Meurtre de Daouda Kanté à Pita : "Il a reçu trois balles…", raconte sa sœur

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Daouda Kanté
Daouda Kanté

PITA-Daouda Kanté, coordinateur du front national pour la défense de la constitution (FNDC) a été tué le 22 octobre, à Pita. Sa famille qui est toujours dans une consternation totale, réclame justice. Sa femme que nous avons contacté n'a pas pu témoigner, vu son état de choc.

Joint au téléphone la grande-soeur de Daouda Kanté qui a passé toute la matinée avec lui, revient sur les douloureuses circonstances dans lesquelles sont jeune frère a été tué.

«Le jours qui a coïncidé à sa mort, le matin il m'a accompagné au marché. A notre retour, ils l'ont appelé pour lui dire que la coordination "Haali Poular" se rendait chez son beau-père (le khalife général du Foutah) Elhadj Bano Bah. L'objectif était de demander au préfet de dire aux militaires d'arrêter de tirer sur la population », relate madame Barry Mariama Bobo Kanté.

Avec la reprise des tirs de sommation, Mariama Bobo dit avoir appelé son frère pour lui dire que les forces de sécurité tiraient vers chez eux. « Après quelques temps, il m'appelle pour dire qu'il rentre. Il est venu jusqu'à la mosquée ici avec un vieux. C'est ce qu'on m'a dit. Il y'a une dame qui l'a appelé alors qu'il était proche de la maison. Le vieux qui était avec lui est rentré, lui est retourné. C'est là-bas qu'on a tiré sur lui » rajoute notre interlocutrice.

«Avant que je n'arrive là-bas j'ai trouvé qu'il a rendu l'âme. Mais il a reçu trois balles, ça a eu lieu entre 12 et 13 heures. Des témoins disent qu'il a reçu la première balle sur la main, voulant s'enfuir, il a trouvé un autre agent devant lui qui a tiré les deux autres balles» soutient Mariama Bobo Kanté.

La famille souhaite que justice soit rendue. Elle accuse une personne d'être derrière le meurtre de leur fils.

«Nous réclamons la justice, on a dit que c'est une femme qui est derrière tout ça, mais on ne peut pas dire c'est tel ou tel jusqu'à ce qu'on ait des sources sûres. Tout le monde sait que c'est quelqu'un qui l'a indexé, ils ont même donné sa photo aux militaires pour leur dire que c'est le coordinateur du FNDC à Pita, et que quand ils le tuent Pita va être calme», révèle la grande sœur de la victime.

Âgé d'une trentaine d'année, marié à peine deux mois, Daouda Kanté laisse derrière lui une veuve sans enfant.

Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Mardi 27 octobre 2020 à 15:05