Bah Oury avertit la Cédeao: " Jean Claude Kassi Brou a obligation d’agir sinon…"

Politique
Bah Oury
Bah Oury

CONAKRY- Bah Oury vient d'interpeller à nouveau le president de la Commission de la CEDEAO, Jean Claude Kassi Brou. Membre du collectif d'opposants qui a déposé une plainte à la CEDEAO contre la République de Guinée, le de l’UDRG revient dans cet entretien les raisons qui les ont amenés à se tourner encore vers l'organisation sous-régionale.

Bah Oury, Jeacques MBonimy de l’UPG, Pépé Francis Haba de l’UGDD et Yamoussa Touré de la COSATREG accusent la République de Guinée de violation grave des droits humains, de changement anticonstitutionnel pour se maintenir au pouvoir et falsification de la Constitution qui a été adoptée par référendum le 22 mars dernier.

AFRICAGUINEE.COM : Vous venez de saisir la CEDEAO. Dites-nous pourquoi ?

BAH OURY : Nous avons décidé de saisir la commission de la CEDEAO pour faire ressortir les manquements des autorités guinéennes en ce qui concerne les convergences constitutionnelles qui figurent dans le protocole additionnel de la CEDEAO.  Cela veut dire que lorsqu’un état ne remplit pas les critères ou ne respecte pas les propositions ou les dynamiques permettant l’harmonisation ou la convergence constitutionnelle, ce pays est en porte à faux par rapport aux règlements de ladite organisation. Par rapport à cela, le président de la commission a obligation de saisir l’Etat concerné pour lui demander de revenir dans le cadre du respect des normes communautaires, ça c’est le premier aspect. Si l’Etat ne va pas dans ce sens, en deuxième lieu des sanctions sont possibles.

Quelles sont vos principales attentes vis-à-vis de la commission de la CEDEAO ?

Vous savez lorsque dans un cadre tout à fait bénin où il y a un accident où il y a un conflit, pour ne pas que ce conflit soit considéré comme un fait divers banal il s’agit juridiquement de porter plainte pour constater son existence. Quel que soit le temps que ça va prendre, c’est déjà enregistré comme quoi une plainte a été formulée. Donc dans le cas d’espèce il est important de signaler à la commission de la CEDEAO de la manière la plus officielle que l’Etat guinéen est en porte à faux par rapports aux dispositions règlementaires et institutionnelles qui doivent régir l’ensemble des pays de l’espace CEDEAO. C’est à ce niveau-là que c’est une obligation de notre part de le faire, parce que si on ne le fait pas la CEDEAO peut estimer qu’elle n’a jamais été saisie par qui que ce soit par rapport à des disfonctionnements ou par rapport à des violations essentielles de l’ordre constitutionnel en République de Guinée.

Depuis le déclenchement de la crise guinéenne qui a fait près d'une centaine de morts, la CEDEAO n'a jamais pris une résolution forte concernant la Guinée. Pensez-vous que réellement cette plainte aura un effet ?

Peu importe ce que ça va donner mais la plainte a déjà en effet. C’est d’acter de la minière la plus juridique que l’Etat guinéen est en porte à faux par rapport à des dispositions essentielles de l’espace CEDEAO. Ça c’est un point. Maintenant que la commission fasse preuve d’engagement pour faire respecter les principes de convergences constitutionnelles, c’est une chose. S’ils ne le font pas, demain ils seront au même titre que d’autres. Et ils assimileront leurs responsabilités en ce qui concerne des manquements graves à leurs obligations en tant qu’institution. C'est un aspect qu’il ne faut pas négliger. Parce que vous savez, lorsque vous gérez une institution quel que soit, ce que vous faites, demain vous risquez d’être rattrapé par des faits où par des négligences ou par des omissions ou par des attitudes qui sont considérées comme étant des attitudes peu conformes à la transparence et à la bonne gouvernance. Donc les choses peuvent évoluer et chacun doit être tenu responsable de la mission qui lui est confiée. Le président de la commission Monsieur Jean Claude Kassi Brou a obligation d’agir. S’il ne le fait pas, demain il pourra se retrouver devant une situation qui ne serait pas du tout une situation confortable.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le Samedi 15 août 2020 à 21:34