La réplique de Bouréma Condé: "Quand on veut instaurer le non-Etat au Foutah…"

Guinée

LABE- Après les folles journées de violences qui ont secoué la ville de Labé aujurd'hui militairsée, une délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a eu un tête-à-tête avec la notabilité de Labé ce mercredi 05 févier dans une atmosphère tendue. Les émissaires d’Alpha Condé porteurs d’un message d’excuse et de pardon ont entendu des vérités crues, dans un langage ferme et peu diplomatique. Elhadj Thierno Badru Bah, le Pr Ibrahima Caba Bah et compagnie n’ont pas passé par le dos de la cuillère pour exprimer à leurs hôtes  leur frustration mais aussi leur préoccupation face à la répression sanglante qui s’est abattue dans la cité Karamoko Alpha et environs pendant les manifestations.

Porteur de la parole de la délégation ministérielle, le Général Bouréma Condé s’est confondu en « excuses » tout en donnant sa lecture des évènements. Tantôt fataliste, tantôt donneur de leçon, le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation a promis que les crimes commis dans la région ne resteront pas impunis. Présentant les excuses et le pardon du Chef de l’Etat, l’émissaire d’Alpha Condé a déclaré que c’est « Dieu qui donne le pouvoir  et le retire à qui il veut ». Voici un extrait de son intervention.    

« Ceux dont nous parlons aujourd’hui, qu’ils soient de Labé ou qu’ils soient venus d’ailleurs pour brûler le palais de Justice, s’attaquer aux institutions de l’Etat et à ses structures, même ces jeunes devraient se poser des questions : Ceci est-il dans l’intérêt de ma ville, de ma région ? Parce que quand vous brûlez le palais de justice de Labé, vous mettez Labé un pas en arrière parce qu’il faut le reconstruire. Nous venons de Mamou, de Dalaba, de Pita, c’est difficile de comprendre que des maisons que l’Etat vient de construire à grands frais, tout est mis à terre.

 Autrement dit, nous ne voulons plus de gendarmes, nous ne voulons plus de commissaires, nous ne voulons de juges, laissez-nous vivre comme nous voulons. Et on est dans un Etat qui est pour le moment incarné par la volonté de Dieu par un chef d’Etat, le Pr Alpha Condé. Celui-là, c’est Dieu seul qui sait quand est-ce il retire son Pouvoir. Parce que c’est Dieu qui donne le Pouvoir et c’est lui qui le retire. Si pendant que l’Etat existe, on veut instaurer le non Etat, comprenez que cela est difficile à être conçu par l’Etat.

Quand vous brûlez la gendarmerie, vous brûlez la police, vous brûlez le palais de justice, de la même manière, vous devez chasser l’enseignant, vous devez chassez le médecin ou l’infirmier, vous devez chasser les chefs de poste de gendarmerie…comment allons-nous vivre quand nous réalisons cela ? (…) Quand on tue l’ambulancier de l’hôpital central de Labé, quand on frappe des citoyens au domicile du khalife de Labé…lorsque la jeunesse n’est pas maitrisée, elle est capable de tous les dangers au monde. 

Nous sommes dans le foutah où tout se fait ou se dit grâce à Dieu. Alors quand un poussin est pris par un épervier dans n’importe quelle partie de la Guinée,  c’est dans les mains du Pr. Alpha Condé. Pour tout ce qui a été fait à Labé, que ce soit du tort fait à l’Etat, du tort fait aux populations, du tort fait à nos khalifes, le président nous a dits de vous présenter ses excuses, de vous présenter son pardon parce que c’est lui que Dieu a porté à la tête de la Guinée aujourd’hui. 

Des manifestations aussi graves que celles que nous avons connues à Labé  ne vont pas rester en état. Il faudrait bien que, non seulement de la part des agents de l’Etat ceux qui ont commis des fautes que l’enquête puisse les trouver, que du côté des manifestants, ceux qui ont causé ce genre de graves crises que des enquêtes soient menées. Je vous prie de croire que c’est déjà engagé. Chacun répondra de ce qu’il aura commis ». 

A suivre…

 

Africaguinee.com

Créé le Vendredi 07 Février 2020 à 2:37

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