Guinée : la gratuité du transport public a-t-elle un impact significatif ?

Plan Economique de riposte contre le Covid-19
Image d'illustration
Image d'illustration

CONAKRY- La gratuité annoncée dans le transport public aura-t-elle un impact significatif dans la vie du citoyen lambda ? A Conakry, les avis sont mitigés. Pour de nombreux citoyens interrogés par Africaguinee.com, la gratuité du transport public et la prise en charge des factures d’eau et d’électricité pendant 3 mois, n’aura d’effet dans leur quotidien. Et pour cause : les services qui sont annoncés gratuits n’existent presque pas. C’est le cas du train Conakry-Express qui est l’arrêt depuis plusieurs semaines alors qu’à Conakry dans la capitale, plusieurs quartiers ne sont pas alimentés par la SEG (société des eaux de Guinée).

Pour soulager le panier de la ménagère, plusieurs citoyens demandent la réduction du prix du litre du carburant à la pompe. Cette réduction drastique pourrait, selon eux,  impacter positivement la vie de toute la popuation de Conakry à Yomou. Pour beaucoup, annoncer la gratuité du transport alors que l'Etat ne dispose pas d'une société de transport digne de foi, n'est qu'un leurre.  Rencontré au quartier Sonfonia dans la commune de Ratoma, ce citoyen a estimé que cette décision du Chef de Gouvernement ne va pas impacter les conditions de vie des citoyens.

 « Je pense que cela n’a pas trop d’impact dans la vie du citoyen.  Si on dit la gratuité du transport public alors qu’on n’a pas une société sérieuse de transport public, ça n’a pas d’effet. On devrait plutôt penser à la diminution du prix du carburant en jouant sur la flexibilité du prix.  Actuellement le prix du baril du pétrole a baissé. La majeure partie de la population utilise les taxis comme moyens de déplacement. Donc cette gratuité n’a pas trop d’effet », a déclaré Ibrahima Sow.    

Même son de cloche chez cet autre père de famille qui regrette un manque criard d’eau dans son quartier à Ratoma depuis 2 ans.

« A Ratoma chez nous, cela fait deux ans nous n’avons pas une seule goutte d’eau dans les robinets. Pour le courant, c’est une bonne idée. Pour le transport au lieu de rendre gratuit Conakry Express ou les bus qu’on ne voit même pas sur la route actuellement, on devrait réduire le prix du litre du carburant à 5 mille francs pour faire bénéficier même les habitants des villages reculés de la Guinée », a sollicité M. Alassane.

Pour sa part, cette couturière a apprécié cette annonce du premier ministre. « Je suis vraiment contente de cette décision, parce que pendant trois mois on ne va pas payer le courant et l’eau.  On remercie Kassory pour cette aide car actuellement nous souffrons avec cette maladie de Coranavirus », s'est réjouie  Fanta Traoré.

Bien qu’à l’arrêt, il faut dire que la mise en circulation le du train  Conakry Express en cette période de grande expansion du Covid-19 ne fait pas l’unanimité. Beaucoup craignent que la circulation de cette locomotive ne soit un facteur de propagation du coronavirus. Mais les autorités sont bien décidées. Le train sera sur les rails dès la semaine prochaine.

 « Dans le courant de la semaine prochaine vous verrez le train sur la voie. Le travail continue et le train ne va plus s’arrêter pour cause d’ordures. Là soyez rassurés », a indiqué Mohamed Fonfi Diakhaby, Directeur Général Adjoint du Chemin de fer.

 « Le train en lui-même fonctionne mais pourquoi il ne roule pas ? Il ne roule pas parce que la voie était envahi par des ordures ménagères. Cela a été évalué à plus de 10 mille tonnes. Nous chemin de fer on a essayé d’enlever les ordures mais au fur à mesure qu’on enlevait les populations remettaient les ordures en place. Nous avons signé un contrat avec Albayrak pour le ramassage des ordures et à date Albayrak a commencé l’enlèvement des ordures. Nous leur avons demandé dans un premier temps de dégager la voie afin que le train puisse rouler le plutôt que possible et parallèlement poursuivre le travail », a expliqué ce responsable de la société des chemins de fer

Un reportage de Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

Créé le Dimanche 12 avril 2020 à 13:24