Scandale à Conakry : des prisonniers recrutés dans la lutte contre la COVID-19 réclament leurs primes…

Guinée
Image d'illustration
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CONAKRY- C’est un scandale qui touche directement le plus grand centre de détention de la Guinée. La colère est grande et des mouvements de protestation ne sont pas à exclure dans les prochains jours à la maison centrale de Conakry. 

Des médecins, des infirmiers et même des détenus menacent de manifester contre ce qu’ils qualifient de « détournement » de leurs primes, ainsi que les sacs de riz qu’ils doivent percevoir à la fin de chaque mois. 

Depuis l’apparition des premiers cas de COVID-19 à la maison centrale de Conakry, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a mobilisé une équipe de médecins, d’infirmiers et d’hygiénistes pour venir à bout du virus. Un groupe de 33 travailleurs a été constitué. Il est composé de médecins et d’infirmiers qui ont la lourde tâche de s’occuper des malades et des cas suspects de COVID-19 à la maison centrale de Conakry. Chaque médecin devait percevoir six millions par mois, contre 3 millions pour chacun des infirmiers. 

Des prisonniers recrutés dans la lutte contre la COVID-19…

Dans la lutte contre la maladie du COVID-19, un groupe de prisonniers de la maison centrale a été mis à contribution. Une dizaine selon nos informations. Ces pensionnaires de « l’hôtel 5 étoiles de Coronthie » ont été recrutés comme hygiénistes. Sans aucune formation préalable, ces détenus s’occupent notamment du nettoyage du CTE (Centre de traitement des épidémies) construit dans l’enceinte de la maison centrale. Avec tous les risques liés à leur travail, ces détenus étaient censés percevoir à la fin de chaque mois un million huit-cents mille francs guinéens. Comme les autres travailleurs engagés dans la lutte contre la COVID-19, chacun de ces détenus a droit à un sac de riz également.

Coup de tonnerre à la maison centrale…

Depuis ce lundi 15 juin 2020, une partie du personnel soignant à la maison centrale est en colère. Certains médecins et infirmiers n’ont pas retrouvé leur nom sur la liste qui a été envoyée pour le paiement des primes. Ils accusent l’Agence nationale de sécurité sanitaire de les avoir fait remplacer par d’autres pour détourner leur argent. Ils menacent d’engager des actions de protestations dans les prochains jours.

Chez les détenus recrutés dans le cadre de la lutte contre la COVID-19, la déception est encore plus grande. Aucun d’entre eux n’a reçu un franc comme prime. Certains parmi eux n’étaient même pas au courant de l’existence de cette prime d’un million huit-cents mille francs guinéens. 

A en croire plusieurs sources, certains parmi ces hygiénistes seraient aujourd’hui malades. Eux qui étaient sur la première ligne de front dans la lutte contre la maladie du COVID-19 à la maison centrale sont très exposés. Plusieurs d’entre eux pourraient souffrir de la maladie. En attendant, ils se contentent des trois repas qu’ils reçoivent avec des canettes d’eau. Oubliant que tout ceci est un droit pour eux.

A suivre…

 

Africaguinee.com

Créé le Mardi 16 juin 2020 à 15:58

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