Kankan : la filière d’igname frappée de plein-fouet par la covid-19!

Echo de nos régions
Des vendeuses d'ignames au marché de Kankan
Des vendeuses d'ignames au marché de Kankan

KANKAN-Tout comme la pomme de terre en moyenne Guinée, à Kankan, la filière d’igname est durement impactée par l’épidémie de Coronavirus qui sévit en Guinée.

La préfecture de Kankan, capitale de la haute Guinée,  est reconnue comme la terre par excellence de l’igname dans le pays. Mais depuis la survenue de l’épidémie de la Covid-19, le secteur est groggy. Les acteurs de la filière sont confrontés à d'énormes difficultés. S’ils ne sont pas appuyés par l’Etat, la filière tend vers une faillite. Partout dans les villages, les nombreux producteurs de ce tubercule très consommés, sont dans la détresse. Certains envisagent de changer de domaine d’activité pour pouvoir survivre à cette crise.

Les  producteurs et vendeurs d’ignames font face à des difficultés pour écouler leurs produits. Celles-ci sont surtout liées aux mesures de restrictions des déplacements. Les clients qui venaient de partout à travers les villes du pays et même des certains pays frontaliers se font rares. Partout c’est la dégringolade. La ruée des clients a drastiquement chuté. Une situation bien difficile pour les producteurs qui ne savent plus vers quel saint se tourner.

Fatoumata Konaté commerçante d’igname au grand marché de Kankan raconte : « Ce moment est très critique en Haute Guinée, surtout nous qui évoluons dans la filière de l’igname, c’est toutes les préfectures de Kankan qui sont concernées. La production et la vente d’igname sont exposées à une faillite. Nous,  on croyait qu’avec cette adresse de la nation du président Alpha Condé, on pouvait au moins enlever l'état d’urgence sanitaire. Mais c’est la  désillusion pour nous producteurs et vendeurs d’igname. Nos clients qui sont à Kankan ici n’arrivent pas à en acheter. Car ils jugent que ces prix sont trop élevés. Suite à la fermeture des frontières, on ne voit pas non plus nos clients qui venaient des autres localités.  Du matin au soir, on ne parvient pas à vendre même un seul tas d’igname. Les  clients qui nous viennent de Nzérékoré, de Conakry et voir même de Bamako Mali sont bloqués par les restrictions de déplacement liées à la Covid19. Les stocks sont dans les magasins à la merci des souris et toutes autres sortes de rongeurs, sans oublier le pourrissement de nos ignames»,  dénonce Adama Camara un producteur d’igname.

Ce producteur ajoute qu’actuellement la culture de l’igname n’encourage pas, mais les acteurs de la filière ne tirent aucun bénéfice. « On passe toute la journée avec nos produits après on rentre le soir, sans rien vendre. Tout le monde pointe du doigt cette pandémie. Nous souffrons, il faut que l’État se réveille maintenant afin de penser à cette filière », interpelle ce producteur.

Pour l’heure, la filière de l’igname ne reçoit aucune aide de la part de l’État pour la pérennisation de ce secteur. A en croire à certains acteurs du secteur, plusieurs promesses ont été prises par les autorités, mais qui sont toujours restées sans suite.

Depuis Kankan, Facély Sanoh

Pour Africaguinee.com

 

Créé le Dimanche 21 juin 2020 à 13:00