Baidy Aribot parle : "L’opposition doit applaudir…"

Guinée
Baidy Aribot
Baidy Aribot

CONAKRY-Baidy Aribot, le deuxième vice-gouverneur de la Banque Centrale vient de briser le silence ! Alors que son apparition ce week-end à l'occasion lancement d'un mouvement de soutien au Président Alpha Condé, a soulevé certaines polémiques, l'ancien député de Kaloum répond à ses "détracteurs". Dans cet entretien, il évoque également la sortie de certains élus de l'opposition qui se sont désolidarisés du mouvement appelé "MECICODE" qui soutient la candidature du chef de l'Etat pour un troisième mandat. Entretien exclusif !

AFRICAGUINEE.COM : Votre apparition, en tant que 2ème vice-gouverneur de la BCRG, ce week-end au palais du peuple à l'occasion du lancement d'un mouvement de soutien au président Alpha Condé suscité assez de débats. Pourquoi y étiez-vous ?

BAIDY ARIBOT : Une personnalité de la Banque Centrale n’est-il pas un être humain ou un citoyen ? Alors, aller dans un mouvement pareil, en quoi cela à voir avec mon statut de banquier à la Banque centrale. Il faut que les gens arrêtent vraiment de confondre l’homme et l’institution. Je suis banquier central lorsque je suis en service à la banque centrale. Quand je quitte la banque centrale, c'est monsieur Baidy Aribot. Alors c’est normal en tant qu’individu, citoyen de ce pays, ancien ministre et ancien député d’aller faire ce que je veux où je veux. Ou-bien les gens souhaitent avoir un banquier central qui est toujours en cravate avec des lunettes en train de lire des livres macroéconomiques ou économie monétaire dans ses bras pour montrer qu’il est sérieux plus que certainement celui qu’on voit dans les foules. Cela montre que les guinéens dans leur appréciation même de l’attitude des hauts responsables, ont un langage de deux poids deux mesures.

Si les jeunes qui sont avec moi lancent un mouvement et que moi Baidy je les repousse, on va dire oui "vous avez vu les hauts cadres de ce pays ne sont pas proches de ces jeunes, et que  nous avons du mépris contre les gens". Lorsque tu t’approches des gens et tu participes à tout avec eux, on trouve ça anormal. Moi vraiment je ne rentre pas dans ces débats-là. Je fais ce que je veux comme bon me semble. L’essentiel est de respecter en cette période de covid, les barrières sanitaires et aussi d’être libre dans mes mouvements. Mais si tu te mets à contrôler toutes à ces spéculations tel est ceci et tel est cela, tu ne vas pas vivre dans ce pays.

Moi je suis d'un quartier populaire, je vis avec les gens, les jeunes, tous les mouvements associatifs. Et surtout quand des mouvements vont dans la même vision politique que moi. Donc, franchement je ne réponds pas à ces allégations-là, ils peuvent raconter ça. Encore une fois, les discussions ou tralalas sur Facebook-là ce n’est pas mon problème. Ce que ceux critiquent ne savent pas de moi, c'est ce que je suis né à l'hôpital BALLEY et je vis en plein cœur de Boulbinet dans un quartier pauvre. Je ne suis pas du genre des intellectuels constipés.

Beaucoup s'étonnent de vous voir danser au podium au milieu d’une foule. N'est-ce pas contraire aux mesures barrières ?

C’est toujours comme ça. D’abord je n’ai pas dansé ce jour. C’est à la veille, lorsque je suis venu voir les jeunes qui répétaient et aussi chanter un morceau à l’honneur du président. Comme c’est des jeunes qui sont avec moi, qui m’aiment bien, ils m’ont invité, je leur ai fait plaisir sur scène.  Ça c’est entre nous en privé. Ceux qui l’ont filmé et mis sur la toile, moi cela ne me dit rien franchement. Ce n’est pas parce que je suis banquier central que je dois être en veste, en cravate, ou bien se comporter en imam ou prêtre apostolique dans les lieux de culte où je dois rester enfermer. Je suis un homme libre. En dehors de la banque centrale je suis un homme libre. Et personne ne m’imposera une restriction sur ma liberté et ma façon de voir les choses. Il ne faut même pas que les gens rentrent dans ces genres de détails. Je suis avec des jeunes qui m’aiment bien et que j'aime bien. S’ils mettent de l’ambiance autour de moi, mais je fais comme eux. C’est une manière d’être avec eux et d’être dans le même esprit qu’eux.  C’est aussi de montrer que ceux-ci sont avec moi en tous lieux et à tout moment. Il faut que les gens sortent de ce débat.  Je n’aime pas rentrer dans ce débat.  Ceux  qui parlent, ils n’ont qu’à dire ce qu’ils veulent mais moi Baidy Aribot, ça me lance au pôle nord.  

Certains élus de l'opposition qui ont pris part au lancement de votre mouvement, insinuent qu'ils auraient été trompés. Et que s'ils avaient su à l'avance qu'il s'agissait du lancement d'un mouvement de soutien au troisième mandat, ils n'allaient répondre à l'invitation. Qu'en dites-vous ?

S’ils ne savaient pas, il fallait rester. Ceux qui ne voulaient pas, ne sont pas venus. Ecoutez : le MECICODE est un mouvement des élus, ce n’est pas un mouvement des maires, ni un mouvement d’un parti politique, on dit élus des citoyens. Ceux qui se sont retrouvés hier dans la salle, ils n’ont pas été forcés de venir, ils ont été invités.  La présence de ces élus-là n’avait rien à voir avec la mobilisation des populations.  Ce que les populations ont démontré ça va plus que la polémique liée à la présence de l’opposition ou pas. Mais ça veut dire honnêtement que malgré les risques de contamination et de tout, les populations avaient envie de montrer qu’elles adhèrent à l’idée et à l'esprit du MECICODE, c’est ce qui est important pour moi. Mais les polémiques créées par les partis politiques ou politiciens, ça ne m’intéressent guère. Ils pouvaient être libres d’être dedans ou pas, franchement je ne veux pas rentrer dans ça.

Si aujourd’hui les partis politiques ou peut-être les politiciens demandent à leurs élus de réagir contre ce qui a été dit au Palais, ça veut dire que franchement c’était important et que ce qui s’est passé là-bas les ont impressionnés. Donc ça les ramène à revoir leur position par rapport à l’idée qu’ils ont sur la situation actuelle du pays, à l’adhésion des populations, aux idéaux du président de la république. Ça me fait plaisir que l’opposition comprenne ça d’une manière ou d’une autre. Ça veut dire que le MECICODE vraiment a marqué le point et que les gens ont pris ça en considération sinon ils n’allaient pas rentrer dans des petits détails pareils.

Le discours qui a été lu au palais au nom de tous les élus de la basse côte n'aurait pas plu à tout le monde…

Personne n’a imposé ça aux élus. Ils se sont concertés, demandez-leur d’abord est-ce qu’ils ont eu une concertation dans la salle avec n’importe quelle autorité avant de faire leur discours ? ils étaient ensemble. Encore une fois, si tu n’es pas d’accord tu ne viens pas.

Ces élus ont par la suite rencontré le Président de la République. Qu'est-ce qu'ils se sont dit ?

Ça franchement je ne peux rien vous dire parce que je n’étais pas là. Mais rencontrer le chef de l’Etat en tant qu’élus de la République, c’est tout-à-fait normal. Ça s’inscrit dans l’ordre normal des choses. Le chef de l’Etat est le Président de la Guinée, il est le chef de l’administration et les élus sont des représentants des démembrements de l’administration. Que ce soit de l’opposition ou de la mouvance, d’abord rencontrer le chef de l’Etat est un privilège. Echanger avec lui sur des questions de développement encore est une bonne chose. Ça prouve là encore que le chef de l’Etat a l’ambition et le souci de savoir ce qui se passe au niveau des populations à la base. Avec toutes les actions qu’il est en train de mener aujourd’hui dans le sens de la redistribution des revenus miniers à travers l’ANAFIC (Agence Nationale de Financement des Collectivités, Ndlr), le FODEL (Fonds de Développement Local, Ndlr), et d’autres entités de financement, franchement moi je trouve que c'est une très bonne chose de répondre à l’appel du chef de l’Etat et qu’ils discutent sur des questions du développement.

Heureusement, ils n’ont pas parlé de politique ou ces histoires d’élections. Il faut saluer ça. Ça veut dire qu’on a un chef d’Etat qui, au-delà des problèmes politiques, reçoit tout le monde, que ça soit de l’opposition ou de la mouvance. Surtout lorsqu’il s’agit de parler des problèmes essentiels des populations.  L’opposition doit applaudir ça au lieu de chercher à interpréter autrement.

Un dernier message ?

Mon dernier message, c’est de remercier tous ceux qui ont effectué le déplacement au palais du peuple, la mobilisation était de taille. Il a été prouvé par A+B que les populations adhèrent aux idéaux du Président de la République, Alpha Condé.  Elles veulent le soutenir, l’accompagner dans les perspectives de développement, et dans toutes les actions qu’il est en train de mener pour la Guinée. C’est ce qui a été démontré samedi par toutes les couches de la population qui sont venues de partout. Les ONG, les femmes, les jeunes, les élus, les leaders d'opinion, tout le monde était là. Et quand il y a eu le discours, tout le monde a applaudi. Ça veut dire qu’ils adhèrent à ça.

Mais rentrer après dans des polémiques de qui est venu et qui n’est pas venu, franchement je ne suis pas dans ça. Ce qu’on veut, si tu dis que tu es fort, il ne faut pas t’arrêter derrière un arbre pour attraper la queue de l’éléphant. Sort, et va vers ces populations et on va aux urnes dans la paix et dans l'unité. Ce pays nous appartient tous. On saura qui les populations souhaitent avoir encore à la tête de ce pays pour conduire ses destinées. C’est tout ce qu’on peut dire.

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 655 311 112

Créé le Lundi 24 août 2020 à 11:05