Stop Covid19: l'action de Terre des Hommes à la maison centrale de Conakry

Lutte contre le Coronavirus
’agent de Tdh en train de doser le liquide insecticide dans le pulvérisateur.
’agent de Tdh en train de doser le liquide insecticide dans le pulvérisateur.

Le milieu pénitentiaire en Guinée est caractérisé de manière générale par le nombre élevé de détenus par cellule. L’une des mesures barrières, appliquée par Terre des hommes (Tdh) et le Ministère de la Justice, contre le Covid19 à la Maison Centrale de Conakry et de désinfecter et désinsectiser régulièrement les cellules.

« La promiscuité des détenus et l’enfermement contribuent à créer les conditions favorables à la prolifération des nuisibles tels que les punaises, les puces, les tiques, les cafards, les moustiques, etc. Cela ayant un impact négatif sur la vie et la santé des détenus, il est nécessaire de désinsectiser régulièrement les cellules des prisons.

Nous utilisons un produit insecticide spécifique et efficace que nous diluons dans de l’eau. La désinsectisation par pulvérisation est une mesure d’hygiène que nous appliquons chaque mois à la Maison Centrale de Conakry. ». Explique Albert Camara, le Coordinateur Santé de Tdh.

LA PRÉPARATION

Jean Pé Kolié, l’agent de santé en charge du suivi des activités de Tdh à la Maison Centrale de Conakry explique le déroulement d’une désinsectisation : « Quelques jours avant, nous rencontrons le personnel pénitentiaire afin de décider avec eux de la date et du déroulement de la désinsectisation. Les détenus chefs-de-cours, chefs-de-couloirs et chefs-de-chambres sont ensuite informés et chargés d’informer à leur tour l’ensemble des détenus du démarrage de l’activité. »

Le jour-J, Jean mène l’opération aidé de cinq détenus volontaires : « Avec des gardes pénitentiaires, cinq détenus sont choisis pour aider à la désinsectisation dans les cellules. Le choix des détenus est basé sur leur expérience, leur disponibilité et leur volontariat ».

Les détenus volontaires commencent par s’habiller d’une combinaison et d’accessoires de protection sous l’œil attentif de Jean : « Les insecticides étant irritants, les détenus qui aident à la désinsectisation sont toujours habillés d’une combinaison, et portent des masques faciaux, des gants, des bavettes et des bottes pour assurer une bonne protection lors de la désinsectisation dans les cellules. Après l’opération, tout l’équipement est récupéré, nettoyé et stocké pour une prochaine utilisation. ». La combinaison de protection de couleur bleue sert également à distinguer l’équipe de désinsectisation des autres détenus.

Pour appliquer l’insecticide, on utilise un pulvérisateur. Les détenus aident au montage du dispositif et mesurent la quantité d’eau par pulvérisateur. Ils sont très méticuleux : « Il faut exactement 15 litres d’eau par pulvérisateur. Si on en met plus, le produit sera trop dilué et ne sera pas efficace. Si on en met moins, ce sera trop concentré. ». Explique l’un des détenus volontaires.

« Nous procédons toujours à quelques essais pour nous assurer du bon fonctionnement des équipements avant de rejoindre les cellules pour la désinsectisation. ». Précise Jean.

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LA DÉSINSECTISATION

Lors de l’opération, Jean doit veiller à ce que toutes les cellules soient pulvérisées : « C’est ce qui garantit l’efficacité de la désinsectisation. Il faut pulvériser au même moment tous les espaces clos et les dépendances telles que les couloirs, les toilettes et aussi les cours. ».

On commence par sortir tous les détenus dans la cour. Ce sont les agents pénitentiaires, aidés des détenus chefs-de-chambres qui se chargent de faire sortir tout le monde. Ils doivent laisser toutes leurs affaires tels quels. Mais Jean doit porter une attention particulière : « Pour assurer la sécurité des biens des détenus lors de l’opération, nous demandons toujours aux chefs-de-chambres et à un garde pénitentiaire de rester avec nous pendant l’opération. ».

La pulvérisation peut maintenant commencer. Jean indique à l’équipe les endroits à pulvériser : « Nous pulvérisons tout ! Nattes, matelas, couvertures, sacs, étagères et tout autre objet susceptible d’abriter les insectes nuisibles. Nous insistons sur les angles et rainures des murs et les toilettes. ».  Les cellules sont ensuite fermées pendant 4 heures, le temps au produit d’agir.

Enfin, les détenus peuvent réintégrer sans risque leur cellule et procéder au nettoyage et au rangement.  « Nous procédons ainsi cellule par cellule. Une fois la désinsectisation terminée, les détenus sont protégés des insectes. Mais comme le milieu carcéral est de nature à favoriser leur réapparition, nous devons désinsectiser la prison chaque mois. ».

Cette action s’inscrit dans un projet d’envergure mis en œuvre par le Ministère de la Justice et Terre des hommes afin de contribuer à la lutte contre la COVID19 en milieu carcéral.

Terre des hommes

LE PROJET EN BREF

Nom du projet : STOP COVID19 Maison Centrale de Conakry

Zone d’intervention : Maison centrale de Conakry

Durée du projet : 6 mois

Date de démarrage : 1er juillet 2020

Budget du projet : 150 000 euros

Objectif de l’action : Prévenir et limiter la transmission de l’infection à COVID-19 auprès des détenus et du personnel pénitentiaire de la maison centrale de Conakry.

 

Créé le Lundi 23 novembre 2020 à 8:47