Exploitation de Simandou1-2 par le Consortium SMB-Winning: Que gagnera la Guinée ?

Mines
Le président Alpha Condé avec des responsables du consortium SMB Winning lors du lancement du projet de chemin de fer Dapilon-Santou.
Le président Alpha Condé avec des responsables du consortium SMB Winning lors du lancement du projet de chemin de fer Dapilon-Santou.

CONAKRY-Le Gouvernement guinéen a  adopté la Convention de Base pour l’exploitation des gisements de minerai de fer des blocs I et II de Simandou par le Consortium SMB-Winning.

Après le fiasco enregistré avec Rio Tinto qui s’est retiré du projet, les autorités guinéennes ont donné leur onction  au Consortium SMB-Winning, l’un des acteurs majeurs de l’écosystème minier du pays, pour exploiter les immenses  gisements de fer de Simandou, situé dans le sud. A ce jour, c’est le plus grand gisement de minerai de fer de haute qualité,  inexploité au monde.

Qu'est-ce que la Guinée gagnera-t-elle? 

Alors que les revenus directs de l’Etat sont estimés à 15,5 milliards de Dollars US sur la durée de la Convention (25 ans), sa participation dans le projet est de 15% avec une option d’achat de 20% supplémentaire. 

« Le projet d’exploitation qui sera réalisé par le Consortium SMB-Winning aux termes de cette Convention de Base est stratégique et ambitieux pour la République de Guinée. Il consiste dans le développement d’une chaine de production intégrée de minerai de fer, la réalisation des infrastructures ferroviaires et portuaires ainsi que la construction d’une aciérie à terme », a expliqué le ministre des Mines et de la Géologie.

Le Consortium SMB-Winning s’engage ainsi à construire un chemin de fer d’une longueur de 679 km reliant la mine à un port en eaux profondes d’une capacité finale de 80 Millions de Tonnes par an (MTPA) situé à Matakang dans la préfecture de Forécariah sur les côtes guinéennes. Le doublement de la voie ferrée est prévu à partir de 2038, selon Abdoulaye Magassouba.     

Dérogations exceptionnelles

Le Ministre a révèle que cette Convention de Base est de façon globale conforme aux dispositions du Code Minier, à l’exception de quelques dérogations qui ont été accordées à l’Investisseur, sur la base d’un modèle financier, compte tenu de la nature intégrée du projet et du volume des investissements qu’il doit réaliser dans ce projet. Il a précisé que ce projet est intégré avec un volet minier et un volet infrastructures qui fera l’objet d’une Convention Ferroviaire et d’une Convention Portuaire.

Le  projet porte sur un investissement global estimé à 14 milliards de dollars américains, comprenant un engagement d’investissement sur fonds propres de la société à hauteur de 6 milliards de dollars américains.

« L’Etat, dans la réalisation de ce projet, bénéficiera des avantages spécifiques à chaque étape de sa réalisation, notamment en termes d’emplois, d’achats locaux et de revenus », souligne le ministre des mines.

Concernant le chronogramme du projet, le Consortium SMB-Winning a adopté un chronogramme ambitieux et précis qui prévoit le démarrage immédiat des études et travaux de recherche afin de pouvoir soumettre à l’approbation de l’Etat, une étude de faisabilité dans un délai de 30 mois, selon Abdoulaye Magassouba. Les travaux de construction de la mine commenceront 6 mois plus tard et la première production commerciale sera atteinte dans un délai de 74 mois à compter de la date d’entrée en vigueur.

Le Consortium SMB-Winning s’engage à créer un corridor de croissance agricole le long de la voie ferrée à travers un investissement de 150 millions de dollars américains. Le Consortium SMB-Winning s’engage en outre à mobiliser en partenariat avec des opérateurs de renommée internationale à partir du 1er janvier 2036, un montant minimum d’un (1) milliard de dollars américains pour construire une aciérie avec une capacité annuelle de production de cinq cent mille (500 000) tonnes par an, informe le ministre des Mines. 

Par ailleurs, le Consortium SMB-Winning payera une compensation financière à l'Etat d’un montant total de 100 millions de dollars américains sur la base d’un calendrier prévoyant 50% dès l’adoption de toutes les conventions, 25% une année plus tard, et 25% au terme de la 2e année.

Focus Africaguinee.com

Créé le Lundi 08 juin 2020 à 15:02