dalein Diallo.

A suivre…

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

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Créé le Mercredi 25 novembre 2020 à 19:40