Simandou: Le Gouvernement guinéen et Winning consortium signent les conventions ferroviaire et portuaire

Mines de Simandou
Abdoulaye Magassouba, ministre des Mines et de la Géologie et le Directeur Général de Winning consortium Simandou, Fadi Wazni
Abdoulaye Magassouba, ministre des Mines et de la Géologie et le Directeur Général de Winning consortium Simandou, Fadi Wazni

CONAKRY-Les ministres guinéens des Mines et de la géologie, Abdoulaye Magassouba, des Transports, Aboubacar Sylla et du Budget, Ismael Dioubaté ont signé, ce jeudi 12 novembre 2020 à Conakry, avec le consortium Winning, les conventions ferroviaire et portuaire pour le transport et l’exportation du minerai de fer des blocs 1 et 2 de Simandou. La cérémonie de signature a eu lieu dans les locaux du ministère des mines et de la géologie. Outre ces trois membres du gouvernement, cet important évènement qui constitue une autre étape majeure, dans la concrétisation du projet Simandou, a connu la présence des responsables de Winning Consortium.

A l’entame de son allocution, le ministre d'Etat, ministre des Transports présidant la cérémonie de signature a rappelé que les gisements de fer de Simandou qui était gelés depuis l’indépendance de la Guinée vont désormais devoir être exploités. Et ce, selon Aboubacar Sylla, grâce à la conclusion des accords entre le gouvernement guinéen et le consortium Winning Simandou portant une ligne de chemin de fer de plus de   650 Km et un port en eau profonde de Matakan à Forécariah dont la pose de la première pierre a été faite le 6 octobre dernier.

« Le Trans guinéen est un vieux rêve parce que ça sera un projet multi-usage qui ne se contentera pas de faciliter l’exportation des minerais de fer extrait à l’extrême sud de de notre pays. Mais, ça sera également un projet porteur pour d’autres secteurs économiques, notamment, l’agriculture. C’est un projet qui va permettre le désenclavement de beaucoup de régions situées à l’intérieur du pays. C’est un projet qui va favoriser l’émergence et le développement de l’initiative en matière d’exportation des produits agricoles. C’est aussi un projet qui va désengorger nos routes. Parce que l’usage qui va en être fait à savoir : le transport des marchandises dans tous les deux sens et le transport aussi probablement de personnes, va nous permettre de réduire la circulation routière avec tout son cortège d’insécurité et de dégradation de nos routes», a déclaré le ministre d'Etat en charge des Transports. Aboubacar Sylla a assuré que le gouvernement fera de son mieux pour que tous les obstacles éventuels qui pourraient se dresser dans la réalisation de cet important projet soient levés dans les meilleurs délais.

« Ce sont de vieux projets qui, aujourd’hui, sont en train de devenir des réalités palpables. En les réussissant, le professeur Alpha Condé aura répondu aux attentes des guinéens. Il aura réussi à combler leur espoir les plus fous. A savoir : voir la Guinée devenir une véritable plaque tournante dans l’économie minière mondiale. Le gouvernement s’engage à respecter scrupuleusement toutes ses obligations au titre des conventions», a rassuré Aboubacar Sylla.

Simandou est un projet gigantesque qui va transformer l'économie guinéenne. Pour le ministre des Mines, Abdoulaye Magassouba le plus dur reste à faire, mais l'avenir est prometteur. Et il y a de quoi rassurer le Gouvernement : l'engagement des investisseurs.

"Une chose est que le cadre légal soit en place. Une autre chose est de véritablement développer le projet. Ce qui nous rassure, ce que les investisseurs sont déjà sur le terrain et ont déjà commencé les travaux préparatoires et les études. Donc, cela nous donne beaucoup d’espoir qu’ils respecteront leurs engagements. Nous comptons donc sur l’appui, l’engagement et le soutien de tous les acteurs dans l’administration et en dehors de l’administration», a-t-il indiqué.

De son côté, le ministre du Budget, Ismael Dioubaté a fait savoir que la Guinée pourra tirer profit de ce projet. «Dans son volet économique, le cadre légal est signé et nous attendons des revenus. Cette convention est une partie intégrante de la convention minière. Je vous dis que les revenus directement liés à ces mines vont être importants pour le budget de la nation. Mais aussi les revenus indirects par les emplois qui sont créés à travers les sous-traitants», a-t-il déclaré.

A cœur vaillant rien n’est impossible, rappelle le Directeur Général de Winning consortium Simandou, Fadi Wazni qui affiche un optimisme quant à l'aboutissement de ce gigantesque projet. «Il y a un an jour pour jour, notre consortium remportait l’appel d’offres pour le développement et l’exploitation des blocs 1 et 2 du Simandou. Cette année, nous avons, malgré les circonstances difficiles liées à la Covid-19, pu négocier avec des équipes assez fournies. (…) Ce projet va s’inscrire dans le temps. Nous ne serons plus là lorsqu’elle atteindra la maturité. Mais les effets de ce projet vont se faire sentir pendant des dizaines d’années peut être pendant un siècle. Après avoir fait de la Guinée un acteur majeur dans l’exploitation et l’exportation de la bauxite, notre consortium va également permettre à la Guinée de rentrer en force dans l’exploitation et l’exportation du minerai de fer», a souligné Fadi Wazni.

Coût global

Le cout global du projet est estimé à 15 milliards de dollars Us pour la mine, les infrastructures et les coûts associés. A cela s’ajoute 1 milliard Usd pour la construction d’une aciérie d’une capacité de 500 000 tonnes.

Le montant total des investissements envisagés est estimé à près de 16 milliards USD, répartis de manière suivante : 1 milliard pour la réalisation de l’infrastructure portuaire, 5.5 milliards pour la réalisation de l’infrastructure ferroviaire, 1.5 milliards pour la construction des équipements et installations de la mine, 7 milliards pour la Phase 2 du projet pour l’extension de la capacité de la Mine, du port et au doublement de la voie ferrée. En plus de 1 milliard pour la construction de l’aciérie d’une capacité de 500 000 tonnes.

En fin 2019, l’investisseur s’était engagé à démarrer les travaux sur quatre axes. Entre autres : le reprofilage, la réhabilitation et l’agrandissement de 140 kilomètres de route reliant Kérouané et Kankan, le démarrage de la construction du Camp de Base, des routes d’accès et de l’Aéroport de Kérouané. A cela s'ajoute la phase exploratoire du plateau cible et le lancement des études de préfaisabilité et le démarrage des études et travaux de conception de la voie ferrée.

Négociées entre les représentants de l’Etat guinéen et ceux de l’investisseur, ces conventions comportent un certain nombre de dispositions parmi lesquelles figurent les points ci-après : un droit applicable et stabilisation fiscale et douanière, un régime fiscal et douanier, des stipulations concernant le régime d’accès des tiers et le transfert des infrastructures ferroviaires et portuaires à l’Etat.

Il faut aussi noter que la société, ses Affiliés et ses sous-Traitants exclusifs sont assujettis aux impôts, droits, taxes et redevances fiscales conformément aux dispositions du Code Général des impôts, du Code douanier et du Code minier en vigueur à la date de signature de la Convention avec, toutefois, certaines exonérations accordées conformément au caractère intégré et industriel du projet et des investissements qu’il requiert. La durée des deux conventions est de 35 ans. Après cela, les infrastructures portuaires seront transférées gratuitement à l’Etat guinéen en bon état d’entretien et de fonctionnement.

Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 669 91 93 06

Créé le Jeudi 12 novembre 2020 à 15:29